La maison rêvée, celle dénichée non loin du village de Lac-Brome, dans les Cantons-de-l’Est, avait les volumes, un extérieur invitant et un terrain qui cochaient toutes les cases. À l’intérieur, elle manquait toutefois de cette cohésion qui fait qu’on s’y sent chez soi. Arrimer l’intérieur à l’extérieur est la mission confiée à l’équipe de conception et de réalisation d’aménagements intérieurs La Nony Famili, qui en a fait un havre à ne plus quitter.

De retour d’Europe après plus de 25 années passées à l’étranger, c’est dans sa région natale que la future propriétaire*, native de Sherbrooke, souhaitait s’ancrer. Le plan initial, concocté avec son conjoint britannique, était de dénicher un terrain à la campagne où construire le nid idéalisé. En faisant des recherches, le couple est tombé par hasard sur une maison située en retrait du village de Lac-Brome, qui l’a fait dévier de son objectif.

Située sur un terrain boisé de trois acres, d’où les voisins sont imperceptibles, la demeure affichait les lignes mid-century et un style japandi qui plaisait à la cliente, « tombée en amour sur-le-champ avec la maison » ou plutôt avec son potentiel, comme elle le découvrira quelques minutes plus tard en ouvrant la porte sur un univers complètement différent.

« Ce n’était pas dans mes goûts », dit-elle poliment, comme d’un plat qui nous fait horreur et qu’on cherche à décliner sans offusquer le cuisinier. La cuisine et les salles de bain étaient à changer. Les murs, vêtus d’orange, de brun et de jaune foncés, criaient aussi à l’aide. « On s’est dit que ce n’était rien qu’un coup de pinceau ne pouvait corriger. » La maison présentait de beaux volumes, une ossature solide et une abondance de fenêtres. Il faudra cependant une intervention musclée pour lui donner son énergie actuelle.

Confier les clés aux spécialistes

  • Le téléviseur est exclu du salon principal. On lui a plutôt consacré une salle dans laquelle s’est glissé un canapé douillet en velours.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    Le téléviseur est exclu du salon principal. On lui a plutôt consacré une salle dans laquelle s’est glissé un canapé douillet en velours.

  • De l’îlot « aux formes bizarres », les concepteurs ont aussi conservé ce qui était récupérable et comblé avec du nouveau.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    De l’îlot « aux formes bizarres », les concepteurs ont aussi conservé ce qui était récupérable et comblé avec du nouveau.

  • L’idée initiale était de remplacer le foyer en inox qui détonait sur un mur de tuiles brunes à joints contrastés. Il a trouvé sa place dans le décor quand on a remplacé le revêtement par des tuiles discrètes.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    L’idée initiale était de remplacer le foyer en inox qui détonait sur un mur de tuiles brunes à joints contrastés. Il a trouvé sa place dans le décor quand on a remplacé le revêtement par des tuiles discrètes.

  • Une bibliothèque habille le mur avec légèreté.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    Une bibliothèque habille le mur avec légèreté.

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« J’aime décorer, mais avec un emploi à temps plein, je ne me voyais pas refaire une maison au complet, indique l’acheteuse, qui a recruté La Nony Famili pour l’accompagner dans cette tâche. Je leur ai présenté un tableau d’« ambiance. Quand ils sont revenus avec les dessins, je me suis dit que j’aurais mis facilement un an à essayer d’arriver au même résultat. »

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Tous les caissons originaux ont été récupérés et restaurés avec de nouvelles surfaces confectionnées sur mesure, y compris les poignées. Une céramique monochrome recouvre le dosseret et les planchers et laisse toute la vedette à une nature verdoyante.

Son souhait était d’honorer le style de la maison, sans tomber dans la caricature avec un décor qui semble sorti tout droit d’un épisode de Mad Men. Les designers ont su cibler l’essence du style, en l’adaptant au goût du jour.

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La descente de plafond qui surplombe l’escalier a été habillée de lattes de bois qui accentuent le style japandi du décor et réchauffe la pierre de l’entrée, à l’instar des murs de chaux.

S’il est parfois plus facile de partir de zéro, l’approche écologique a été privilégiée. Hormis les salles de bain qui ont dû être refaites en entier, un maximum de composants a été conservé, y compris les moulures, les planchers, les caissons de cuisine, les électroménagers et la hotte cheminée, qui a simplement été habillée d’une enveloppe minimaliste plus adaptée au décor.

  • Des rideaux sur rails ont été privilégiés. Plus légers et discrets que des rideaux sur tringle, ils s’éclipsent pour faire place au paysage.

    PHOTO PAR ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    Des rideaux sur rails ont été privilégiés. Plus légers et discrets que des rideaux sur tringle, ils s’éclipsent pour faire place au paysage.

  • Le mobilier, en cerisier d’Amérique dans les pièces communes, est revêtu de noyer dans les chambres et le bureau où il contribue à créer une atmosphère enveloppante.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    Le mobilier, en cerisier d’Amérique dans les pièces communes, est revêtu de noyer dans les chambres et le bureau où il contribue à créer une atmosphère enveloppante.

  • De la salle de bains d’origine, où trônait un podium en céramique brune élégamment remplacée par un marbre, seuls la douche et l’emplacement de la tuyauterie ont été conservés.

    PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

    De la salle de bains d’origine, où trônait un podium en céramique brune élégamment remplacée par un marbre, seuls la douche et l’emplacement de la tuyauterie ont été conservés.

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Toucher du bois

« Ce qui est intéressant, c’est que c’était vraiment une bonne base, mais mal finie. L’intérieur avait besoin d’être ramené au même niveau que la coquille », note Aza Lussier, qui pilote La Nony Famili avec son conjoint, Fred Nony.

PHOTO MARTIN LAPORTE, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

Aza Lussier pilote La Nony Famili avec son conjoint Fred Nony

Pour alléger le décor et mettre en valeur les fenêtres, la stratégie a été de libérer les murs et de concentrer les textures, riches et enveloppantes, au centre du volume. Le mobilier a été ramené à l’essentiel, mais confectionné sur mesure par Gaïac ébénisterie, un artisan de Cowansville. En cerisier d’Amérique dans les aires communes et en noyer dans les chambres, il injecte une chaleur dans chaque pièce.

PHOTO ULYSSE LEMERISE BOUCHARD, FOURNIE PAR LA NONY FAMILI

Dans toutes les pièces, les rondeurs cohabitent avec les lignes nettes du mobilier et adoucissent le décor.

Les gens qui entrent dans la résidence McPherson font souvent la remarque qu’elle ressemble à ses occupants. Elle est raffinée, simple, accueillante. « C’est le plus beau compliment qu’on puisse nous faire, affirme Aza Lussier. Nous, ce qu’on veut, c’est que le décor ait l’air d’avoir été élaboré par nos clients. Il y a beaucoup de travail derrière tout ça, mais le but est que ça paraisse naturel et que le concept résiste au temps. »

Après avoir rénové complètement l’intérieur de la résidence, le couple a fait appel au même duo pour aménager l’extérieur et y ajouter une terrasse. « Ici, c’est chez nous, conclut l’occupante. À moins qu’on soit obligés de partir, je ne vois aucune raison de changer de maison. En bonne Québécoise, je touche du bois [ce qui ne manque pas dans la résidence McPherson]. On est comblés et on est ici pour de bon ! »

* Pour conserver son intimité, la propriétaire a préféré que son nom ne soit pas divulgué.

Consultez le site de La Nony Famili