Les avantages et vertus du jardinage sont connus depuis longtemps, mais plus que jamais, mettre ses mains à la terre et en récolter ses fruits, légumes et autres petits trésors fait du bien.

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Les couvre-sol s’étalent pour créer une étendue de verdure en bas-relief, mais à haute valeur ornementale. Leur effet est spectaculaire en massif, tandis qu’en bordure des plates-bandes, ils apportent la touche finale au dégradé de hauteur des végétaux.

Bien choisies, ces petites plantes s’installent sans difficulté dans des sols moins accueillants : au pied des arbres, dans les rocailles, les terrains en dénivelé ou les sentiers. Une fois bien implantées, elles exigent un minimum d’entretien.

« Quand une plante est courte, elle s’enracine moins profondément dans le sol. L’avantage, c’est qu’elle peut alors s’installer en surface dans des endroits où il y a peu de terre », explique Marie-Joëlle Sirois, technicienne en horticulture chez Jardin Dion.

Les couvre-sol ont un autre atout, non négligeable, qui est de prévenir l’apparition de mauvaises herbes.

On les utilise pour empêcher la germination de semences qui arrivent par le vent, indique la responsable des achats au rayon des vivaces de la jardinerie de Sainte-Thérèse. Une fois que le sol en est couvert, ça évite d’avoir à désherber.

Joëlle Sirois, technicienne en horticulture chez Jardin Dion

Opter pour la variété

Le plus connu des couvre-sol demeure le gazon. Composé d’une variété de graminées qui courent sur une large surface, il tolère le piétinement comme aucun autre. Il exige, en revanche, une tonte régulière et un entretien rigoureux, sans compter qu’il est vulnérable aux parasites.

Vouloir utiliser une seule plante « à tout faire » rend le processus laborieux, estime l’horticultrice. Ce qui s’applique au gazon comme à d’autres plantes. « Les zones mixtes sont préférables aux monocultures, insiste Marie-Joëlle Sirois. Imaginez un terrain couvert de thym : il suffit d’un ravageur pour que l’ensemble de la plante y passe ! »

Là où il pousse moins bien, on peut graduellement remplacer le gazon par d’autres couvre-sol ou dynamiser l’effet avec un massif de plantes. « Il faudra alors retirer les rhizomes du gazon afin d’éviter toute compétition avec d’autres végétaux et refaire un bon lit de plantation pour les accueillir », conseille l’horticultrice. On peut également procéder par terreautage en aérant d’abord le gazon, puis en déposant une couche de terreau sur la surface à couvrir, avant d’y épandre des semences de trèfle, de sagine ou de thym serpolet.

L’entretien et la multiplication

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Différents couvre-sol remplacent graduellement une pelouse.

La plupart des couvre-sol forment une talle qui s’élargit graduellement d’année en année. C’est le cas du thym, de la véronique rampante, des campanules des murailles, des soupirs de bébé ou encore du phlox rampant. D’autres, comme la lysimaque, le bugle, l’égopode et certains types de sédum, ont des tiges ou des rhizomes qui rampent au sol et contribuent à leur développement rapide. Ils peuvent toutefois devenir envahissants. « C’est un avantage si on a une grosse surface à couvrir et que la plante est cernée par des bordures de béton, par exemple. Autrement, il faut les contrôler. »

Un couvre-sol moins envahissant mettra deux à trois ans avant de couvrir une superficie d’un pied carré. Dans des conditions propices à leur développement, les plus rapides auront rempli cet espace dès l’année suivante. On pourra alors les diviser pour créer un autre massif ou s’en servir pour agrandir la zone de plantation.

Comme elles poussent mieux sur un sol nu, mieux vaut désherber entre les plants en attendant qu’ils occupent la totalité de leur espace, plutôt que d’utiliser un paillis. Les couvre-sol peuvent être plantés durant toute la saison du jardinage, mais préférablement au printemps ou à l’automne. Souvent, leur feuillage disparaît de lui-même après l’hiver. Si ce n’est pas le cas, on peut le tailler ou passer un balai à feuilles pour retirer délicatement le feuillage jauni.

À chacune sa place

Soleil

PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE

Origan doré

« Dans l’optique de joindre l’utile à l’agréable, je suggère l’origan doré et le thym d’hiver [ou thym anglais] qu’on peut cultiver pour leur intérêt culinaire et ornemental », propose Marie-Joëlle Sirois.

Mi-ombre

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

L’aspérule odorante

L’aspérule odorante (Asperula odorata) donne de la légèreté aux plates-bandes et s’orne de jolies fleurs blanches étoilées au parfum agréable. Sa croissance est rapide, mais sans qu’elle devienne envahissante. Elle croît aussi bien à l’ombre qu’au soleil.

Ombre

PHOTO TIRÉE DU SITE GARDENIA.NET

Le géranium à gros rhizomes

Le géranium à gros rhizomes (Geranium macrorrhizum « Bevan’s Variety ») n’atteint pas plus de 30 cm de hauteur. Ses bouquets de fleurs roses s’élèvent au-dessus d’un feuillage aromatique qui prend une belle teinte à l’automne. Il tolère l’ombre sèche, comme c’est souvent le cas sous les gros arbres, mais se plaît aussi dans les zones plus ensoleillées.