Les organismes et les personnes qui se sont opposés à la démolition d'un petit cottage de l'avenue Woodland, à Beaconsfield, ont perdu la partie. Lors de la dernière assemblée publique régulière de la Ville, le conseil municipal a entériné la décision favorable du comité de démolition, composé de trois conseillers municipaux.

Mis à jour le 31 mars 2011
Lucie Lavigne LA PRESSE

En janvier dernier, ces derniers avaient approuvé la démolition de cette maison modèle, la seule au Québec conçue dans le cadre du programme national Trend House (Maison Tendance) mis en place au début des années 50 par les industries forestières de la Colombie-Britannique.

Ceux qui avaient à coeur la préservation de cette habitation ont interjeté appel de cette décision du comité de démolition. Mais peine perdue, la Maison Tendance sera vraisemblablement rasée.

Toutefois, les propriétaires ne peuvent aller de l'avant maintenant, car le comité consultatif d'urbanisme (CCU) de la Ville doit analyser leur demande, incluant les plans de la nouvelle construction.

«Ce sera ensuite au conseil municipal d'accepter le projet de remplacement. Il jugera notamment si la future maison s'intègre bien à l'environnement. Les permis de démolition et de construction seront alors délivrés», précise Denis Chabot, directeur du Service de l'aménagement urbain à la Ville de Beaconsfield.

Parmi les opposants à la destruction de la Trend House, il y avait la Société historique Beaurepaire-Beaconsfield et Michael Goodfellow, le fils de Philip F. Goodfellow, l'architecte montréalais qui a élaboré les plans de la Maison Tendance, et qui est décédé en 1972.

Enfin, l'une des idées innovatrices de cette habitation modèle ouverte au public en 1954, était celle du décloisonnement des pièces de vie, une nouveauté pour l'époque. En effet, lors d'une visite des lieux, nous avons pu constater que le salon donne complètement sur la salle à manger et que ces deux «pièces» logent dans un espace double hauteur. La cuisine s'ouvre également sur la salle à manger grâce à un passe-plat et, surtout, elle se poursuit en une salle familiale pour les enfants.

Malheureusement, lors de notre passage, les propriétaires ont empêché le photographe de La Presse de prendre une vue d'ensemble des pièces de vie.

Ne serait-il pas alors souhaitable que les dirigeants municipaux fassent des photos avant la démolition de cette propriété?

«C'est une excellente idée», répond Denis Chabot.