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Une maison vertigineuse

Le bloc central est si haut et vaste... (Photo fournie par André Dupras)

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Le bloc central est si haut et vaste qu'il pourrait contenir un triplex de bonne dimension.

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Raymond Bernatchez
La Presse
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Le foyer principal de la maison est non pas un salon, mais un gymnase. Ce bloc central est entièrement fenêtré sur deux faces.

Photo fournie par André Dupras

La maison est un lieu où nos passions doivent pouvoir s'exprimer librement, disait l'ingénieur André Dupras en 2002, alors qu'il venait d'emménager dans sa résidence cruciforme des Laurentides.

 Sa compagne étant trapéziste et ses enfants ayant de l'énergie à revendre, le foyer principal de son habitat était non pas un salon, mais bien un gymnase de 61 pi de long sur 26 pi de large, haut de 31 pi. Entièrement fenêtré sur deux faces, ce bloc central est pleinement ouvert sur la nature. Le terrain de 200 000 pieds carrés borde également un lac.

 Lors de notre premier passage, des barres de trapèze étaient accrochées aux poutres d'acier du plafond de sorte que Marie-Josée Lévesque, sa compagne, virevoltait dans cet espace. Les enfants grimpaient aux cordages, jouaient au badminton, au ballon panier ou se baladaient en patins à roues alignées sur la surface bétonnée du gym ainsi que dans les couloirs attenants.

 Le bloc central est si haut et vaste qu'il pourrait contenir un triplex de fort bonne dimension. De part et d'autre se déploient deux ailes ouvertes sur le gym. L'une regroupe les chambres familiales et les bureaux. L'autre est destinée aux parents et amis qui séjournent chez eux. Ils sont nombreux à s'y rendre. Les enfants de leurs proches et du voisinage sont très attirés par cet endroit qui, malgré son imposante stature, tient bien plus du lieu de loisir que du château.

Lorsqu'il pleut en été, il y en a toujours qui viennent s'amuser dans notre Disneyworld, disait André Dupras, il y a quelques jours encore alors que nous lui demandions si sa maison émettait les mêmes ondes positives en 2007. Ses enfants ont grandi. L'été, ils lorgnent bien plus vers l'extérieur. Certains étant amateurs de foot, papa et maman ont fait aménager pour eux un terrain de soccer sur le champ géothermique horizontal qui chauffe et climatise cette immensité. La longueur tout de la façade donnant sur le lac est de 126 pieds.

 Expérimentations technologiques

 Pour André Dupras et Marie-Josée Lévesque, cette résidence n'est pas qu'un terrain de jeu. L'ingénieur y expérimente des technologies d'avant-garde. En circulant au sein de planchers en béton, l'eau provenant du champ géothermique chauffe la masse l'hiver et la refroidit l'été. La performance du système géothermique, la qualité de la construction, la mise en place de murs à double paroi pour ventiler naturellement la cloison intérieure, la disposition de canons à air capables de réchauffer les fenêtres à 30 pieds de hauteur sans faire la moindre vague, la sophistication des systèmes de contrôle et domotique génèrent ensemble des économies d'énergies de l'ordre de 65 %. Si elle avait été entièrement «hydroquébécoise», les Dupras-Lévesque auraient dû payer en 2006 une facture d'énergie de l'ordre de 12 000 $. Or, avec la géothermie et le reste, le coût annuel est de 4000 $ environ.

 Pour avoir démontré à la faveur de cette réalisation que l'on peut obtenir des gains substantiels avec ces nouvelles technologies, l'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie (AQME) a attribué en 2003 à André Dupras et à sa firme, Duprat Ledoux Ingénieurs, son prix Energia en habitation résidentielle.

 Tout l'emplacement est bardé de dispositifs électroniques. Le moindre soubresaut, où que ce soit dans le réseau, est depuis six ans, constamment capté, enregistré et analysé par un ordinateur central qui gère le fonctionnement des principales composantes. Des transmetteurs (non pas des thermostats) sont en liaison constante avec cette machine. André Dupras peut modifier à distance la programmation au gré des résultats.

 Depuis août dernier, il expérimente un nouveau mode de climatisation par radiation de froid émanant d'Allemagne. Un petit compresseur refroidit l'eau qui circule au sein de panneaux radiants. Les plus petites variations d'état dans la pièce et le suintement le plus ténu sur la surface des panneaux sont signifiés chaque minute dès que l'appareil entre en fonction. Ce mode de climatisation est, à son avis, le plus doux qui soit. Le contrôle du suintement pose toutefois problème dans des environnements donnés. André Dupras observe le phénomène et cherche une solution.

 Le gymnase est intimement lié à la carrière de la trapéziste Marie-Josée Lévesque. C'est là quelle conçoit avec d'autres des spectacles que sa firme, Cirque Fantastic, produit depuis quelques années pour des événements spéciaux et d'affaires. En juin, elle entreprend, avec le metteur en scène Sylvain Lafortune, d'y créer son tout premier divertissement grand public qui sera offert en salles en 2008. Dix trapézistes féminins participeront aux phases de conception du spectacle au gymnase de la maison des Laurentides.

 Pourraient-ils se départir de cette maison un jour? «Marie-Josée et moi avons évoqué cette possibilité il y a peu de temps. Après mûre réflexion, nous avons convenu que le temps de la quitter n'était pas encore venu. Cette maison est un lieu magique et tant que nous la percevrons ainsi elle n'aura pas de prix à nos yeux.»

 




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