«Il y a aussi des personnes qui se disent designer d'intérieur sans l'être véritablement. Mais on ne peut pas les poursuivre, car, ici, le titre de designer d'intérieur n'est pas réservé», fait remarquer André Lapointe, président de l'Association professionnelle des designers d'intérieur du Québec (APDIQ).

Mis à jour le 20 févr. 2012
Lucie Lavigne
Lucie Lavigne LA PRESSE

«Il y a aussi des personnes qui se disent designer d'intérieur sans l'être véritablement. Mais on ne peut pas les poursuivre, car, ici, le titre de designer d'intérieur n'est pas réservé», fait remarquer André Lapointe, président de l'Association professionnelle des designers d'intérieur du Québec (APDIQ).

La reconnaissance des designers et la valorisation de la profession constituent d'ailleurs l'objectif de ce regroupement.

«D'abord, nous voulons obtenir un titre réservé auprès du gouvernement du Québec. Ensuite, nous demanderons une législation sur la pratique», précise le président.

Enfin, un ordre professionnel des designers d'intérieur pourrait être constitué. «Nous pourrions à tout le moins nous intégrer à un ordre existant, comme celui des architectes ou des technologues», enchaîne-t-il.

Le designer d'intérieur de profession peut modifier l'architecture de votre maison.

«Grâce à la loi 132 modifiant celle sur les architectes, les designers d'intérieur ont la possibilité d'intervenir librement dans les maisons. Que ce soit une habitation unifamiliale isolée, jumelée, en rangée ou une maison d'au plus quatre logements, explique André Lapointe. Pour ce secteur et depuis six ans, les administrateurs municipaux ne peuvent exiger des plans signés et scellés par un architecte pour émettre un permis», précise-t-il.

Il est donc approprié de faire appel à un designer d'intérieur pour des travaux importants. Exemples: transformer une pièce, construire une verrière, réaliser un agrandissement ou une rénovation. «À partir des besoins du propriétaire, le designer d'intérieur possède les compétences pour réaménager l'espace en tenant compte des principes d'ergonomie, de fonctionnalité et de bien-être», résume Jean Therrien, professeur adjoint au Programme de design d'intérieur à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal.

Plusieurs professionnels sont impliqués dans des projets d'envergure. Un designer fait, entre autres, appel à un ingénieur en structure pour construire un escalier.

Jean-Daniel Pilon, designer d'intérieur, a transformé le rez-de-chaussée d'un triplex en loft, l'an dernier. Pour réaliser ce projet, il a fait appel à un ingénieur et à un architecte. «J'étais le superviseur du chantier et j'ai, en prime, dessiné des meubles», affirme-t-il.

Trouver un bon designer

On compte environ 2000 designers d'intérieur au Québec. L'APDIQ ne rassemble que 300 membres. Comment fait-on alors pour s'assurer du professionnalisme d'un designer? Il est d'abord souhaitable d'obtenir des références. On peut aussi questionner le designer convoité sur la qualité de sa formation. À l'heure actuelle, des formations en design d'intérieur sont offertes dans plusieurs cégeps et à l'Université de Montréal.

«Normalement, tous les designers d'intérieur devraient posséder une assurance responsabilité professionnelle», ajoute le président de l'APDIQ. Un client peut alors obtenir un dédommagent dans le cas d'une erreur de conception ou d'un choix douteux, comme des carreaux lustrés et glissants dans un vestibule.

Enfin, il n'y a aucune régulation en ce qui a trait aux tarifs. Donc, tous les prix sont permis. À titre d'exemple, Jean-Daniel Pilon demande 150$ de l'heure et son tarif pour une première rencontre ainsi qu'une ouverture de dossier (d'une durée oscillant entre une heure et quatre heures) est de 420$.

D'autres designers peuvent afficher des tarifs (beaucoup) moins élevés. Le seul moyen de partir à la recherche d'un designer est de consulter l'annuaire des Pages Jaunes, l'Internet, et ses bonnes copines...