Les avantages et vertus du jardinage sont connus depuis longtemps, mais plus que jamais, mettre ses mains à la terre et en récolter ses fruits, légumes et autres petits trésors fait du bien.

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Présentez à vos invités virtuels un accompagnement de feuilles de callaloo fraîchement cueillies au jardin, puis revenues dans l’ail avec quelques flocons de piment. « Calla… quoi ? », demanderont-ils avec étonnement. Et c’est là que vous les inviterez à découvrir les variétés exotiques de votre potager insolite.

« Le callaloo est un légume-feuille de la famille de l’amarante, dont les couleurs vont du vert au pourpre éclatant », pourrez-vous poursuivre auprès de votre visite en déambulant dans les allées de votre potager, écran à la main. « Les cuisines asiatiques, sud-américaines et africaines lui font honneur. Il a même donné son nom à un plat antillais », enchaînerez-vous avec assurance et enthousiasme.

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Le callaloo

Au préalable, vous aurez bien sûr révisé toutes ces informations et celles concernant le mode de culture, la récolte et les façons de cuisiner ledit feuillu, dans le livre Le potager insolite, de Matthew Biggs, sorti en librairie ce printemps dans sa version québécoise.

L’ouvrage présente 50 fruits et légumes à cultiver pour sortir des sentiers battus au jardin. Ces variétés de plantes aux noms exotiques — le yacon, le cuca-melon, le taro, le shiso… — poussent non seulement sous notre climat, mais aussi en pot. On les trouve dans certains centres de jardinage et chez certains semenciers du Québec.

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Le potager insolite, de Matthew Biggs. Éditions MultiMondes, 225 pages

Quatre variétés à découvrir

Le kiwaï


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Le kiwaï

De la taille d’un gros raisin, ce fruit est la version miniature et non duveteuse du kiwi. Il pousse sur une grimpante rustique, l’Actinidia arguta, communément appelée kiwi rustique ou kiwaï, et nous vient des régions du nord de l’Asie de l’Est.

Caractéristiques : On le plante au printemps après les derniers gels. Il fructifie au bout de trois à quatre ans et atteint une hauteur d’environ 9 m. Un plant mâle et un plant femelle sont nécessaires pour sa fécondation. Sous nos tropiques, on abrite le kiwaï sous un voile d’hivernage en attendant les temps chauds. Ses baies se récoltent de l’été à l’automne.

En cuisine : On le déguste frais avec sa pelure. On peut aussi l’apprêter en salsa, l’utiliser en garniture de tarte et dans une variété de desserts.

L’oca du Pérou

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L’oca du Pérou

Ni pomme de terre ni topinambour, l’Oxalis tuberosa est une racine de la grosseur des petites pommes de terre nouvelles. Son goût, plus prononcé que pour ces dernières, rappelle celui d’une pomme acide. Il peut être atténué en laissant les tubercules quelque temps au soleil.

Caractéristiques : On le plante sous un abri au début du printemps ou au jardin après les derniers gels. Il résiste au mildiou, mais il est en revanche un peu frileux et donnera des fruits plus tardifs si l’été est frais. Il en existe plusieurs cultivars dont les couleurs vont du rose au violet, et du blanc au jaune. La hauteur des tiges atteint 50 cm pour 30 cm de largeur.

En cuisine : On le déguste comme la pomme de terre, soit à la vapeur, sauté, bouilli ou passé au four. Il relève les salades, que ce soit cuit ou en très fines tranches crues. Il s’intègre aussi aux ragoûts, pâtés et soupes.

Le citron caviar

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Le citron caviar

Une gousse, de la grosseur d’un doigt, abrite quantité de petites perles au goût de lime et de pamplemousse, qui éclatent sous la dent. Originaire de l’Australie, le Citrus australasica donne en abondance et se plaît autant en pot, à l’intérieur, qu’au jardin.

Caractéristiques : Il est préférable de le cultiver en pot dans les régions plus fraîches, car il peut alors être rentré à l’intérieur si la température descend sous les 7 °C. Il aime l’humidité, mais craint les arrosages trop abondants. Un emplacement chaud, abrité et ensoleillé fait son bonheur. Il atteint environ 1,5 m de hauteur.

En cuisine : Son goût acidulé convient aux fruits de mer et aux poissons, mais il fait son effet dans les salades, les cocktails ou un yogourt. Ses perles peuvent être séchées, puis congelées.

L’achocha

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L’achocha

Ses fruits ont un goût de concombre dans leur jeunesse, puis de poivron à maturité. Si l’exposition de votre jardin ne permet pas de cultiver des poivrons, sachez que le Cyclanthera pedata se plaît aussi à la mi-ombre et craint même les coups de soleil.

Caractéristiques : Cette grimpante peut atteindre 3 m de hauteur. Elle pourra prendre de l’expansion sur un treillis, un palissage ou un filet. Elle requiert des arrosages copieux. La récolte de ses fruits se fait en continu du début de l’été jusqu’aux premiers jours d’automne.

En cuisine : Sur le plan culinaire, l’achocha a plus d’un attrait. On peut consommer non seulement ses fruits, mais aussi ses feuilles et ses pousses. Là où le concombre a sa place en cuisine, le fruit vert de l’achocha, également. On le mange en hors-d’œuvre, dans les trempettes et en salades. Lorsqu’il est mûr, on le cuit, on le farcit, on en fait une confiture.