Rosettes délicates, somptueux plancher de marqueterie et autres merveilles artisanales caractérisent certaines propriétés ancestrales. Séduits par ces ornements de qualité, deux promoteurs associés ont proposé à un peintre de renommée internationale de collaborer avec eux pour créer un projet d’un nouveau genre démontrant l’union qui existe entre l’art et l’architecture.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Collaboration spéciale

Spécialisée dans les « flips » de luxe, l’entreprise Dorem Leanor apporte un souffle novateur aux bâtiments anciens tout en respectant leurs richesses patrimoniales. « Sur certains immeubles, il y a des corniches, des rosettes, des décorations qui sont vraiment de l’art, mais elles sont sous-estimées », remarque Michael Courrier, cofondateur de Dorem Leanor. 

Dans les maisons anciennes qu’il achète avec son associé Luc Latreille à Outremont et sur le Plateau, il découvre souvent de beaux détails sur les plafonds, les planchers. 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les matières authentiques comme le marbre et le cuir contribuent à la noblesse de ce lieu métissé grâce au mariage d’éléments contemporains et anciens, comme le plancher de marqueterie refait à l’identique par Planchers Monticello. Des portes françaises revisitées ouvrent sur l’agrandissement.

« On se rend compte que ça coûterait une fortune de refaire ça et, aussi, que peu de gens seraient en mesure de le réaliser. C’est là qu’on prend conscience à quel point il y a de l’art dans l’architecture », explique Michael Courrier, cofondateur de Dorem Leanor.

« Quand j’ai acheté cette maison du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, poursuit-il, je me suis dit qu’il fallait que j’engage des gens qui allaient refaire à l’identique avec de beaux matériaux. Par exemple, la hotte de cuisine a été conçue par un artisan comme une œuvre d’art. Je suis content et très fier de ce type d’élément. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Le peintre RIO et la designer Mylène Sarrazin sont entourés du promoteur Michael Courrier (en chemise blanche) et de son associé Luc Latreille, de Dorem Leanor. La chevelure de la femme représentée sur la toile Légende fait écho aux courbes de l’architecture d’origine de l’escalier.

C’est de là qu’est née l’idée de Dorem Leanor de créer un partenariat avec un artiste-peintre, afin de montrer à quel point l’art et l’architecture se ressemblent. « Souvent, les gens pensent que l’architecture est juste une partie de la construction, qu’une toile, c’est de l’art, alors que dans l’immobilier, les architectes sont des artistes aussi », croit-il.

Home staging et art haut de gamme

Michael Courrier explique que dans le processus de vente, le home staging sert à montrer la maison belle et habitable pour un acheteur : « Dans ce processus-là, on inclut d’habitude des miroirs et des toiles que l’on achète ou loue sans y porter une grande attention. Si j’ai pris soin d’intégrer de l’art dans l’architecture de la maison, pourquoi ne pas le faire pour le staging aussi ? »

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Le plafond vitré de l’agrandissement réalisé à partir d’imposantes structures de bois est modernisé par l’omniprésence du blanc. Baigné de lumière naturelle, cet espace très chaleureux équipé d’un poêle peu encombrant est propice à la détente et à la contemplation.

Son réflexe a été de voir si des artistes québécois voulaient contribuer au design de la maison, et le premier sur sa liste a répondu affirmativement. De là est née la collaboration avec RIO, étoile montante du Québec, peintre connu dans le monde entier. 

Il [Michael Courrier] m’avait contacté parce que mes œuvres d’art cadraient bien avec le projet qu’il avait. On s’est rencontrés et ç’a été un coup de foudre professionnel. Je trouvais que ses projets étaient haut de gamme, mais on allait chercher une âme, ce qui est très important pour moi.

Sébastien Riopel (RIO)

Charmé par la maison, l’artiste a façonné son projet en fonction des teintes, des textures et des ambiances choisies pour créer un fil conducteur, une symbiose entre les tableaux et l’intérieur, mais sans corrompre sa signature. « Dans mes œuvres, je ne peins pas les yeux, pour dépersonnaliser le sujet de façon à ce que chaque individu qui s’installe dans la pièce puisse donner une âme à la toile et à l’espace. Aussi, j’ai utilisé de la poussière récupérée pendant les rénovations pour la mélanger avec mes médiums. Cet ajout crée une appartenance à la maison », détaille le peintre, qui peut aussi intégrer des éléments rétro, comme les pages de vieilles encyclopédies, à ses toiles. 

D’ailleurs, quatre tableaux seront exposés lors de la visite libre du dimanche 8 septembre. « Nous avons acheté la toile principale, celle du salon, et nous l’offrirons aux acquéreurs de la maison. On aimerait poursuivre ce même principe pour d’autres propriétés. L’idée est de créer un concept ensemble et d’associer chaque endroit à l’artiste. Comme la chapelle Sixtine est associée à Léonard de Vinci ! Cette approche de s’inspirer, d’utiliser du vieux pour faire du beau et de redonner du lustre à l’ancien nous rejoint, RIO et moi », dit le promoteur, qui espère en inspirer d’autres à suivre cette voie.

Consultez le site de Dorem Leanor : https://www.doremleanor.com/

Consultez le site de RIO : https://www.rioartiste.com/