Pour guider les gens dans l’achat, l’entretien et la multiplication de leurs plantes, l’horticultrice Mélanie Grégoire lance Plantes vertes, un ouvrage destiné à convaincre même ceux qui sont persuadés que leur pouce ne sera jamais vert. « Ce n’est pas qu’ils n’ont pas le pouce vert, c’est qu’ils n’ont pas pris la bonne plante qui est adaptée à leurs conditions et à leurs compétences, croit-elle. Il y a une plante pour chaque personne et pour chaque pièce. » Entrevue.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

D’où vient votre amour des plantes ?

Mon père est horticulteur. Mes grands-parents avaient un centre de jardin dans le petit village de Lac-Etchemin. Les plantes ont toujours fait partie de ma vie. Chez moi, il y a un rejeton de l’Aloe vera que ma mère utilisait pour mettre sur mes nombreuses égratignures. J’ai un clivia qui m’a été donné par une cliente au 40e anniversaire du centre de jardin [Serres St-Élie à Sherbrooke], une bouture de la plante qu’elle a achetée l’année où mon père a ouvert le centre de jardin. Il y a un amour des plantes qui vient avec des histoires. Nos plantes traversent les histoires, comme l’histoire du violon rouge.

Combien de plantes avez-vous à la maison ?

Trente-six. Ce n’est pas tant que ça, je trouve. Mais je fais une rotation avec les plantes de mon centre de jardin.

Avez-vous des plantes qui vous sont particulièrement chères ?

Le crassula de mon père. Il l’a acheté quand il avait 25 ans. Il va en avoir 70 ans cette année. Le tronc est rendu tellement gros, tellement beau. Il a l’air d’un bonsaï. Il a toujours été dans la salle familiale depuis avant ma naissance. Mes parents déménagent cette année, alors il est temporairement chez moi. J’ai également son enfant qui est une bouture de ce crassula-là.

Il y a aussi le Zamioculcas [zamiifolia] Raven que j’ai acheté l’année dernière. C’est une plante rare qui m’a coûté les yeux de la tête. Le feuillage est noir et les nouvelles pousses sont vert lime. J’ai réussi à le faire rentrer chez nous en disant à mon chum que je lui avais fait un cadeau. Mais il l’a apporté à son bureau au cégep à l’automne ! Je m’inquiétais beaucoup pendant la pandémie pour le Zamioculcas abandonné. Finalement, il a pu le récupérer. Il va bien.

Y a-t-il une plante sur votre liste de souhaits que vous ne parvenez pas à trouver ?

Non, mais il faut dire que j’ai un grand centre de jardin, j’ai les bons contacts et j’ai les mains longues. La plante qui est la plus recherchée présentement sur le marché est la Monstera Thai, qui est une Monstera vert et blanc. Présentement, ça vaut entre 100 $ et 150 $ pour un pot de 4 po. J’en ai une à la maison. Si vous en voulez une, attendez deux ans. Je les ai vus chez les producteurs, il y en a des serres complètes. Ils vont inonder le marché.

La plante que je convoite d’avoir à la maison et de réussir son entretien, c’est le gardénia. J’ai essayé par trois fois dans ma vie et je n’avais pas un rythme de vie qui me permettait de garder cette plante belle. Elle a besoin du niveau d’humidité parfait, il faut la vaporiser et l’arroser au bon moment. Il faut le bon degré de lumière. J’ai toujours eu une vie un peu trop active pour me permettre de le garder, mais un jour, je vais avoir un gardénia et je vais m’en occuper pour qu’il soit beau. C’est mon Waterloo.

Quelle plante recommandez-vous aux débutants ?

J’aime beaucoup la sansevière. Elle peut tolérer un éclairage intense, moyen et faible. Elle n’est pas tuable et quand même belle. On peut la mettre à l’extérieur, elle n’attrape pas de bibittes. Tu l’oublies ? Ce n’est pas grave. Elle s’en remet facilement.

Quelle est la quantité de lumière minimale nécessaire pour cultiver une plante ?

Si vous êtes capable de lire un livre sans éclairage artificiel, vous êtes capable de faire pousser une plante.

IMAGE FOURNIE PAR LES ÉDITIONS QUÉBEC AMÉRIQUE

Plantes vertes : une jungle entre quatre murs, de Mélanie Grégoire

Est-ce que l’engrais est nécessaire pour les plantes d’intérieur ?

Oui. Il y a des gens qui disent que les plantes n’ont pas besoin d’engrais. Oui, mais on n’a pas besoin de vitamines non plus. La plante va pousser mieux si on lui donne de l’engrais. L’erreur qu’on fait est qu’on en met 12 mois par année, alors que, pour la majorité des plantes, on devrait arrêter entre septembre et mars. L’engrais fait une différence, pas juste sur la croissance, mais aussi sur la santé et la résistance aux insectes.

Peut-on garder des plantes dans la chambre à coucher ?

Oui. C’est un mythe qui est tenace que les plantes vont nous voler l’oxygène la nuit. Elles vont en prendre, mais jamais assez pour vider une chambre. Vous pouvez avoir des plantes dans votre chambre. La preuve : j’en ai plein !

Plantes vertes : une jungle entre quatre murs, Mélanie Grégoire, Éditions Québec Amérique, 256 pages.