On se retrouve bien souvent dépourvu face à un pépin du quotidien. Parfois, le problème est moins grave qu’en apparence ; il s’agit de pouvoir en déterminer correctement la source. Des ouvriers et des réparateurs ont accepté de livrer leurs secrets.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Les systèmes d’air conditionné et de chauffage électrique sont munis de filtres qui doivent être nettoyés régulièrement. La négligence peut se traduire par des dégâts pour le moins coûteux. « Moins on lave, plus la poussière s’accumule dans l’échangeur d’air. L’appareil perd ainsi beaucoup de son efficacité », nous apprend Daniel Sarrouf, copropriétaire de l’entreprise Air Satisfaction, spécialisée dans le nettoyage de thermopompes et de systèmes d’air conditionné.

« À terme, les unités d’air conditionné peuvent geler par manque d’aération, ce qui fait forcer l’appareil et entraîne une usure prématurée. On peut alors se retrouver avec des dégâts d’eau qui peuvent être majeurs. »

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

La majorité des appareils muraux disposent de filtres que l’on doit nettoyer régulièrement pour en préserver l’efficacité... et la durabilité.

Daniel Sarrouf et son frère Richard se rappellent un cas où les dommages dans une résidence cossue avaient dépassé les 150 000 $. Il faut donc s’assurer de garder les appareils propres. « Pour un système central, on retire le filtreur qui est généralement installé près de la fournaise, explique Daniel Sarrouf. Pour un système mural, la majorité des appareils disposent de deux filtreurs qui ressemblent à des moustiquaires et qui sont placés sous le couvercle de la machine. On lave le tout à l’eau tiède et au savon, idéalement tous les deux mois pendant l’été. »

Il faut aussi savoir que certains appareils vont s’encrasser plus rapidement si l’on habite dans un endroit où il y a beaucoup de poussière ou de pollen. Un appareil bien entretenu peut ainsi durer de 10 à 15 ans, mais il ne faut pas l’utiliser en hiver quand le mercure chute sous les -15° C, puisque les thermopompes ne sont pas conçues pour fonctionner à très basse température.

La thermopompe aussi

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Il est recommandé de nettoyer régulièrement le condenseur d’une thermopompe.

Justement, la thermopompe doit aussi être nettoyée, généralement deux fois par année. « S’il y a de la poussière qui s’accumule entre les ailettes du condenseur, ça affecte le refroidissement de l’appareil, soutient Daniel Sarrouf. C’est comme un radiateur de voiture : l’auto va continuer de fonctionner, mais il y a quelque chose qui va éventuellement sauter ; c’est pareil pour les thermopompes. »

Après avoir coupé l’alimentation de la thermopompe, on lave le condenseur à l’eau en faisant attention aux composantes électroniques et on laisse sécher une heure avant de remettre le courant.

Enfin, un entretien préventif de l’ensemble du système est fortement recommandé pour à la fois drainer le système d’évacuation et faire la vérification des différentes composantes. « Une cliente a vu sa consommation d’électricité monter de 500 $ par rapport à la même période l’année précédente — on s’est aperçu que son système chauffait et refroidissait en même temps !, indique Richard Sarrouf. C’était le séquenceur de la fournaise qui était défectueux, une pièce qui coûte 150 $. Le signal du thermostat n’arrivait pas à la fournaise, qui continuait de chauffer en même temps que la thermopompe soufflait de l’air froid. Elle avait négligé de faire vérifier ses appareils... »