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Un petit village dans Montcalm

Imaginé au début des années 1900, le vieux... (Photo Patrice Laroche, Le Soleil)

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Imaginé au début des années 1900, le vieux quartier regroupe aujourd'hui autant de jeunes familles que des personnes âgées.

Photo Patrice Laroche, Le Soleil

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Une cabane dans un arbre, signe que les enfants prennent de plus en plus de place.

Photo Patrice Laroche, Le Soleil

Un pommier. Le chant des oiseaux. Le vent montagnard. Connaître ses voisins. Laisser ses enfants jouer dehors sans crainte. Construire une cabane dans un arbre. Non, cela n'est pas une ode à la campagne, mais le quotidien des habitants des environs de la rue des Franciscains, dans le quartier Montcalm, à Québec.

 Elles sont trois soeurs parallèles : les rues des Franciscains, Dolbeau et Jeanne-d'Arc. Perchées entre la haute et la basse ville, elles passent inaperçues parce qu'on n'y trouve que des culs-de-sac. Des vélos d'enfants à la traîne sur les trottoirs prouvent qu'il y a peu de circulation.

 «C'est un genre de village. Tout le monde se connaît», explique Eric-Jan Zubrzycki, conseiller syndical et père de quatre enfants. «Et le perron de l'église, c'est chez Niko. C'est là que sont les ragots», blague-t-il.

 Chez Niko, c'est l'appellation locale du dépanneur de l'Alverne. Dimitri Panagiopoulos, 67 ans, en est le propriétaire. «Ici, c'est le coeur. Tout le monde passe par ici», de dire l'homme qui s'est établi dans le quartier l'année de l'Expo 67. Le commerce possède mille et une marques de bières, mais aussi un coin restaurant où l'on sert des mets grecs. Bien implanté dans le quartier, l'homme attend calmement le client. Il a été le propriétaire de l'ancien restaurant Le Lancer, de l'autre côté de la rue.

 «Les maisons ne changent pas, mais les gens, oui», affirme M. Panagiopoulos. Depuis une dizaine d'année, les visages ridés tendent à laisser leur maison à de jeunes familles, pour s'établir dans les HLM du quartier. Lise Arsenault, une résidante, constate elle aussi ce mélange de jeunes familles et de personnes âgées. «Ça fait un quartier très calme et chaleureux», explique la dame qui n'hésite pas à inviter ses collègues de travail pour un 5 à 7 sur son perron. «Dans la rue, il y a plus de 10 enfants de moins de 15 mois», explique M. Zubrzycki. Pour un parent, la proximité des services et des écoles est un avantage certain. Pour les enfants ? «Il y a le centre communautaire Lucien-Borne et ses jeux d'eau», rajoute Frédérique Zubrzycki, fille d'Eric-Jan.

Un quartier ouvrier

 Pourtant, le quartier n'avait rien pour attirer au départ. Le tracé des trois rues date de 1908, époque où les terres appartenaient toujours à la famille Tourangeau. La première partie a été développée à l'est de la rue Désy. On y trouve les premiers triplex de Québec.

 Les maisons à l'ouest de Désy font toutes partie du plus vaste chantier de logements de son époque. Développées en 1923, les Habitations Manrèse étaient destinées à loger la classe ouvrière. Mais malgré l'utilisation de matériaux économiques, les maisons restèrent inabordables pour les ouvriers, particulièrement à la veille de la crise économique de 1929. C'est donc la ville qui récupéra ces habitations et y logea ses ouvriers.

 Ce qui détonne, c'est l'austérité et l'uniformité des façades. «L'idée de répétition, c'est intéressant. Ça crée un rythme et ça donne l'impression d'être ensemble», réfléchit l'architecte Jacques Plante. «Les façades publiques sont plus conservatrices. Mais on trouve plus d'exubérance dans le privé. Tout le monde y va de son aménagement», développe-t-il.

 Les 79 maisons conçues par l'architecte Adalbert Trudel possèdent toujours les stigmates des matériaux de piètre qualité. Lattes de plancher de largeurs inégales, tronc d'arbre en guise de poutre, murs très minces entre les maisons : le temps n'améliore pas les choses pour ces maisons juxtaposées.

 La vétusté des bâtiments force la rénovation. «Ici, le samedi, ce n'est pas les tondeuses qu'on entend, ce sont les scies rondes», commente M. Zubrzynski.

 Un esprit de communauté

 Pour Jacques Plante, qui a décidé il y a trois ans de localiser temporairement son bureau au sous-sol de sa demeure, il y a un esprit de communauté unique dans ce faubourg au nord du chemin Sainte-Foy. «Les gens ont le souci des autres.» Que ce soit surveiller la maison en l'absence d'un voisin ou garder ses enfants, on s'entraide.

 Andrée Gendreau, mère de M. Zubrzycki, observe aussi cette solidarité. «Quand on a vu que la ville voulait faire des condos luxueux dans le jardin de l'ancien couvent des Franciscains (maintenant converti en HLM), on s'est réunis et on a fait beaucoup de pression pour en faire un jardin communautaire», relate la femme qui a passé tout son âge adulte dans les environs. Ce qui étonne, ce sont aussi tous ces projets communs : l'enjolivement de la ruelle, l'organisation d'une épluchette de blé d'Inde dans la rue Dolbeau depuis 15 ans, les exemples pullulent.

 Un bijou bien protégé

 La famille Zubrzynski est doublement chanceuse. Primo, elle a acheté une des maisons modèles du développement ; les pièces y sont légèrement plus grandes, et les plafonds un peu plus hauts que les autres maisons de l'ancien développement domiciliaire. Secundo, elle l'a acquise il y a 10 ans à une fraction du coût de l'évaluation municipale, en échange de beaucoup de rénovations. Néanmoins, les histoires de ce genre se font rares dans ce secteur.

 Il y a peu de pancartes à vendre en haut du coteau Sainte- Geneviève. «Je cherchais un endroit à proximité de la ville, mais sans le brouhaha», raconte Jacques Plante. L'homme a donc découvert ce quartier et a fait des balades en voiture le samedi jusqu'à ce qu'il déniche la perle rare, qu'il acheta en 24 heures.

 À la Chambre immobilière de Québec, on confirme qu'il y a peu de ventes. Et entre-temps, les prix grimpent. N'empêche, les habitants n'ont pas l'intention de quitter leur petit village de sitôt.

 




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