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Curiosités végétales

La branche inusitée produite par le porte-greffe à... (Photo : Rémie Lemée, La Presse)

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La branche inusitée produite par le porte-greffe à la base de mon mélèze «Diana» pousse à vue d'oeil.

Photo : Rémie Lemée, La Presse

Pierre Gingras
L'hibiscus de Michel Fortier a commencé à produire... (Photo fournie par Michel Fortier) - image 1.0

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L'hibiscus de Michel Fortier a commencé à produire des fleurs roses foncé, vraisemblablement à la suite d'une mutation.

Photo fournie par Michel Fortier

Un hibiscus qui change soudainement de couleur, deux épinettes de formes différentes qui émergent du même tronc, un amélanchier qui produit un sorbier, décidément le monde des plantes étonnera toujours.

Par exemple, Guy Buisson, de Lavaltrie, se demande pourquoi un de ses conifères arbustifs donne deux sortes d’épinettes. Curieux hasard, depuis deux ou trois ans, un de mes mélèzes produit justement une longue branche au feuillage complètement différent des autres. Et j’ai même évité de couper l’excroissance inusitée pour expliquer ce qui se passait aux amis de passage au jardin.

C’est que le phénomène surprend toujours même s’il est assez répandu. Cette curiosité est habituellement attribuable au fait que l’arbre de M. Buisson, comme c’est le cas de mon mélèze, est une plante greffée. Par exemple, les rosiers hybrides de thé sont greffés sur un porte-greffe, habituellement un rosier cultivé à cette fin, qui leur donne une plus grande rusticité. Il arrive assez souvent d’ailleurs que l’hybride de thé meurt à la suite d’un hiver difficile, mais que la base du plant produise à nouveau des tiges aux fleurs très différentes, habituellement beaucoup moins spectaculaires. Il ne s’agit pas d’un miracle mais plutôt de roses produites par le porte-greffe qui, lui, a survécu au temps froid.

La situation est similaire pour une foule de variété d’arbres décoratifs sans oublier évidemment les arbres fruitiers. Selon les photos de M. Buisson, le curieux végétal est une épinette naine de l’Alberta, Picea glauca « Conica », un arbuste de deux à trois mètres, au feuillage délicat, une plante très populaire même si elle a tendance à jaunir au cours de l’hiver quand elle est exposée au vent. Or « Conica » est souvent greffé sur une épinette blanche qui produira parfois un drageon. S’il n’est pas coupé, ce drageon émergera du feuillage donnant l’impression que deux arbres proviennent du même tronc. Plus encore, la tige formée par le porte-greffe sera beaucoup plus vigoureuse que le greffon et le dominera rapidement.

Dans mon jardin, le mélèze « Diana », un mutant d’origine européenne aux branches tordues et feuilles irrégulières (les aiguilles d’un conifère sont en réalités des feuilles), a produit à la base une branche de mélèze laricin, d’aspect complètement différent et couverte de petites cocottes. Cet arbre acheté au Jardin de Jean-Pierre, à Saint-Christine, près d’Acton Vale, a été greffé sur un tronc de mélèze laricin car « Diana » ne résisterait pas à notre climat. Le hic, c’est que la nouvelle branche pousse à une vitesse phénoménale et atteint actuellement plus de 3 m (les autres atteignent rarement 2 m). Si elle n’est pas éliminée un jour, sa longueur pourrait dépasser la hauteur de l’arbre.

Phénomène répandu, vous disais-je. De nombreux caraganas pleureurs produisent souvent, un jour ou l’autre, des branches dressées à la base du tronc. Elles émergent du porte-greffe formant un caragana …dressé. Il faut donc les couper dès que possible. Même situation dans le cas des arbres fruitiers, notamment les poiriers.

Je me souviens par ailleurs d’un amélanchier greffé sur tige qui avait perdu la tête au cours d’une bourrasque de vent. Surprise ! La base de l’arbre s’était mise à produire… un sorbier. Un pépiniériste m’a alors expliqué gentiment que ce type d’amélanchier était greffé sur un… sorbier.

Situation plutôt inusitée aussi chez Michel Fortier, de Montréal, dont l’hibiscus d’intérieur a donné une nouvelle branche produisant des fleurs aux coloris distincts des autres fleurs de l’arbuste. Normalement, la floraison de son hibiscus est de couleur orangée alors que la branche mystérieuse donne des fleurs rose foncé. Le plant est âgé de 28 ans.

Spécialiste des hibiscus, l’horticulteur François Paré explique qu’il s’agit probablement d’une mutation, ce qui est relativement fréquent chez cette espèce (Hibiscus sinensis). Deux de ses plants ont d’ailleurs le même comportement, dit-il. « Le changement de couleur est parfois temporaire mais souvent, il persiste et reste stable. Habituellement, les nouvelles couleurs sont plus pâles, peu intéressantes, comme cela se produit dans la plupart des cas de mutation. » Toutefois, si le nouveau coloris est intéressant, il suffit de faire des boutures avec la branche mutante pour obtenir des plants possédant les mêmes caractéristiques. Une foule de nouvelles variétés sont d’ailleurs issues de mutation. C’est le cas notamment de l’épinette naine de l’Alberta.

 




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