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Pomélo ou pamplemousse?

Au Québec, le pomélo pousse relativement bien en...

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Au Québec, le pomélo pousse relativement bien en pot.

Pierre Gingras

Il est souvent difficile de s'y retrouver parmi la grande famille des citrus, et les confusions sont nombreuses. Mais l'erreur la plus fréquente est de confondre pomélo et pamplemousse.

À vrai dire, la méprise est tellement ancrée dans nos esprits qu'on imagine mal un retour aux termes adéquats, du moins dans le langage de tous les jours. Le pomélo ou pummelo, en anglais, est originaire du Sud-Est asiatique et de la Malaisie. Il doit son nom à un terme néerlandais signifiant gros citron, un mot qui est devenur pampelmus en allemand et pamplemousse en français.

D'une hauteur de 5 à 15 m, le pamplemoussier est cultivé dans le sud de la Chine depuis plus de 1000 ans. Citrus maxima (ou Citrus grandis), de son appellation scientifique, produit les plus gros fruits parmi les citrus. Ils ont souvent une forme de poire, peuvent atteindre jusqu'à 30 cm de diamètre et afficher un poids de plusieurs kilos, selon les quelques dizaines de variétés cultivées. La peau est habituellement verdâtre ou jaunâtre, parfois rosée, elle est très épaisse et se pèle facilement. La chair de coleur verte, jaunâtre, rose ou rouge, est sucrée, très juteuse et se divise en une douzaine de segments comptant plus ou moins de noyaux.

Le pamplemoussier est surtout cultivé en Asie et dans une moindre mesure en Israël et en Californie. En Amérique du Nord, son fruit est surtout consommé par la communauté asiatique notamment sous forme confite. Les variétés naines sont souvent utilisées comme plantes d'intérieur, comme c'est le cas du spéciment photographié ci-contre.

On peut parfois en trouver dans les grandes surfaces ou encore chez les pépiniéristes ou les jardineries, notamment à la Ferme Pointe-du-Moulin, de l'île Perrot (www.windmillpointfarm.ca). Et si vous n'avez jamais goûté au pomélo, empressez-vous de le faire, ce fruit étant excellent. Le pamplemoussier a été importé dans les Antilles du XVIIe siècle par les explorateurs européens et en 1696, on le cultivait déjà dans les Barbades.

Voilà d'ailleurs où commence l'histoire de notre «faux» pamplemousse, celui que nous consommons aujourd'hui sur une grande échelle. Si on a cru à l'origine que le «faux» pamplemousse ou «grapefruit» en anglais était une mutation spontanée du vrai pamplemoussier, il est reconnu aujourd'hui qu'il s'agit plutôt d'un croisement naturel entre le pamplemoussier et l'orange.

À la fin des années 1700, le rejeton des deux espèces était répandu un peu partout en Jamaïque et portait le nom de «fruit défendu». D'ailleurs l'ouvrage Flora of Jamaica, paru en 1837, faisait la distinction entre le pomélo et le grapefruit, plus petit, plus rond, d'où l'appellation scientifique Citrus x paradisi, le x signifiant qu'il s'agit d'un hybride. Il a fallu quelques années d'ailleurs avant que le nouveau fruit ne soit reconnu pour sou goût et ses qualitées.

La première plantation commerciale, en Floride, date des années 1875. La langue française a toujours confondu le fruit du pamplemoussier avec celui de sa progéniture. En anglais, le terme grapefruit est utilisé parce que plusieurs fruits sont réunis sur le branches, ce qui donne une vague allure de raisins géants (grape, dans la langue de Shakespeare).

Dans la monographie sur Citrus maxima et Citrus x paradisi publiée dans l'ouvrage Fruits of the Warms Climates, l'auteures Julia F. Morton, raconte que les horticulteurs américains considéraient que le terme était si inadéquat qu'ils avaient favorisé l'adoption du terme pomélo, les deux fruits étant très près l'un de l'autre d'un point vue génétique. Mais leurs voix ne furent pas entendues. En 1962, un regroupement de producteurs de Floride proposait aussi un changement de nom afin de promouvoir un terme plus «vendeur». Mais les protestations du public mirent rapidement fin à l'initiative. Aujourd'hui, on compte des dizaines de cultivars de pamplemousses, dont certains de formes plus ou moins naines sont produits comme plantes d'intérieur.

En 2004, le plus grand producteur au monde était les États-Unis (la Floride est responsable de 80% de la production), suivis de la Chine, qui se spécialise dans le pomélo, de l'Afrique du Sud, du Mexique et d'Israël.




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