C'est au tour de l'ébéniste Jean-François Dugal de faire succomber les mordus de meubles uniques grâce à ses berceuses en bois exotique. Avec des lignes douces et arrondies, elles affichent une forme nette sans faire rétro. «Ce ne sont pas des chaises berçantes de pépères!» précise-t-il en souriant.

C'est au tour de l'ébéniste Jean-François Dugal de faire succomber les mordus de meubles uniques grâce à ses berceuses en bois exotique. Avec des lignes douces et arrondies, elles affichent une forme nette sans faire rétro. «Ce ne sont pas des chaises berçantes de pépères!» précise-t-il en souriant.

Le projet initial de cet ex-joaillier était d'ailleurs de moderniser un meuble patrimonial typique de l'Amérique du Nord. En 1997, il a présenté son premier modèle de berceuse alliant luxe des matières et sobriété des lignes. Aujourd'hui, quatre modèles sont proposés.

Belles comme des sculptures, les berceuses sont étonnamment confortables. Siège, support lombaire et appuie-tête ont été étudiés. L'homme n'a pas lésiné à explorer les principes d'ergonomie et à les intégrer à son mobilier. À première vue, le bois semble même prendre la forme du corps.

«Rendre un siège confortable sans rembourrage a été un défi», admet Jean-François Dugal. Aucun clou, aucune vis n'entrent dans la fabrication des berceuses dont l'un des pieds courbés porte la signature de l'ébéniste. Chaque berceuse est assemblée de manière traditionnelle (à tenons et à mortaises et en queue d'aronde) et elle exige 100 heures de travail. Total? Il faut compter entre 4000$ et 15 000$ pour s'en procurer une. Les collectionneurs et les mordus d'artisanat contemporain en redemandent! Aujourd'hui, il faut attendre 18 mois pour obtenir une berceuse. Le tiers de la clientèle est américaine et européenne.

«Chaque fois que je tente d'en fabriquer une pour moi, il y a toujours quelqu'un qui me l'achète sur-le-champ», dit l'artisan de 44 ans.

Logé dans son domicile de Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie, l'atelier de l'ébéniste est rempli de bois exotique. Les veines et le grain hors du commun de ces pièces font partie intégrante du design des sièges. Le concepteur fait d'ailleurs ressortir la beauté des assemblages en faisant contraster les essences de bois. «Ces assemblages apparents évoquent les motifs d'un tissu», explique-t-il.

L'érable piqué et le zebrano (veiné de brun sombre) forme un magnifique duo. L'artisan agrémente aussi ses créations de wengé (un bois brun foncé). Le cocobolo (variété de bois de rose aux motifs ressemblant à des flammes), l'érable ondulé et le noyer noir sont également prisés. «Si, par contre, un client demande une essence de bois en danger, comme le koa, je refuse alors catégoriquement de la lui fournir», souligne Jean-François Dugal.