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Maison Gilles-Kègle: l'âme de Saint-Roch

La maison Gilles-Kègle, au 380, rue du Pont,... (Photo Jocelyn Bernier, Le Soleil)

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La maison Gilles-Kègle, au 380, rue du Pont, dans Saint-Roch. Sous le crépi, on a retrouvé les briques d'Écosse d'origine.

Photo Jocelyn Bernier, Le Soleil

Louis-Guy Lemieux
Le Soleil

Sans cette maison et celui qui lui a donné son nom, le quartier Saint-Roch serait orphelin.

La maison Gilles-Kègle, située au 380, rue du Pont, à l'angle de Saint-François, est non pas le coeur, mais bien l'âme de ce quartier en reconstruction et en longue réhabilitation.

Gilles Kègle, un infirmier de la rue, a acquis, en 22 ans et dans son milieu, la stature d'une mère Teresa ou d'un abbé Pierre. Il est devenu une sorte de conscience sociale nationale.

Dans la rue du Pont, on croise des gens de partout venus là pour voir et photographier la maison où habite et travaille cet homme bon.

Aujourd'hui âgé de 66 ans, Gilles Kègle anime une oeuvre qui réunit quelque 70 bénévoles. Il les a surnommés ses «missionnaires de la paix». L'oeuvre a essaimé sur la rue Rachel, à Montréal. Il existe même une clinique Gilles-Kègle en Tanzanie. À Québec, la fondation du même nom permet d'aider plus de 800 démunis par semaine, des gens que le réseau des hôpitaux et des affaires sociales n'arrive pas à rejoindre.

Selon les historiens de l'architecture Luc Noppen et Lucie K. Morisset, la maison qu'occupe Gilles Kègle et ses missionnaires de la paix date des années 1845-1850. Elle aurait donc été construite tout de suite après le grand feu de Saint-Roch pour loger une épicerie de quartier, ce qu'on appelait à l'époque un magasin général.

Dans le guide

La plus connue de ces épiceries du coin, ou épiceries de quartier, était l'épicerie Turcotte (aujourd'hui au 786, boulevard Charest), à quelques coins de rues de l'actuelle maison Gilles-Kègle.

Pour revenir au grand incendie de Saint-Roch, rappelons que le 28 mai 1845, une conflagration détruit la majeure partie du faubourg. Le feu rase près de 4000 maisons, usines, magasins et hangars. Plus de 1200 personnes sont jetées à la rue. On compte 50 morts.

Les titres de propriétés de la maison Gilles-Kègle conservés à la Ville de Québec ne remontent pas plus loin que 1930. Cette année-là, une dame, Elmina Marcoux, loue la maison à un restaurateur chinois. Le restaurant Geo Fong occupe tout le rez-de-chaussée. Par la suite, la quincaillerie Villeneuve s'y installe pour plusieurs années. Entre la quincaillerie et l'arrivée de Gilles Kègle et ses missionnaires de la paix, la bâtisse sera plus ou moins laissée à l'abandon.

L'homme qui rêvait d'une maison

En 1998, la compagnie d'assurance l'Industrielle Alliance offrait la maison à la fondation Gilles-Kègle. L'infirmier des pauvres réalisait ainsi un rêve.

Il raconte : «Avec les bénévoles, nous nous réunissions plusieurs fois par jour chez une personne dévouée de la rue de la Reine. Je passais tous les jours devant le 380, du Pont, une maison placardée et laissée à l'abandon. Quelque chose me disait que c'est là que je m'établirais un jour. J'en rêvais la nuit.»

L'aide de l'Industrielle Alliance et le don généreux d'une dame discrète a permis d'installer l'oeuvre charitable en ces murs.

Gilles Kègle souligne également l'aide indispensable de plusieurs autres anonymes qui ont travaillé fort pour restaurer la maison et lui permettre de retrouver ses murs extérieurs en brique d'Écosse que cachait un vilain crépi. Parmi ceux qui ont donné un bon coup de main, on retrouve Louis Fortier, un autre personnage attachant de Saint-Roch décédé trop tôt depuis.

Solide sur ses assises, l'édifice est l'un des rares exemplaires de ce type d'habitation encore dans son état original.

Dans une étude réalisée pour la Ville en 1997, Luc Noppen avance que cet édifice commercial à l'origine représente bien l'exemple architectural de la maison en pierre ou en brique à deux étages avec toit à deux versants formant une croupe et comportant un rez-de-chaussée commercial. «Ce type de maison était omniprésent dans le quartier et il a presque entièrement disparu», écrit-il.

L'historien de l'architecture recommandait que «cet exemplaire précieux de l'architecture d'avant 1850» soit mieux documenté, c'est-à-dire que les services compétents de la Ville réalisent un historique complet de la maison.

 




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