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Une grande évasion prévisible?

Le centre de détention d'Orsainville a été le lieu... (PC)

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Le centre de détention d'Orsainville a été le lieu d'une évasion par hélicoptère, samedi soir.

PC

 

Myriam Ségal
Le Quotidien

Naïveté ou corruption du système carcéral? L'évasion de trois bandits de la prison d'Orsainville oblige la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, à se poser la question.

Ces dangereux individus accusés de plusieurs meurtres tenaient par la violence un prospère réseau de stupéfiants en Abitibi et dans le Nord. L'un d'eux pilotait des hélicoptères. En mars, on a trouvé dans la cellule du deuxième un plan de la prison et des batteries de cellulaire. Le troisième avait quand même accès à un ordinateur.

Malgré des indices et la gravité des accusations, ils n'avaient plus de code de sécurité, plus de menottes, de chaînes, et frayaient avec tous les autres détenus, bénéficiant même de gâteries. Ont-ils soudoyé ou menacé quelqu'un? En cas de menace, on les met au «trou», on ne cède pas... Cela coûtait-il simplement trop cher de les maintenir en surveillance maximale? Le budget remplace souvent le bon sens!

Malgré une première évasion par hélico il y a 15 mois, on n'a pas sécurisé les cours de prisons provinciales. Pourtant deux filins tendus au-dessus d'une cour coûtent bien moins cher qu'une traque policière à temps supplémentaire!

Vices de base

Les prisons provinciales hébergent trois types de détenus: ceux qui sont condamnés à moins de deux ans de prison, ceux qui purgent des peines de fin de semaine et les prévenus. Ces derniers, qui attendent leur procès, sont des bandits dangereux comme nos trois évadés ou de simples délinquants désorganisés qui ne respectent pas leurs conditions.

En laissant gros requins et menu fretin dans le même aquarium, on donne aux vrais gangsters des courroies de transmissions vers l'extérieur, vers des complices et des moyens.

Pourtant, le ministère sait qu'il ne doit pas mélanger les clientèles. Les tribunaux l'ont condamné il y a six ans à payer 75 000$ à la famille d'un détenu assassiné à la prison de Chicoutimi par un prévenu dangereux.

Le second problème, c'est qu'on attend leur procès depuis quatre ans. Quatre ans dans une prison à sécurité minimale, à se servir de la petite racaille qui va et vient comme commissionnaire. On ne peut tenir des hommes enchaînés durant si longtemps. Leurs mises en demeure ont ils attendri des «lologues» fervents de droits et libertés?

Ce temps passé à Orsainville leur sera crédité sur leur peine. Ainsi, plus la justice est lente, plus le provincial paie les coûts de détention de crapules qui méritent le pénitencier fédéral, à sécurité maximale. Les prévenus passibles de peines de dix ans et plus ne devraient-ils pas être automatiquement envoyés là? Ce système en silo des deux paliers de gouvernement n'est-il pas absurde? La ministre doit trouver des réponses sous peine de ridicule consommé...

Je suis une cruche!

Dans une envolée lyrique religieuse, lors d'une conférence sur son livre «Croire, ça change tout», le maire Jean Tremblay, qui manque parfois de charité chrétienne dans le choix de ses épithètes, a traité les journalistes athées de «cruches».

Cela se défend. Il croit en Dieu avec tant de ferveur, tant d'intensité que cela remplit sa vie et qu'il perçoit les incroyants comme des êtres vides de toute moralité ou droiture. Il supporte bien ceux qui croient en un autre Dieu que le sien. Mais ceux qui se contentent de douter l'horripilent et le déroutent.

Il a raison: la vie est plus simple quand tu sais ce qui t'attend après, quand tu n'as qu'à lire la bible, la torah ou le coran pour savoir comment te conduire, que penser, comment agir.

Moi, je ne sais pas. Je suis une cruche, et aucun flot de paroles vertueuses, aucun déversement de menaces d'apocalypse ou de promesses de paradis, aucun torrent de mots ésotériques gravés en langue morte sur des parchemins millénaires, ne comblent ma curiosité de comprendre la vie, ni mon souci d'harmoniser les bonheurs individuel et collectif.

Je doute, j'écoute, je cherche, je discute. Je suis une cruche insondable dans laquelle il y a toujours place pour un nouveau renseignement ou argument. Et cela me satisfait.

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