Canicules et périodes de sécheresse ont affecté bien des pelouses cet été. Des conditions favorables à la diabolique punaise velue qui a causé des dommages considérables. Heureusement, l’automne est le meilleur moment pour réparer les dégâts ou revigorer le gazon. Explications.

Pierre Gingras Pierre Gingras
Collaboration spéciale

Un été très propice à la punaise

La punaise velue prolifère en période de chaleur et de sécheresse. Minuscule, mais très grégaire, l’insecte transperce la tige de plusieurs graminées qui forment le gazon pour s’abreuver de leur sève. C’est le début de l’agonie. Et si, par surcroît, la pelouse est coupée trop à ras le sol, comme c’est souvent le cas, affaiblissant davantage le tapis vert, c’est le désastre.

Résultat, en août, de grandes plaques de gazon jaunissent et meurent. Et voilà que les mauvaises herbes indésirables s’invitent en grand nombre pour prendre la place vacante. Des travaux de réhabilitation s’imposent.

Une saison, deux périodes de travaux

L’automne est le moment idéal pour traiter une pelouse. Contrairement au printemps où le sol est encore froid, la température clémente de septembre ou octobre favorise une bonne germination et une meilleure reprise des racines toujours très actives à ce moment de l’année. C’est donc le temps de procéder à un semis.

Au préalable, vous passez la déchaumeuse afin d’enlever le surplus de chaume qui favorise la survie hivernale de la punaise. Il sera aussi salutaire d’aérer le terreau, une opération appelée « carottage ». Suivra un bon terreautage composé en grande partie de compost, de la matière organique essentielle pour un gazon en bonne santé. Pour sa part, en guise de prévention, le Jardin botanique de Montréal conseille un semis à base de trèfle blanc, une plante peu prisée par la punaise.

Selon l’agronome Claude Gélinas, un spécialiste des insectes ravageurs, vous pouvez aussi procéder à un semis tardif, de la fin d’octobre jusqu’aux premiers gels. En raison du temps plus frais, les semences tomberont en dormance pour passer l’hiver et germeront le printemps venu.

Pour revigorer la pelouse, M. Gélinas suggère en outre de fertiliser avec un engrais d’automne aux proportions 3-1-2 (trois parties d’azote, une partie de phosphore et deux parties de potassium) vendu dans tous les centres de jardin.

Consultez le site de Claude Gélinas

Un gazon en santé

Le gazon est composé de nombreuses espèces ou variétés de graminées. Selon le Jardin botanique, la fétuque fine et l’ivraie vivace, deux composantes importantes de la pelouse, offrent une meilleure résistance à la punaise si elles sont traitées avec des endophytes. Présents dans la plante, mais sans lui nuire, ces champignons produisent des substances repoussant les insectes prédateurs ou amènent le végétal à en produire.

Rappelons par ailleurs que seules la première et la dernière coupe de la saison devraient être les plus courtes, soit d’une hauteur de 5 cm. Pour un gazon en santé, on coupe de 7,5 cm de hauteur et on laisse les rognures pour conserver la matière organique. Un gazon exige au moins quatre heures de soleil par jour pour une croissance normale, sans quoi il dégénère rapidement.