Anne-Josée Laquerre et Michel Robillard ont effectué il y a deux ans ce que plusieurs rêvent de faire aujourd’hui. Ils se sont installés pour de bon à la campagne, en bordure d’un lac. Leur chalet est devenu leur résidence principale.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

« Tout concordait, indique Anne-Josée Laquerre. Nos deux grandes filles, Chloé et Amélie, étaient aux études mais n’habitaient plus à la maison. Nous nous retrouvions seuls avec deux résidences dont nous devions nous occuper. Après plus de 30 ans ensemble, nous nous sommes posé des questions sur ce que nous envisagions pour l’avenir. Nous adorons tous les deux la nature. Il n’y avait aucun inconvénient, pour nous, de nous établir dans les Laurentides. Nous avons pris en compte la qualité de vie, nos valeurs et le fait que nos filles ont plein de souvenirs au chalet. Pour elles, il n’était pas question de le vendre. »

En novembre 2018, ils ont fait leurs adieux à leur fermette de 46 arpents à Rigaud. La question du télétravail ne posait pas de problème pour Mme Laquerre. Michel Robillard, entrepreneur en construction, savait de son côté qu’il n’aurait aucune difficulté à travailler.

  • Anne-Josée Laquerre s’adonne plus que jamais au jardinage. Elle a modifié certaines façons de faire depuis qu’elle s’est installée à temps plein dans une zone de rusticité différente. Elle a par exemple apprivoisé la culture en serre.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    Anne-Josée Laquerre s’adonne plus que jamais au jardinage. Elle a modifié certaines façons de faire depuis qu’elle s’est installée à temps plein dans une zone de rusticité différente. Elle a par exemple apprivoisé la culture en serre.

  • Anne-Josée Laquerre et Michel Robillard adorent tous les deux la nature. Leur chalet est devenu leur résidence principale.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    Anne-Josée Laquerre et Michel Robillard adorent tous les deux la nature. Leur chalet est devenu leur résidence principale.

  • Orientés vers le sud-ouest, les panneaux solaires installés sur le terrain sont impressionnants. Le système solaire répond amplement aux besoins de la famille d’avril à septembre.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    Orientés vers le sud-ouest, les panneaux solaires installés sur le terrain sont impressionnants. Le système solaire répond amplement aux besoins de la famille d’avril à septembre.

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Il a d’abord tourné son attention vers le chalet pour l’amener à un autre niveau. « Il l’a entièrement rénové pour en faire notre résidence principale, précise Mme Laquerre. Il a aussi pris en charge toute la question de l’énergie. Où on se trouve, dans la région d’Amherst, on ne peut pas être alimentés par l’hydroélectricité. On avait déjà un système solaire, qui suffisait à nos besoins les fins de semaine. Mais cela n’avait rien à voir avec nos besoins actuels. Il n’y avait pas de laveuse ni de sécheuse. On n’avait pas besoin non plus de recharger nos téléphones cellulaires. »

Ils ont passé en revue leurs habitudes et créé un fichier Excel pour chacune des pièces de la maison. « On s’est demandé, par exemple, si on allait utiliser le même grille-pain ou un four à micro-ondes dans la cuisine, explique-t-elle. Dans le bureau, il fallait tenir compte du chargeur, du routeur pour le WiFi, de l’ordinateur, de l’imprimante. Après avoir additionné tous nos besoins, on s’est demandé ce qu’on peut réduire. On a regardé quels systèmes solaires et batteries pouvaient fournir suffisamment d’énergie pendant trois ou quatre jours, s’il n’y a pas de soleil. »

Orientés vers le sud-ouest, les panneaux solaires installés sur le terrain sont impressionnants. « On ne se prive pas l’été, puisque le système déborde, précise-t-elle. On est plus soucieux l’automne. Mais c’est aussi une question d’attitude. Quand on éteint la télé et l’ordinateur, on les ferme réellement. Ils ne sont pas en état de veille, sinon ils continuent de gruger de l’énergie. »

Le couple a recours à une petite bouilloire à propane pour chauffer les planchers et fournir l’eau chaude dont il a besoin. Il a découvert que son système solaire ne lui permet pas d’être autonome à longueur d’année, car il n’y a pas assez de soleil d’octobre à mars. Il doit alors se résoudre à utiliser sa génératrice à propane davantage qu’escompté, en sachant fort bien que cela émet des gaz à effet de serre.

« L’hydroélectricité est notre atout le plus précieux, mais elle ne se rend pas jusqu’ici », souligne Mme Laquerre.

Période de transition

Son conjoint et elle se trouvent dans une période de transition, fait-elle remarquer. « On n’est pas parfaits et il y a plein de solutions imparfaites. Le monde autour de nous est aussi dans une trajectoire de transition. Beaucoup de choses se transforment, autant les comportements, les entreprises que l’économie. Personne n’a une boule de cristal pour dire ce que ce sera en 2030 ou en 2050. On sait par contre que ce sera différent. »

Elle met l’épaule à la roue pour s’en assurer. À la fin de 2016, elle a voulu pousser plus loin sa vision du développement durable en cofondant l’organisme Québec Net Positif. Le but ? Mobiliser les entreprises pour qu’elles tirent profit de l’hydroélectricité, un atout majeur dans une économie sobre en carbone, pour en faire un moteur de développement économique, de création d’emplois et de partage de la richesse.

Elle a changé d’emploi, devenant consultante en développement durable auprès d’entreprises effectuant un virage écoresponsable. Son nouveau patron est évidemment ouvert au télétravail. Et de plus en plus de clients aussi. De ce côté, la pandémie a été bénéfique, facilitant le recours aux téléconférences, constate-t-elle.

  • Cet été, sans appareil de climatisation, Anne-Josée Laquerre n’a pas souffert des canicules successives. La brise du lac et l’ombre procurée par la forêt environnante ont rendu la chaleur agréable. Voici l’endroit où elle va manger le midi.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    Cet été, sans appareil de climatisation, Anne-Josée Laquerre n’a pas souffert des canicules successives. La brise du lac et l’ombre procurée par la forêt environnante ont rendu la chaleur agréable. Voici l’endroit où elle va manger le midi.

  • Anne-Josée Laquerre a acheté la serre d’un voisin, l’été dernier. Elle a fait ses semis au printemps, dans la maison, et constate avec satisfaction que tout pousse. À l’extérieur de la serre, des courges, des concombres, des courgettes et un peu de céleri croissent allègrement.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    Anne-Josée Laquerre a acheté la serre d’un voisin, l’été dernier. Elle a fait ses semis au printemps, dans la maison, et constate avec satisfaction que tout pousse. À l’extérieur de la serre, des courges, des concombres, des courgettes et un peu de céleri croissent allègrement.

  • La serre regorge de fines herbes et de légumes. La sauge, le persil et le basilic côtoient les plants de tomates, de pois mange-tout, de céleris et d’oignons.

    PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

    La serre regorge de fines herbes et de légumes. La sauge, le persil et le basilic côtoient les plants de tomates, de pois mange-tout, de céleris et d’oignons.

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Cet été, sans appareil de climatisation, elle n’a pas souffert des canicules successives. La brise du lac et l’ombre procurée par la forêt environnante ont rendu la chaleur agréable. Sa nouvelle vie a tout de même exigé une certaine adaptation. Passionnée de jardinage, elle a dû accepter la perte de certaines plantes. Cela l’a amenée à découvrir de nouvelles variétés qui poussent dans une zone de rusticité différente. Voulant continuer d’avoir un potager (et des tomates rouges), elle a acheté la serre d’un voisin, l’an dernier. Elle la met pleinement à profit cet été. Autre changement : elle ne passe plus l’aspirateur les journées grises, comme elle le faisait avant pour mieux profiter du beau temps. Elle sort l’aspirateur quand il fait soleil pour consommer de l’énergie sans problème.

« Il faut modifier certaines habitudes et être indulgent envers soi-même, pendant cette transition, dit-elle. Ce ne sera pas parfait du jour au lendemain. L’important est de vivre du bonheur. »

PHOTO CHLOÉ ROBILLARD, FOURNIE PAR LA FAMILLE

Un des petits bonheurs de la vie : un magnifique coucher de soleil !

Nager dans le lac et faire du kayak lui apportent du bonheur. Tout comme les moments en famille passés à l’extérieur, hors de portée du WiFi. « Quand on est dehors, on n’a pas de téléphones cellulaires, dit-elle. On vit en union avec la nature. »