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Plantes vivaces

Timide hellébore

Hellébore «Red Lady»....

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Hellébore «Red Lady».

Pierre Gingras

En Europe, elle porte souvent le nom de 'rose de Noël' en raison de son empressement à fleurir en hiver. Le hic, c'est qu'on voit à peine son petit minois. On le devine plutôt. À moins, bien sûr, de se pencher à sa hauteur et de la regarder droit dans les yeux. Ce que j'avoue faire à l'occasion.

Helleborus orientalis «Sunshine selections».

Nommée «vivace de l'année» par la Perennial Plant Association, un regroupement nord-américain, Hellébore reste timide, se tenant presque toujours tête baissée. Pourtant, en dépit de sa réserve naturelle, ceux qui la rencontrent tombent habituellement sous son charme. Voilà une bonne dizaine d'années que je partage mes printemps avec elle. Amour étrange.

Il faut dire que le jardinier est un voyeur, mais un voyeur qui se contente parfois de... mirage. L'hellébore en est la parfaite illustration et les concepteurs de catalogues de plantes l'ont compris depuis longtemps. C'est que les photographes ont toujours pris plaisir à dévoiler son intimité, pour le plus grand bonheur de nos yeux. La très grande majorité des photos d'hellébores nous présentent donc des fleurs dressées, bien en vue. Sauf exception, il s'agit d'une forme de fausse représentation.

Ce qui n'empêche pas ces plantes d'être extrêmement populaires en Europe où on en trouve d'ailleurs des dizaines de cultivars dont certains à fleurs doubles. D'ailleurs, lors de visites de jardins en Angleterre, il y a quelques années, j'avais été renversé par cette diversité de même que par la grande taille des plants, qui atteignent facilement 40 à 45 cm. Au Québec, ils ne dépassent guère les 20 cm.

Des fleurs nombreuses

Peu répandues dans les jardins québécois, les hellébores font partie de la famille des renoncules et regroupent une quinzaine d'espèces dont la plupart sont originaires de la grande Europe.

Helleborus orientalis dans mon jardin. La fleur du centre a été dressée pour vous exposer son intimité. (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

Elles forment de petites touffes aux jolies feuilles dentelées, en forme de main, souvent charnues, persistantes même en hiver si elles sont protégées par un couvert de neige. Mais dans la grande région métropolitaine, faute de neige suffisante, les feuilles disparaissent habituellement durant la saison froide. Cela représente d'ailleurs un certain avantage car les fleurs, nombreuses et très précoces, sont beaucoup plus en évidence lorsqu'elles s'épanouissent au printemps.

Si elles ne sont pas exhibitionnistes, les fleurs des hellébores persistent néanmoins quatre à six semaines. Plus encore, une fois les fruits formés, la plante ne perd rien de ses charmes, si bien qu'elle donne l'impression que sa floraison dure tout l'été.

Helleborus «Ivory Prince» en fruit.

Horticulteur à la pépinière Villeneuve, à l'Épiphanie, près de L'Assomption, dans Lanaudière, une entreprise qui fait la promotion de cette plante depuis quelques années (on y trouve d'ailleurs sept espèces et cultivars), Denis Bernard explique que la plante préfère un sol riche en compost et un endroit légèrement ombragé, sous un bosquet de feuillus laissant pénétrer un peu le soleil durant l'été. Si elle pousse complètement à l'ombre, sa floraison sera affectée sérieusement. Il précise par ailleurs que les fleurs d'Helleborus foetidus sont plus dressées que celles de ses cousines et de leurs hybrides. Son feuillage est lustré et ses fleurs sont vert pâle, mais chaque pétale est légèrement bordé de rouge.

Les hellébores coûtent habituellement plus cher que les autres vivaces parce qu'il faut au moins trois ans de culture pour obtenir un plant pouvant fleurir. Mais l'investissement en vaut la peine, car elle peut vivre durant une vingtaine d'années, parfois beaucoup plus. Une aussi grande fidélité a un prix. Ce qui explique aussi qu'elle déteste être transplantée.

Helleborus orientalis «White spotted lady».

On peut aussi obtenir des hellébores à partir de semis, mais la germination est très lente, parfois plus d'un an, et il faudra attendre de quatre à cinq ans pour obtenir une première floraison. Il faut aussi se rappeler que les graines provenant d'hybrides donnent des plantes fidèles aux parents seulement dans une proportion de 80%. Comme la surprise mettra quelques années avant d'apparaître, il vaut mieux acheter des plants.

Denis Bernard conseille de marier les hellébores avec des plantes à floraison printanière comme les crocus, les perce-neige, les tulipes botaniques, les muscaris ou encore les anémones grecques (Anemone blanda).

Un dernier mot: les salades d'hellébores ne sont pas recommandées, toutes les parties de la plante pouvant causer de sérieux problèmes d'estomac. La sève est parfois irritante pour certaines peaux sensibles.




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