La tomate reste encore aujourd’hui la plante la plus populaire au potager. Si les tomates-cerises occupent le haut du pavé, en raison notamment de leur longue période de productivité, quelques variétés aux fruits plus volumineux se démarquent toujours et occupent une place de choix au jardin. Petit tour d’horizon des variétés de tomates les plus aimées au Québec.

Publié le 1er mars
Pierre Gingras
Pierre Gingras Collaboration spéciale

« Big Beef » à l’honneur

Depuis son Pérou natal, la tomate a migré dans le monde entier, si bien qu’aujourd’hui, 500 ans plus tard, d’innombrables variétés nous proviennent d’un peu partout. Comme les semis voyagent facilement par la poste sans restriction phytosanitaire, des centaines d’hybrides sont offerts sur le marché québécois. Sans oublier évidemment les plants offerts en jardinerie.

Au Québec, selon le semencier W. H. Perron, de Laval, les producteurs de plants comme les Serres Dauphinais, à Saint-Hubert, ou encore Jonnny’s Selected Seed, du Maine, qui compte une grande clientèle au Canada, la « Big Beef » serait de loin la plus populaire chez les variétés à gros fruits. Son poids est de 300 à 400 g et sa taille, de 10 à 15 cm de diamètre. Par ailleurs, « Celebrity », « Fantastic » ou encore « Beefsteak » se retrouvent souvent aussi au potager. Parmi les variétés marbrées ou brunâtres, la savoureuse « Cherokee Purple » serait la plus demandée. La patrimoniale « Brandy Wine », réputée comme l’une des plus savoureuses qui soient, serait en perte de vitesse. Elle est malheureusement peu productive, tardive et sujette aux maladies.

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Tomates « Big Beef »

Des grappes de toutes les couleurs

Sur leur tuteur, les tomates-cerises atteignent facilement de 1,5 à 2 m de hauteur, produisent souvent des centaines de fruits, de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de tous les goûts selon les variétés, de la mi-juillet jusqu’au gel. Elles poussent aussi en bac et plaisent aux enfants. On comprend pourquoi elles sont devenues si populaires. Seul hic, elles ont parfois tendance à fendre à la suite d’un excès d’eau. C’est le cas notamment de « Sun Gold », une des plus populaires en raison de son goût exquis. Au chapitre de la saveur, se distinguent aussi l’éternelle « Sweet100 », la « Candyland » ou le délicieux hybride rose « Sweet Treats ».

Par contre, une des préférées des clients du producteur François Martel est la « Mille Fleurs », toute de jaune vêtue, prolifique, mais très peu connue. Installé au marché public de La Prairie, chez Johanne et Esthel, l’horticulteur vend pas moins de 230 variétés de tomates en plants à des amateurs en quête d’originalité, probablement un record. Imaginez, il a vendu 20 000 plants en trois semaines l’an dernier.

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Nombreuses variétés de tomates-cerises : « Sweet Mojo » (en haut, à gauche), « Sweet Gold » (en haut, à droite), « Sun Gold » (au centre, à gauche), « Moon Cherry » (au centre), « Sun Green » (en bas, à gauche), « Sweet Treats » (en bas, au centre) et « Jasper » (en bas, à droite).

Une évolution constante

Ne soyez pas étonné. Le nom de certaines variétés de tomates change parfois au fil des années. Par exemple, « Fantastic » a engendré « Mega Fantastic », puisqu’il existe de nombreuses lignées de « Brandy Wine ». C’est que les hybrideurs travaillent toujours à améliorer les qualités génétiques déjà acquises. Souvenez-vous toutefois que deux critères importants distinguent les variétés : les « déterminées » donnent des fruits au cours d’une période limitée, alors que les « indéterminées » exigent un tuteur, produisent habituellement très longtemps et sont souvent prolifiques. C’est le cas des tomates-cerises. Un dernier conseil : prévoyez vos semis intérieurs vers la première ou deuxième semaine d’avril. Pas avant.

Cinq ans de travail pour créer « Valentine »

Peter Zuck est un des responsables de la gestion des plantes potagères chez Johnny’s Selected Seeds, important semencier américain établi dans le Maine. La firme, qui compte 300 employés, est réputée pour son catalogue au choix considérable. Johnny’s est aussi un hybrideur reconnu, et beaucoup de ses créations ont été primées. C’est le cas notamment de « Valentine » et de « Jasper », deux tomates-cerises qui ont reçu les plus grands honneurs au panthéon de l’hybridation. Créer une nouvelle variété de tomate est toujours le résultat d’un travail de longue haleine, explique-t-il. « Aujourd’hui, les avancées de la génétique et de la technologie permettent d’obtenir un nouvel hybride commercialisable en cinq ou six ans. Encore récemment, il en fallait dix. Cela implique de nombreux croisements, de longs tests sur le terrain, parfois même dans les pays du Sud où on peut obtenir trois générations en une seule année. » Le cas de « Valentine » est particulier. En incluant les recherches menées à l’Université Penn State, il a fallu 20 ans de travail continu, notamment pour augmenter sa teneur en antioxydants, sa résistance aux maladies, sa productivité ou encore son goût.

PHOTO FOURNIE PAR ALL-AMERICA SELECTIONS

Résultat de nombreuses années de recherche, la tomate « Valentine » a été primée en 2018 pour sa beauté, sa saveur sucrée, sa résistance au fendillement et sa production hâtive, ont souligné les juges de l’All-America Selections.

Consultez la liste des tomates primées de l’All-America Selections (en anglais)
Consultez le site de W.H. Perron
Consultez le site de Johnny’s Selected Seeds (en anglais)
Consultez le site des serres Dauphinais
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