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Dan Sergiu Hanganu, 70 ans, photographié sur le... (Photo David Boily, La Presse)

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Dan Sergiu Hanganu, 70 ans, photographié sur le toit-terrasse de la phase 3 du complexe en copropriété SAX, à L'Île-des-Soeurs.

Photo David Boily, La Presse

Lucie Lavigne
Lucie Lavigne
La Presse

Vedette de l'architecture montréalaise, Dan Hanganu a créé des bâtiments qui ont soulevé les passions et parfois même la controverse. Mais comment l'architecte est-il perçu par ses pairs? Nous avons demandé à quelques architectes et spécialistes québécois de nous donner leur point de vue sur l'homme et son oeuvre.

 > Luc Noppen, professeur à l'UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain:

 «Hanganu occupe une place très importante à Montréal. Dès le milieu des années 80, il saisit la “montréalité” que défendent les acteurs du patrimoine. Son chef-d'oeuvre à cet égard est le musée Pointe-à-Callière, un projet très controversé lors de son adoption mais qui a, depuis, rallié tout le monde.»

 La force de l'architecte? «Elle réside dans sa capacité de construire plus que de dessiner. Il travaille la matière (la brique, la pierre) pour sculpter des volumes et évider des espaces. Son architecture est davantage plastique que technique. Il se plaît d'ailleurs à réaliser quelques oeuvres sculptées ou forgées pour souligner le caractère artisanal de ce qu'il construit.»

 Et sa façon de travailler? «Sa pratique est somme toute restreinte, car il n'accepte pas de faire tout et n'importe quoi. Pour ses collaborateurs, entrer chez Hanganu, c'est entrer en religion: ils doivent y croire!»

 >Samuel Gewurz, promoteur et président de la Corporation Proment:

 «J'étais un des deux partenaires de Dan à l'époque de la construction des maisons de la rue Corot, à l'Île-des-Soeurs. Il a aussi été l'architecte de la tour d'habitation Val de l'Anse, de la Corporation Proment, à la fin des années 80.»

 Et après? «Dan est très créatif, énergique et brillant. C'est un leader et je le respecte beaucoup. Mais dans la construction résidentielle, il faut parfois faire des compromis. Ici, à l'Île-des-Soeurs, on a eu à sacrifier l'architecture au profit des vues et de l'emplacement des unités. Les acheteurs ne veulent pas nécessairement payer plus pour une expression architecturale unique.»

 >Pierre Thibault, architecte:

 «Ma démarche se situe à l'opposé de celle de Dan Hanganu. Il conçoit des masses qu'il creuse par la suite, alors que je recherche la légèreté. Son architecture est monumentale et il utilise beaucoup la maçonnerie alors que j'affectionne le bois. Il ajoute des éléments décoratifs qui à mon sens peuvent parfois sembler une surcharge. Mais malgré nos différences, je respecte beaucoup son travail et sa contribution à l'architecture québécoise. Il a permis la transition du postmodernisme à l'architecture contemporaine. Ses bâtiments sont pourvus de très grandes qualités spatiales. Il est très agréable d'y vivre.»

 >Loukas Yiacouvakis, architecte, cofondateur de l'atelier YH2:

 «Jeune étudiant à Montréal, je me souviens encore de mon coup de foudre pour le musée Pointe-à-Callière. Je découvrais alors qu'il était possible de faire de l'architecture contemporaine à Montréal. Encore aujourd'hui, chaque année, pendant la Nuit blanche du festival Montréal en lumière, j'y retourne. Ce bâtiment est à la fois contemporain et respectueux du contexte urbain historique. Dan Hanganu a le génie du lieu. J'aime son travail exploratoire et son esprit inventif.»

 >France Vanlaethem, directrice du diplôme d'études supérieures spécialisées en architecture moderne et patrimoine, à l'École de design de l'UQAM:

 «Il avait et possède toujours un langage architectural qui lui est propre. Autrement dit, on reconnaît sa griffe. Il explore certains thèmes architecturaux, de projet en projet. À preuve, il y a une parenté entre la faille qui structure le pavillon de design de l'UQAM et le traitement de l'entrée de HEC Montréal. Tous deux offrent une trouée sur le ciel qui symbolise l'élévation par l'éducation. Dan Hanganu a su perpétuer la tradition du modernisme du 20e siècle tout en le complexifiant et en lui donnant une touche personnelle, parfois même fantaisiste. Enfin, son architecture possède de grandes qualités en ce qui a trait à la lumière et aux espaces.»




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