Présentes en Europe depuis plusieurs années, les cloisons de verre et d’acier gagnent rapidement du terrain ici, principalement dans les maisons urbaines où l’on souhaite maximiser la lumière.

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Il y a environ deux ans, Patrice Millette, de Kempas, a reçu sa première commande pour une cloison de verre. Depuis, la demande n’a cessé de croître. L’entrepreneur en rénovation intérieure songe maintenant à s’y consacrer à temps plein. « Je suis un peu débordé. Il y a beaucoup de gens qui en veulent pour séparer deux pièces ou pour des douches, dit-il. Il y a clairement une tendance. »

À l’ère de l’aire ouverte, la verrière intérieure permet de délimiter l’espace sans se priver de lumière. « On est beaucoup dans les décors minimalistes. On veut avoir de beaux éléments architecturaux pour définir les aires de vie sans les cloisonner », souligne Laurie Pinard, de Projet Acier Montréal, une entreprise qui conçoit et fabrique des verrières, et dont elle est copropriétaire avec son conjoint, le soudeur Mathieu Girard.

Si la cloison de verre est fonctionnelle, on la choisit aussi, et parfois même uniquement, pour ajouter du caractère au décor. « Elle apporte beaucoup de cachet et crée un point focal qui ne passe jamais inaperçu. Elle devient un élément architectural en soi », indique la designer d’intérieur. Et cet élément a l’avantage de se marier à différents styles et matériaux, tant classiques que contemporains, ce qui n’est peut-être pas étranger au fait que les utilisateurs de Pinterest et d’Instagram se prennent d’affection pour elle.

Délicate, mais pas fragile

Délicate en apparence, elle n’en est pas moins robuste et durable. Un verre trempé ajoute à sa solidité, comme la peinture cuite (powder coating) qui donne un fini très résistant. « À la limite, indique Patrice Millette, ça peut remplacer un mur porteur. » La structure d’acier est alors ajustée en conséquence en collaboration avec un architecte ou un ingénieur en bâtiment.

Un tel produit fabriqué sur mesure avec des matériaux de qualité n’est cependant pas donné, d’autant plus qu’on trouve peu de fournisseurs ou de fabricants au Québec. Pour une porte coulissante de 9 pi x 12 pi en acier et verre trempé, on peut facilement s’attendre à débourser entre 6000 $ et 8000 $.

Les prix fluctuent selon la complexité de chaque projet : le fait qu’il y ait ou non des portes, le système de fermeture choisi (coulissant ou sur penture) ou le nombre de carreaux. Chaque création, fait valoir Patrice Millette, est unique et élaborée en fonction des besoins et des goûts de chaque client. « Tout est soudé et poli à la main, explique-t-il. Ça implique beaucoup d’heures de façonnage et de polissage. »

Étant donné l’engouement que connaissent les verrières d’intérieur, les deux fournisseurs s’attendent à ce que des versions usinées voient le jour à prix plus bas. « Mais le sur-mesure, conclut Laurie Pinard, sera toujours présent pour ceux qui souhaitent quelque chose de bien fait qui est adapté à leur environnement. »