Faute de cour, l'architecte montréalais Guillaume Lévesque profite pleinement du toit plat de son appartement grâce à une mezzanine ouverte sur deux terrasses. Un petit coin de paradis urbain où il fait bon savourer l'été. Secrets et bienfaits d'un aménagement inspirant.

Publié le 1er août 2014
Lucie Lavigne LA PRESSE

En 2007, Pierre Brassard, ingénieur en structure et propriétaire avec sa conjointe d'un duplex à Montréal, fait appel à Guillaume Lévesque pour la conception d'un agrandissement. Son intention? Ajouter un troisième étage, comportant deux appartements, avec, en prime, deux mezzanines sur le toit-terrasse de son édifice.

Guillaume Lévesque propose des esquisses, réalise des plans... Jusqu'au jour où les travaux commencent. Nous voilà à l'automne 2011. Dans la foulée, l'architecte décide d'acquérir l'un des deux logements en construction. «Une belle occasion d'acheter un premier appartement que j'avais non seulement dessiné, mais que je pouvais aussi aisément aménager selon mes besoins», confie le concepteur de 35 ans.

Trait distinctif de l'agrandissement: «Nous sommes allés jusqu'à la limite permise pour gagner de l'espace», admet-il. C'est-à-dire? «La superficie de plancher de la mezzanine n'excède pas 40% de celle du logement d'en dessous.» Au-delà de ce seuil, une mezzanine est considérée comme un étage, lit-on dans le règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.

Ainsi, avec la création d'une mezzanine sur le toit, la superficie de l'appartement de Guillaume Lévesque totalise 768 pi2. Ce dernier a également à sa disposition 325 pi2 supplémentaires grâce à ses deux terrasses.

«Je n'ai pas de cour, mais je tire profit de mon accès au toit plat», souligne le copropriétaire, qui nous présente les bienfaits (et les clés) d'une mezzanine habilement réalisée.

DE L'ESPACE SUPPLÉMENTAIRE

Guillaume Lévesque a optimisé chaque pied carré de sa mezzanine (qui en compte 208) en y logeant deux pièces ouvertes: un coin détente, esprit «lounge», généreusement fenêtré. «Cet espace aurait aisément pu être transformé en bureau ou en chambre d'invités», ajoute-t-il.

La mezzanine comprend aussi une spacieuse salle de bains, rehaussée d'une mosaïque de marbre avec plancher radiant et douche vitrée, laquelle est surmontée d'un puits de lumière. Sans oublier la baignoire. Bientôt dotée de panneaux coulissants translucides, elle donne sur la terrasse, orientée à l'est. Une optimisation bien pensée qui donne l'impression de vivre dehors, même en hiver.

«Sans cette mezzanine, ma salle de bains aurait été exiguë et dépourvue de fenêtre», fait remarquer l'architecte.

Autre atout: la mezzanine est bordée, de part et d'autre, d'une terrasse. Deux espaces extérieurs invitants. La plus petite, côté ruelle, est exposée au nord-est et possède une surface de 115 pi2. «Ensoleillée le matin, c'est l'endroit où j'aime prendre mon thé. Sinon, le soir, je m'allonge dans mon hamac pour mieux admirer le ciel.»

L'autre, côté rue, est orientée au sud-ouest et fait 210 pi2. Elle accueille un salon extérieur, meublé d'un canapé et d'un fauteuil en rotin synthétique. Détail: les parapets opaques, d'une hauteur de 3 pi 6 po, préservent l'intimité des occupants.

DE LA LUMIÈRE JUSQUE DANS LA CUISINE

Malgré son étroitesse, l'appartement procure une agréable sensation d'espace, car il est baigné de lumière naturelle. D'abord, un caillebotis d'aluminium, intégré dans le plancher de la mezzanine, est surmonté d'un puits de lumière. Cet aménagement, situé principalement au-dessus de la cuisine, permet d'illuminer le centre de l'appartement. Autre apport de lumière appréciable: la baie vitrée de la mezzanine, du côté de la terrasse à l'est, éclaire l'escalier, au-dessus duquel se trouve un puits de lumière. Astucieux.

DE LA VENTILATION NATURELLE L'ÉTÉ

Chaque ouverture a été minutieusement positionnée lors de la conception. D'où l'obtention d'une ventilation transversale optimale. En clair, les vents dominants, pendant la belle saison, traversent librement la mezzanine grâce à deux portes, disposées dans le même axe. Autre solution futée: chaque façade vitrée comporte une fenêtre à auvent. Celle-ci évite que la pluie n'entre à l'intérieur de la mezzanine et, surtout, laisse à la fois pénétrer l'air frais et sortir l'air chaud. Résultat: une circulation d'air idéale pour rafraîchir l'appartement.

«L'air frais descend sous la douche de la mezzanine, ce qui pousse l'air chaud à s'échapper par l'autre fenêtre à auvent», explique Guillaume Lévesque.

BEAUCOUP D'INVITÉS À UNE SOIRÉE

«Sans terrasses ni mezzanine, je ne pourrais rassembler un grand nombre d'invités à la maison», affirme l'architecte. Il a pu accueillir une quinzaine de personnes lors d'une soirée familiale, l'été dernier. «Et personne ne s'est senti à l'étroit», assure-t-il.

DU SOLEIL, MAIS PAS DE SURCHAUFFE

Pas question d'installer un parasol sur un toit-terrasse. «Il suffit d'un coup de vent pour qu'il se renverse ou même qu'il soit projeté au-delà du toit», met en garde l'architecte, qui a préféré tendre deux toiles au-dessus de la plus grande de ses terrasses. Recyclées et provenant de panneaux publicitaires, celles-ci sont offertes par l'entreprise Auvent écodesign. Un système de cordages et de poulies permet de les déployer, à volonté, sur un cadre rigide d'aluminium boulonné à la structure de la terrasse. «Contrairement à un auvent rétractable conventionnel, les toiles me permettent de contrôler le rayonnement solaire au gré de la journée, et même de couvrir la terrasse en entier. Un moyen efficace d'éviter la surchauffe, au plus fort de l'été», détaille le concepteur, grand amateur de kitesurfing. Pas étonnant: ce dernier apprécie la finesse de cet assemblage, largement inspiré de la voile...