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L'année de l'aubergine

Il existe une vaste gamme d'aubergines et de... (Photo François Roy, La Presse)

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Il existe une vaste gamme d'aubergines et de toutes les couleurs.

Photo François Roy, La Presse

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Larry Hodgson (collaboration spéciale)
Le Soleil

La semaine dernière, nous avons vu que le National Garden Bureau avait fait de l'année 2008 l'année de la rudbeckie, mais cette association a aussi choisi un légume de l'année: l'aubergine.

 L'aubergine (Solanum melongena), qui soit dit en passant est, comme la tomate, un légume-fruit, vient de l'Inde et était déjà largement répandue en Asie depuis au moins 500 av. J.-C., quand on l'a trouvée en Chine. Populaire au Moyen-Orient, elle fut introduite en Afrique par les Arabes et, à partir de là, au XIVe siècle, vers l'Italie. Son nom français dérive de l'arabe al-bâdindjân, lui-même dérivé d'un mot perse.

 Les Européens n'ont pas bien reçu ce nouveau légume au début, car ils voyaient bien sa ressemblance avec d'autres plantes de la famille des solanacées réputées pour leur toxicité, comme la morelle douce-amère. Ainsi est venue l'idée que manger de l'aubergine rendait fou, d'où son nom italien mala insana, ou pomme de la folie. D'ailleurs, Linné l'a baptisé Solanum melongena, qui semble être une dérivation de mala insana. Pendant longtemps, l'aubergine a été cultivée strictement comme plante ornementale pour ses belles fleurs violettes et ses fruits attrayants.

 C'est Louis XIV qui aurait introduit l'aubergine à la table des Européens au XVIe siècle. Avec le temps, le légume a gagné du galon et a commencé à faire partie de recettes plus courantes, comme la moussaka et la ratatouille. Cependant, les Nord-Américains dédaignaient toujours ce légume nouveau. Il fallut attendre l'influence des immigrants italiens et asiatiques au XXe siècle avant que ce légume ne soit vraiment accepté au Québec.

 Différentes couleurs et formes

 Même si on voit surtout, dans notre région, des aubergines pourpres en forme de poire et de taille assez grosse, il en existe une vaste gamme de formes et de couleurs. Le fruit peut être petit comme un oeuf ou gros comme un melon. En plus de la forme poire, il peut être rond, ové ou cylindrique. Et la couleur va du blanc au jaune, orange, rose, mauve, pourpre, vert ou bicolore. Enfin, si les gros fruits sont produits individuellement, les petits sont souvent produits en grappe.

 Remarquez que l'épiderme diffère aussi. Il peut être amer, notamment chez les cultivars asiatiques, ou même dur et immangeable, chez les cultivars européens, dans lequel cas on ne consomme que la chair. De plus en plus d'aubergines modernes, cependant, ont une pelure mince et douce qui peut être consommée.

 À la limite du possible

 Le succès de la culture de l'aubergine est limité au Québec. C'est un légume, comme la tomate et le piment, qui aime la chaleur, et nos étés sont parfois un peu frais. L'an dernier, mes aubergines ont poireauté tout l'été avant de subitement mûrir en vitesse accélérée en septembre et octobre. Mais on ne peut pas toujours compter sur un automne chaud. Il faut donc disposer d'un emplacement ensoleillé et protégé du vent. La région de Québec est d'ailleurs à la limite de la zone où sa culture est possible. Le moindrement plus au nord, et il faut la cultiver sous plastique.

 On sème l'aubergine à l'intérieur six à huit semaines avant la date du dernier gel. Il vaut mieux semer dans des godets de tourbe, car les semis réagissent mal au choc de la transplantation. Ne les repiquez pas en pleine terre tant que le sol et l'air ne se soient réchauffés, soit rarement avant la mi-juin. Selon que vous choisissez une aubergine hâtive ou tardive, la récolte commencera entre 50 et 90 jours plus tard.

 




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