Rénovée et agrandie une première fois en 2012, cette maison typique des années 1960 a été entreprise de nouveau il y a un an pour y greffer une nouvelle aile, réservée aux chambres à coucher. Les parents y ont gagné une suite parentale offrant confort, intimité et calme, tandis que les trois enfants ont désormais leurs propres appartements : un changement dont tout le monde sort gagnant.

Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

À l’époque où le couple a pris possession de sa maison d’Outremont, la propriétaire était enceinte de sa cadette. L’habitation avait besoin d’être mise au goût du jour, et surtout à celui de ses occupants. Malgré l’évidence, le couple a sauté sur ce qu’il considère plus que jamais être une occasion en or : une maison du milieu du siècle blottie au cœur d’un grand terrain boisé de 17 000 pi2. Le luxe à quelques minutes du centre-ville de Montréal.

Amorcés dès la première année, les travaux d’agrandissement ont été confiés à la firme d’architecture Thellend Fortin, qui a créé l’espace pour accueillir une grande salle de séjour, une galerie extérieure et une salle de gym au rez-de-jardin. Entièrement fenestrée, l’annexe offre maintenant une vue impressionnante sur la cour qu’elle surplombe. Dans la foulée, le terrassement a d’ailleurs été complètement repensé de façon à inclure une piscine, malgré les contraintes imposées par la forte pente du terrain.

Phase 1 : l’aile gauche de la résidence, rénovée en 2012

  • Situé au rez-de-chaussée, côté rue, le séjour étonne par sa hauteur, accentuée par le dénivelé de la pente du terrain à l’arrière.

    PHOTO CHARLES LANTEIGNE

    Situé au rez-de-chaussée, côté rue, le séjour étonne par sa hauteur, accentuée par le dénivelé de la pente du terrain à l’arrière.

  • Le bâtiment original a été décloisonné et généreusement fenestré afin d’ouvrir la cuisine sur la salle à manger et d’y faire entrer la lumière.

    PHOTO CHARLES LANTEIGNE

    Le bâtiment original a été décloisonné et généreusement fenestré afin d’ouvrir la cuisine sur la salle à manger et d’y faire entrer la lumière.

  • Minimaliste, la cuisine n’en reste pas moins fonctionnelle avec ses deux grands plans de travail autour desquels gravitent les activités.

    PHOTO CHARLES LANTEIGNE

    Minimaliste, la cuisine n’en reste pas moins fonctionnelle avec ses deux grands plans de travail autour desquels gravitent les activités.

  • Face à la cuisine, un grand balcon couvert offre un espace où manger en été, à hauteur de canopée.

    PHOTO CHARLES LANTEIGNE

    Face à la cuisine, un grand balcon couvert offre un espace où manger en été, à hauteur de canopée.

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Les pièces du bâtiment original ont été décloisonnées et comprennent désormais la cuisine et la salle à manger en aire ouverte. L’ancien salon, chapeauté d’un plafond cathédrale, accueille toujours les visiteurs au cœur des lieux. Le résultat est vaste, lumineux et pleinement contemporain. « L’architecture du siècle dernier permet des lignes très modernes et minimalistes, et c’est ce qu’on aime, indique la propriétaire. C’est un style californien qui se distingue. Il ne manque que la mer », ajoute-t-elle en riant.

Mais voilà : les enfants ont grandi. Avec un adolescent de 13 ans et deux préadolescentes de 9 et 11 ans, le contexte se prêtait à de nouvelles modifications pour la suite des choses.

S’intégrer harmonieusement à son environnement

Avec l’architecte Maxime Moreau, de MXMA architecture et design, les propriétaires ont procédé l’an passé au déploiement de l’aile droite du bâtiment. La section est maintenant coiffée d’un étage de 1000 pi2 entièrement destiné à la suite parentale. La chambre du fils, située près de la cuisine, a été transformée en bureau et rapatriée avec les autres chambres au rez-de-chaussée de la nouvelle aile. Les enfants y ont gagné plus d’espace et une salle de bains que se partagent les filles, tandis que le garçon a la sienne. Une porte leur permet de fermer l’entrée de « leurs appartements ».

Phase 2 : l’ajout d’un étage et la rénovation de l’aile droite en 2020

  • Le concept de ruban horizontal développé il y a 9 ans par Thellend Fortin a été repris par MXMA avec un respect équivalent pour les détails architecturaux et les matériaux de la maison d’origine. Le nouvel agrandissement est ici vu de l’arrière.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    Le concept de ruban horizontal développé il y a 9 ans par Thellend Fortin a été repris par MXMA avec un respect équivalent pour les détails architecturaux et les matériaux de la maison d’origine. Le nouvel agrandissement est ici vu de l’arrière.

  • L’agrandissement se fond aux lignes de toiture existantes et se fait ainsi discret vu de l’avant. À l’étage, les fenêtres donnent sur un couloir logeant 10 grands garde-robes. Leur hauteur a été adaptée à la taille de la propriétaire afin que seule sa tête puisse être vue des passants.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    L’agrandissement se fond aux lignes de toiture existantes et se fait ainsi discret vu de l’avant. À l’étage, les fenêtres donnent sur un couloir logeant 10 grands garde-robes. Leur hauteur a été adaptée à la taille de la propriétaire afin que seule sa tête puisse être vue des passants.

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On voulait que cette évolution respecte l’ADN de la maison et son horizontalité. Il était aussi important pour nous que l’agrandissement soit le plus discret possible de la rue et qu’il s’intègre de façon naturelle dans son environnement.

L’architecte Maxime Moreau, de MXMA architecture et design

Par une gymnastique structurale, l’annexe a été encastrée dans le toit original auquel il finit par se fondre. De l’extérieur, ce qui pourrait sembler être une élévation d’un demi-étage est en fait un volume de 10 pi de hauteur. Aucune ombre indésirable n’est ainsi créée chez les voisins immédiats.

L’arrière, beaucoup plus contemporain, gagne en prestance et reprend l’idée du ruban de l’annexe gauche, développée par Thellend Fortin. Le sous-sol s’y révèle grâce à la pente du terrain. « La maison reste sobre à l’avant. Le party est à l’arrière où il y a plein de surprises », décrit Maxime Moreau.

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L’ancien escalier fermé a été complètement décloisonné et a gagné une lumière qui voyage désormais de l’étage au sous-sol.

L’agrandissement a aussi été un prétexte pour réévaluer les circulations verticales dans la maison. L’escalier d’époque, qui fait le lien entre la partie centrale de la maison et le bloc de nuit, était sombre. Il a gagné en lumière et en style grâce à une nouvelle structure ouverte, légèrement asymétrique.

  • Un vaste salon coiffé d’un toit cathédrale accueille les visiteurs et offre d’emblée une vue sur le bois arrière grâce à son mur vitré.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    Un vaste salon coiffé d’un toit cathédrale accueille les visiteurs et offre d’emblée une vue sur le bois arrière grâce à son mur vitré.

  • L’arrière de la rallonge est consacré à la chambre principale, qui est complètement vitrée du plancher au plafond.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    L’arrière de la rallonge est consacré à la chambre principale, qui est complètement vitrée du plancher au plafond.

  • Dans la salle de bains, les arbres font écran durant le jour.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    Dans la salle de bains, les arbres font écran durant le jour.

  • Des matériaux naturels comme le marbre et le bois ont été privilégiés partout dans la maison et spécifiquement dans les salles de bains. Le résultat est d’une simplicité apaisante.

    PHOTO DOUBLESPACE PHOTOGRAPHY

    Des matériaux naturels comme le marbre et le bois ont été privilégiés partout dans la maison et spécifiquement dans les salles de bains. Le résultat est d’une simplicité apaisante.

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Bien chez soi

« Rénover, c’est une façon de s’approprier son propre chez-soi et de le mettre à son image », décrit la propriétaire en avouant une résilience particulière aux rénovations, par passion pour l’architecture et par enthousiasme pour le résultat final. « J’avais des idées très précises de ce que je voulais, et Maxime a été à l’écoute. Je suis encore en lune de miel avec le résultat. »

Monter l’escalier pour se rendre dans ses appartements lui donne l’impression de gagner son sanctuaire, confie-t-elle. « Entendons-nous, mes enfants sont loin d’être des terreurs, mais une fois dans cet espace, le temps semble défiler autrement. C’est un moment pour soi. » Du haut de la suite parentale, l’urbanité s’éclipse. Le résultat est doux, organique. Loin du tourbillon de la ville ou de l’agitation quotidienne.

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De la chambre, l’abondance de verdure donne l’impression d’être à mille lieues de la ville.

« Comme elle est très vitrée, j’ai souvent l’impression d’avoir une maison dans les arbres. C’est minimaliste, ça respire. Pour moi, c’est très apaisant. C’est d’ailleurs le sentiment que j’ai en vacances… Et puis je reviens chez nous et je me dis : “On y est vraiment bien !” »