(Prévost) Conçue comme un observatoire confortable au cœur de la nature, la maison de Gilles Robitaille s’imprègne complètement du paysage grâce à un aménagement sous forme de modules. Ce lieu pensé et façonné par le propriétaire, aidé de son fils, assure sérénité et ressourcement au quotidien.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Collaboration spéciale

Cette terre, Gilles Robitaille la connaît depuis sa plus tendre enfance. Son grand-père l’a achetée dans les années 30 et elle est restée dans la famille. « Quand j’en ai hérité, j’ai décidé de vendre ma maison de Mont-Royal et de venir construire ici. Prévost ne se trouve qu’à une quarantaine de minutes de Montréal, mais on est en pleine nature », raconte M. Robitaille, qui a pris quelques années sabbatiques pour réaliser son projet. « J’ai toujours eu envie de le faire, mais les années passaient et je n’avais pas le temps pour ça. Quand je me suis décidé, je me suis impliqué à tous les niveaux, aidé de mon fils Pierre et soutenu tout au long du projet par ma conjointe Louise. On a mis environ trois ans ; il reste encore le sous-sol à terminer », poursuit-il.

L’espace principal où se trouvent les zones cuisine, salon, salle à manger, la salle de bains et la chambre est organisé sur un seul niveau. C’est un ensemble de blocs centraux encadrés de part et d’autre d’un couloir vitré du sol au plafond. Ces modules donnent un sentiment de liberté, quel que soit l’endroit où l’on est, car les pièces n’ont que trois murs, y compris la chambre et la salle de bains. Seul le cabinet d’aisance est cloisonné au complet.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

C’est dans cette grange au cachet ancien que l’entrepreneur a établi son atelier. Elle pourrait facilement être reconvertie en maison d’amis.

Beauté sans fard

L’entrepreneur a préféré limiter la variété de matériaux dedans comme dehors.

Les murs sont en vitre et je voulais un minimum d’entretien ; ce sont donc des bardeaux d’ardoise à l’extérieur. J’avais besoin de poutres avec une grande portée, ce qui se trouvait difficilement au Québec ; elles viennent de Colombie-Britannique et sont en pin Douglas.

Gilles Robitaille

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

L’entrée souligne d’emblée l’effet de continuité que souhaitait le propriétaire en optant pour des petites planches d’épinette sur les murs et les plafonds, rythmées par des poutres de pin Douglas. Le plancher chauffant en béton poli magnifie la beauté du bois dans toute la maison.

« Aussi, je ne voulais pas que le toit soit trop épais, alors je l’ai fait en Mill Floor, un tablier composé de madriers cloués les uns sur les autres verticalement. Ça donne une structure très rigide et qui résiste bien au feu », explique-t-il.

À l’intérieur, le bois sous forme de poutres et de planches de différentes largeurs procure une ambiance enveloppante et rassurante dans cet environnement entièrement vitré. Le propriétaire précise que le travail des proportions favorise également ce sentiment de chaleur : « Les espaces sont semi-ouverts et tout est rectangulaire dans la maison, ce qui fait qu’on ne se sent pas perdu ; c’est un point très important. »

L’acier et le béton poli complètent la liste des matériaux dans la résidence, dont l’intérieur dépouillé contribue à créer une atmosphère paisible. Seules les flammes du foyer au bois, qui sert de système de chauffage, viennent réveiller l’espace. « J’aime beaucoup l’architecture ecclésiastique et je me suis inspiré de ça. Ça donne une forme de sérénité ; la transparence est importante aussi, car elle laisse entrer complètement la nature et nous permet de vivre les saisons. Quand il y a une tempête, on voit les éclairs ou la neige tout en étant à l’abri bien au chaud ; on vit tout ce qui se passe dehors », dit ce propriétaire animé par le bonheur d’une vie simple, au cœur du bois.

Consultez le site de la Maison rectangle : https://www.rectangleg.com/