Vous faites partie des gens qui n’ont pas de climatiseur ? Vous avez sûrement développé des trucs pour refroidir votre maison lorsque le mercure grimpe. Mais qu’est-ce qui fonctionne vraiment ? Voici ce qu’il faut faire (et ne pas faire) pour rafraîchir sa maison cet été.

Ouvrir les fenêtres la nuit et les fermer le jour

« Même en période de canicule, on ouvre la nuit et on ferme le jour. Il y a toujours un abaissement de température la nuit », explique Emmanuel Cosgrove, directeur général d’Écohabitation. Et durant la journée, on ferme aussi les rideaux ou les stores.

On veut aérer plus tôt en soirée ? On regarde la différence entre la température intérieure et la température extérieure – et même l’humidité, conseille Joanna Eyquem, directrice générale, infrastructures résilientes au climat, du Centre Intact d’adaptation au climat.

Si on a une maison à étages, on profite de l’effet de cheminée. « On ouvre une fenêtre au rez-de-chaussée et une fenêtre à l’étage, explique Emmanuel Cosgrove. Ça doit communiquer sans porte fermée et il y aura un effet d’aspiration. » Si notre chez-soi n’a qu’un niveau, on essaie de créer un courant d’air en ouvrant des fenêtres sur différents côtés.

Mais attention : on ne devrait pas ouvrir les fenêtres du sous-sol. L’humidité risque d’entrer et de se refroidir sur les murs, ce qui peut créer de la moisissure, met en garde le directeur général d’Écohabitation.

Utiliser un ventilateur

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Le ventilateur donne une sensation de fraîcheur.

Une solution simple et bon marché, « c’est le ventilateur, soit au plafond ou sur pied », indique Emmanuel Cosgrove. Le ventilateur ne refroidit pas nécessairement l’intérieur, mais donne plutôt une sensation de fraîcheur. Si on a un ventilateur de plafond, on s’assure qu’il tourne dans le bon sens, l’air doit être poussé vers le sol.

Il y a un bémol par contre. « Au-dessus de 33 degrés, ça n’a pas un bon effet, comme l’air est tellement chaud », tempère Joanna Eyquem. La ventilation de l’air chaud peut entraver l’évaporation de la sueur – ce qu’il faut éviter.

Un bol de glace ou un drap humide

Vous avez peut-être vu cette astuce en ligne : mettre un bol de glace devant un ventilateur ou un drap humide devant une fenêtre pour obtenir une brise plus froide. À condition que le facteur humidex ne soit pas déjà à son comble, ce truc peut fonctionner.

« L’humidité avec un courant d’air frais peut donner une sensation de plus grande fraîcheur », dit Emmanuel Cosgrove. Le principe lui fait d’ailleurs penser aux badguirs, des tours « attrape-vent » de l’architecture perse. Ces tours sont souvent couplées à un bassin d’eau à leur base, ce qui permet un refroidissement supplémentaire des intérieurs.

Planter du vert

Les arbres qui empêchent le soleil de taper directement sur les fenêtres ont un grand impact, souligne Joanna Eyquem. « Même sur les balcons, on peut créer plus d’ombrage avec des plantes », dit-elle.

On peut aussi se tourner vers les arbustes et les plantes grimpantes, qui mettent moins de temps à prendre de l’expansion. « C’est sûr que la brique va nous irradier de la chaleur toute la nuit. Mais si on met des plantes comme des lierres, ou de la vigne, la température va être abaissée par l’évapotranspiration des plantes », illustre Emmanuel Cosgrove.

Les plantes intérieures peuvent-elles avoir un effet sur la chaleur ? Si elles agissent comme des stores et empêchent le soleil de taper au sol grâce à leur feuillage, elles peuvent aider à contrôler la température. Mais elles peuvent aussi générer de l’humidité supplémentaire et contribuer à notre sensation de surchauffe, soulève le directeur d’Écohabitation.

Pour aller plus loin…

On devrait prévoir la gestion de la chaleur dans nos maisons, estime Joanna Eyquem, notamment si on songe à faire des rénovations. Ça peut passer par exemple par des dispositifs d’ombrage (volets, auvents, stores), par une meilleure isolation ou bien par des fenêtres qui réduisent l’absorption de la chaleur.

« En période de canicule, il y a beaucoup d’habitudes qu’on peut adopter pour tenter de se passer d’un climatiseur. Mais on n’est plus d’avis que le climatiseur est un luxe non nécessaire, affirme pour sa part Emmanuel Cosgrove. Surtout en milieu urbain, quand on est pris avec des îlots de chaleur. » Si on doit choisir parmi les climatiseurs, le directeur d’Écohabitation privilégie l’achat d’une thermopompe. « Ça compense de loin sa consommation d’énergie l’été par des économies de chauffage l’hiver », note-t-il.