Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les habitations devront être mieux bâties d’ici 2030. À quoi ressembleront-elles ? On en a un aperçu en visitant la nouvelle maison de campagne du directeur général de l’organisme Écohabitation Emmanuel Cosgrove, à Wakefield, en Outaouais. La demeure, qui n’a ni sous-sol ni gypse, vise une certification LEED v-4 Platine et un bilan carbone neutre. Visite.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Une maison neutre en carbone

  • Après avoir milité pour l’efficacité énergétique, les écologistes constatent qu’ils n’ont pas mis leur énergie au bon endroit en négligeant les matériaux, affirme Emmanuel Cosgrove, directeur général d’Écohabitation. L’impact carbone de sa maison de campagne a été considéré dès sa conception.

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

    Après avoir milité pour l’efficacité énergétique, les écologistes constatent qu’ils n’ont pas mis leur énergie au bon endroit en négligeant les matériaux, affirme Emmanuel Cosgrove, directeur général d’Écohabitation. L’impact carbone de sa maison de campagne a été considéré dès sa conception.

  • L’utilisation du béton a été réduite au maximum. Il n’y a pas de sous-sol. « Les outils d’analyse de cycle de vie révèlent que dans le cas d’une maison unifamiliale, les gaz à effet de serre émis en fabriquant le béton pour la fondation sont aussi importants que les émissions de carbone, sur 60 ans, du chauffage, de la climatisation et de l’éclairage », indique M. Cosgrove. La dalle de béton sert de plancher. Celui-ci est chauffé à l’air.

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    L’utilisation du béton a été réduite au maximum. Il n’y a pas de sous-sol. « Les outils d’analyse de cycle de vie révèlent que dans le cas d’une maison unifamiliale, les gaz à effet de serre émis en fabriquant le béton pour la fondation sont aussi importants que les émissions de carbone, sur 60 ans, du chauffage, de la climatisation et de l’éclairage », indique M. Cosgrove. La dalle de béton sert de plancher. Celui-ci est chauffé à l’air.

  • L’utilisation du bois à l’intérieur est songée. « La révolution dans le bâtiment se fera par les matériaux biosourcés, précise Emmanuel Cosgrove. Le bois a emmagasiné du carbone dans l’atmosphère et l’emprisonne pendant la durée de vie de la maison. »

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    L’utilisation du bois à l’intérieur est songée. « La révolution dans le bâtiment se fera par les matériaux biosourcés, précise Emmanuel Cosgrove. Le bois a emmagasiné du carbone dans l’atmosphère et l’emprisonne pendant la durée de vie de la maison. »

  • Le linoléum de marque Marmoleum, qui est très résistant et recouvre le plancher à l’étage, est un autre matériau biosourcé, puisqu’il est à base de jute, d’huile de lin et de farine de bois. « Le liège, le chanvre, la cellulose et le carton sont d’autres matériaux d’origine végétale, qui ont emmagasiné du carbone », précise M. Cosgrove. 

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    Le linoléum de marque Marmoleum, qui est très résistant et recouvre le plancher à l’étage, est un autre matériau biosourcé, puisqu’il est à base de jute, d’huile de lin et de farine de bois. « Le liège, le chanvre, la cellulose et le carton sont d’autres matériaux d’origine végétale, qui ont emmagasiné du carbone », précise M. Cosgrove. 

  • La céramique utilisée dans la salle de bains est neutre en matière d’émission de composés organiques volatils (COV). Son coût environnemental est lié au chauffage des fours pour faire cuire le grès. « C’est calculé dans le bilan carbone », dit M. Cosgrove.

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    La céramique utilisée dans la salle de bains est neutre en matière d’émission de composés organiques volatils (COV). Son coût environnemental est lié au chauffage des fours pour faire cuire le grès. « C’est calculé dans le bilan carbone », dit M. Cosgrove.

  • Beaucoup d’attention a été accordée à l’isolation de la maison. L’espace entre le mur intérieur de bois et le mur extérieur de bois a été rempli de cellulose, fait de papier recyclé (encore du carbone emmagasiné). À noter : les murs ont 15 po (38 cm) d’épaisseur.

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    Beaucoup d’attention a été accordée à l’isolation de la maison. L’espace entre le mur intérieur de bois et le mur extérieur de bois a été rempli de cellulose, fait de papier recyclé (encore du carbone emmagasiné). À noter : les murs ont 15 po (38 cm) d’épaisseur.

  • Le revêtement de la maison est en cèdre. « C’est la nouvelle affaire, s’exclame Emmanuel Cosgrove. On utilise le bâtiment comme réserve de carbone. »

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    Le revêtement de la maison est en cèdre. « C’est la nouvelle affaire, s’exclame Emmanuel Cosgrove. On utilise le bâtiment comme réserve de carbone. »

  • Une toiture métallique est incluse dans le kit de la maison Eco-Habitat S1600, l’un des six modèles proposés par Écohabitation et fabriqué en usine par Bâtiment Préfab. Celui-ci coûte environ 160 000 $ (monté). Le coût total, avec la finition intérieure, revient à environ 390 000 $ (terrain en sus). Une toiture métallique remplace trois à quatre générations de bardeaux d’asphalte, fabriqués et enfouis toutes les 15 ans, précise Emmanuel Cosgrove.

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    Une toiture métallique est incluse dans le kit de la maison Eco-Habitat S1600, l’un des six modèles proposés par Écohabitation et fabriqué en usine par Bâtiment Préfab. Celui-ci coûte environ 160 000 $ (monté). Le coût total, avec la finition intérieure, revient à environ 390 000 $ (terrain en sus). Une toiture métallique remplace trois à quatre générations de bardeaux d’asphalte, fabriqués et enfouis toutes les 15 ans, précise Emmanuel Cosgrove.

  • Grâce au bois utilisé, une tonne de carbone a été émise pendant la construction, révèle le bilan carbone de la maison terminé en janvier. C’est 30 fois moins qu’une maison de deux niveaux avec sous-sol construite avec des matériaux typiques (brique, gypse, bardeaux d’asphalte, etc.).

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    Grâce au bois utilisé, une tonne de carbone a été émise pendant la construction, révèle le bilan carbone de la maison terminé en janvier. C’est 30 fois moins qu’une maison de deux niveaux avec sous-sol construite avec des matériaux typiques (brique, gypse, bardeaux d’asphalte, etc.).

  • L’impact cumulatif des émissions de gaz à effet de serre sur 60 ans s’élève quant à lui à 10,6 tonnes. Or, celui d’une maison standard similaire est équivalent à 61 tonnes de CO2. Pour compenser son empreinte et obtenir la certification Neutre en carbone, crédits délivrés par Planetair, Emmanuel Cosgrove versera une compensation d’environ 28 $ la tonne. « L’idée est de réduire à la source et non de payer un montant élevé pour se donner bonne conscience », dit l’écologiste.

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    L’impact cumulatif des émissions de gaz à effet de serre sur 60 ans s’élève quant à lui à 10,6 tonnes. Or, celui d’une maison standard similaire est équivalent à 61 tonnes de CO2. Pour compenser son empreinte et obtenir la certification Neutre en carbone, crédits délivrés par Planetair, Emmanuel Cosgrove versera une compensation d’environ 28 $ la tonne. « L’idée est de réduire à la source et non de payer un montant élevé pour se donner bonne conscience », dit l’écologiste.

  • La maison de campagne se trouve loin de la ville. Les concepteurs y ont pensé. Il y a évidemment une borne de recharge pour ravitailler le véhicule électrique du propriétaire.

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    La maison de campagne se trouve loin de la ville. Les concepteurs y ont pensé. Il y a évidemment une borne de recharge pour ravitailler le véhicule électrique du propriétaire.

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Une maison saine

  • La maison de 1924 pi2 est plus petite qu’une habitation moyenne de trois chambres, fait remarquer Emmanuel Cosgrove. L’aire ouverte de grande dimension qui est au cœur de la demeure assure une bonne circulation d’air. « Surtout, une belle hauteur, ça contribue au bien-être », dit-il.

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    La maison de 1924 pi2 est plus petite qu’une habitation moyenne de trois chambres, fait remarquer Emmanuel Cosgrove. L’aire ouverte de grande dimension qui est au cœur de la demeure assure une bonne circulation d’air. « Surtout, une belle hauteur, ça contribue au bien-être », dit-il.

  • La maison est pourvue d’un système VRE (ventilateur récupérateur d’énergie), qui gère le taux d’humidité et assure le même taux d’oxygénation dans toutes les pièces. « C’est nécessaire dans une maison scellée comme celle-ci, pour des raisons d’efficacité énergétique, explique Emmanuel Cosgrove. Pour une certification Novoclimat ou LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), la calibration est effectuée par un tiers parti. »

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    La maison est pourvue d’un système VRE (ventilateur récupérateur d’énergie), qui gère le taux d’humidité et assure le même taux d’oxygénation dans toutes les pièces. « C’est nécessaire dans une maison scellée comme celle-ci, pour des raisons d’efficacité énergétique, explique Emmanuel Cosgrove. Pour une certification Novoclimat ou LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), la calibration est effectuée par un tiers parti. »

  • Une bonne hotte, qui va aspirer les particules fines émises pendant la cuisson sans tirer trop d’air et dépressuriser la maison, est importante, fait remarquer Emmanuel Cosgrove. « La plupart des polluants d’une maison proviennent de la cuisinière », précise-t-il.

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    Une bonne hotte, qui va aspirer les particules fines émises pendant la cuisson sans tirer trop d’air et dépressuriser la maison, est importante, fait remarquer Emmanuel Cosgrove. « La plupart des polluants d’une maison proviennent de la cuisinière », précise-t-il.

  • Les plans de travail de la cuisine et le dosseret sont en pierre sintérisée de marque Dekton, un matériau très résistant qui n’émet pas de composés organiques volatils (COV) et ne transfère pas de polluants aux aliments, puisqu’aucune colle n’entre dans sa composition, explique M. Cosgrove.

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    Les plans de travail de la cuisine et le dosseret sont en pierre sintérisée de marque Dekton, un matériau très résistant qui n’émet pas de composés organiques volatils (COV) et ne transfère pas de polluants aux aliments, puisqu’aucune colle n’entre dans sa composition, explique M. Cosgrove.

  • Les caissons et les portes d’armoires sont faits d’un contreplaqué dont les colles ne comportent pas de formaldéhyde. Les portes sont protégées par une mince couche de stratifié de marque Formica. « C’est un composite avec un impact environnemental similaire à celui d’un vernis ou d’une peinture, mais il est très résistant et peut encaisser les coups, précise M. Cosgrove. L’idée, c’est que la maison soit pareille dans 60 ans et ne se dégrade pas. »

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    Les caissons et les portes d’armoires sont faits d’un contreplaqué dont les colles ne comportent pas de formaldéhyde. Les portes sont protégées par une mince couche de stratifié de marque Formica. « C’est un composite avec un impact environnemental similaire à celui d’un vernis ou d’une peinture, mais il est très résistant et peut encaisser les coups, précise M. Cosgrove. L’idée, c’est que la maison soit pareille dans 60 ans et ne se dégrade pas. »

  • Les murs sont couverts de contreplaqué, le même utilisé pour fabriquer les armoires. Du tremble a été employé et de l’érable a été plaqué en surface. Le bois provient d’une forêt certifiée FSC.

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    Les murs sont couverts de contreplaqué, le même utilisé pour fabriquer les armoires. Du tremble a été employé et de l’érable a été plaqué en surface. Le bois provient d’une forêt certifiée FSC.

  • Il n’y a aucun gypse. Les plafonds sont couverts de lattes d’épinette, couvertes d’un lavis qui leur donne un aspect blanchâtre. La fabrication de planches d’épinette nécessite moins d’énergie que la transformation des feuillus. Installer de l’épinette partout aurait toutefois donné un aspect chalet à la maison, explique M. Cosgrove. En conjuguant les planches des conifères avec du contreplaqué, le style est plus contemporain.

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    Il n’y a aucun gypse. Les plafonds sont couverts de lattes d’épinette, couvertes d’un lavis qui leur donne un aspect blanchâtre. La fabrication de planches d’épinette nécessite moins d’énergie que la transformation des feuillus. Installer de l’épinette partout aurait toutefois donné un aspect chalet à la maison, explique M. Cosgrove. En conjuguant les planches des conifères avec du contreplaqué, le style est plus contemporain.

  • Le foyer à combustion lente, dans le salon, est un compromis. « D’habitude, je ne mets pas de combustion, avoue Emmanuel Cosgrove, qui montre l’espace de rangement qui longe l’escalier. Mais j’ai bûché pas mal pour faire la clairière et j’ai du bois de chauffage pour trois, quatre ans. L’appareil, un nouveau modèle, émet très peu de particules fines. Une maison irréprochable n’en aurait pas, mais on est en pleine campagne. Cela valorise les pauvres arbres qu’on a dû sacrifier. »

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    Le foyer à combustion lente, dans le salon, est un compromis. « D’habitude, je ne mets pas de combustion, avoue Emmanuel Cosgrove, qui montre l’espace de rangement qui longe l’escalier. Mais j’ai bûché pas mal pour faire la clairière et j’ai du bois de chauffage pour trois, quatre ans. L’appareil, un nouveau modèle, émet très peu de particules fines. Une maison irréprochable n’en aurait pas, mais on est en pleine campagne. Cela valorise les pauvres arbres qu’on a dû sacrifier. »

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Une maison à haute efficacité énergétique

  • La maison a été orientée vers le sud pour profiter de la chaleur du soleil et réduire le besoin de la chauffer. Les brise-soleil horizontaux en bois au-dessus des fenêtres minimiseront la surchauffe l’été et augmenteront alors le confort à l’intérieur. Le besoin d’avoir recours à la climatisation sera réduit.

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    La maison a été orientée vers le sud pour profiter de la chaleur du soleil et réduire le besoin de la chauffer. Les brise-soleil horizontaux en bois au-dessus des fenêtres minimiseront la surchauffe l’été et augmenteront alors le confort à l’intérieur. Le besoin d’avoir recours à la climatisation sera réduit.

  • L’intérieur est lumineux, fait remarquer l’architecte Alexandre Guilbeault, de l’agence Para-Sol, qui a conçu la maison avec son associé, David Giraldeau. « L’éclairage naturel est maximisé dans le salon et la cuisine, où les occupants vivent, explique-t-il. C’est l’espace où il y a le plus de fenêtres. Il y a une connexion forte avec la nature. » Les fenêtres sont à triple vitrage.

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    L’intérieur est lumineux, fait remarquer l’architecte Alexandre Guilbeault, de l’agence Para-Sol, qui a conçu la maison avec son associé, David Giraldeau. « L’éclairage naturel est maximisé dans le salon et la cuisine, où les occupants vivent, explique-t-il. C’est l’espace où il y a le plus de fenêtres. Il y a une connexion forte avec la nature. » Les fenêtres sont à triple vitrage.

  • La thermopompe murale, choisie pour son excellent rendement énergétique, produit de la chaleur jusqu’à -25°C. Grâce à l’aire ouverte, le petit appareil contribue au chauffage et à la climatisation de la maison en entier.

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    La thermopompe murale, choisie pour son excellent rendement énergétique, produit de la chaleur jusqu’à -25°C. Grâce à l’aire ouverte, le petit appareil contribue au chauffage et à la climatisation de la maison en entier.

  • L’ossature de l’habitation est double et très bien isolée, indique Alexandre Guilbeault. « L’architecture est sobre et minimaliste, dit-il. L’accent a été mis sur la performance des matériaux. La maison est quand même esthétique. Cela a permis de mettre du bois à bien des endroits. La double hauteur permet de percevoir la maison comme étant plus grande qu’elle ne l’est. »

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    L’ossature de l’habitation est double et très bien isolée, indique Alexandre Guilbeault. « L’architecture est sobre et minimaliste, dit-il. L’accent a été mis sur la performance des matériaux. La maison est quand même esthétique. Cela a permis de mettre du bois à bien des endroits. La double hauteur permet de percevoir la maison comme étant plus grande qu’elle ne l’est. »

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