Planifier un jardin est une chose ; le garder beau en est une autre. Des spécialistes de l’horticulture présentent leurs meilleurs trucs pour des végétaux qui restent en santé tout au long de l’été. Cette semaine : comment venir à bout des « mauvaises herbes » ?

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Pour un bon désherbage

« Des végétaux ne sont jamais mauvais, mais ils peuvent pousser au mauvais endroit », précise l’horticultrice Hélène Baril, qui préfère parler d’herbes indésirables plutôt que de mauvaises herbes. Autant que possible, on procède à leur extraction à la main, en s’assurant de retirer toute la racine. « Surtout, on ne met pas de rotoculteur là-dedans », prévient-elle, ce qui aurait un effet contraire en dispersant les racines et les semences, ou en les enfouissant plus profondément dans le sol. L’idéal est de désherber à la suite d’une bonne pluie ou d’arroser généreusement le sol la veille, ce qui facilite le retrait complet de la racine. Surtout, on ne laisse pas les végétaux monter en fleurs pour éviter que leurs graines ne se répandent, sauf dans le cas des pissenlits, qui sont des plantes importantes pour les pollinisateurs, précise la spécialiste. Elle prône la tolérance et conseille d’arracher les pissenlits avant que leurs fleurs ne se transforment en aigrettes. On comble aussitôt le trou avec un mélange de terre et de compost, et on plante — ou sème — une plante désirée ou une semence à croissance rapide dans le cas d’un gazon.

Et si la plante repousse…

Dans les plates-bandes, on peut venir à bout d’une plante envahissante en la recouvrant d’une toile imperméable camouflée par du paillis pendant tout un été. Privée d’eau et de lumière, la plante finira par dépérir. Dans les pavés, on retire l’herbe indésirable et on brûle ce qu’il en reste à la torche ou avec de l’eau bouillante. Le gluten de maïs (dans les centres de jardin) est un herbicide écologique qui agit comme inhibiteur de croissance et remplace avantageusement les produits chimiques. « C’est du long terme, précise toutefois Virginie Favreau, propriétaire d’une entreprise d’horticulture dans les Laurentides. Chaque année, le sol devient plus gorgé de produit et agit de façon plus efficace jusqu’à créer un milieu non propice à la germination. »

Prévenir pour limiter les interventions

Évitez que des plantes envahissantes ne s’invitent dans les zones laissées vacantes en les couvrant de végétaux (tout en respectant les distances suggérées entre les plants) et de paillis. Dans le gazon, la présence d’herbes indésirables indique souvent que le sol est trop compact. L’aération du terrain et l’ajout de terre et de sursemis à croissance rapide tous les trois ans permettent de garder le gazon en santé. « Le gazon est une graminée capricieuse, rappelle toutefois Virginie Favreau, qui conseille d’y introduire du trèfle blanc, plus résistant à l’ombre et aux hannetons, et facile d’entretien. » Plus le gazon est long (au moins 3 po), ajoute-t-elle, plus sa racine sera profonde et résistante à la sécheresse.