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Choc évitable

L'affrontement se dessine: les syndicats de la fonction... (Photothèque Le Soleil)

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L'affrontement se dessine: les syndicats de la fonction publique revendiquent 13,5% d' augmentation sur 3 ans, alors que le gouvernement veut réduire la masse salariale.

Photothèque Le Soleil

 

Myriam Ségal
Le Quotidien

L'affrontement se dessine: les syndicats de la fonction publique revendiquent 13,5% d' augmentation sur 3 ans, alors que le gouvernement veut réduire la masse salariale. Indécrottable optimiste, j'espère encore qu'on évite la collision frontale, chacun réalisant la situation dramatique de l'État, et cherchant une issue pour la société.

Les syndicats constituent eux-mêmes des entreprises qui veulent toujours plus de membres qui gagnent plus: les cotisations paient les permanents, les bureaux, les employés. S'ils abordent la négo avec l'idée fixe: «plus d'argent pour tous, pas touche aux acquis», cela finira par une loi spéciale. Et dans les conventions collectives bâclées par des lois spéciales, subsistent plein d'incohérences qui rendent le quotidien infernal et absurde.

J'espère encore qu'on réglera des aberrations qui nous minent. La dictature de l'ancienneté pénalise souvent les jeunes et...le client! Exemple: les Commissions scolaires gèrent en silo, obligeant un jeune prof qui change de région ou de Commission à repartir au bas de l'échelle, à prendre les pires assignations, et à enseigner n'importe quoi, alors que la passion d'une matière reste le meilleur transmetteur vers l'enfant.

Les hôpitaux paient du temps supplémentaire à la pelle, mais interdisent aux précaires de se rendre disponibles dans plusieurs institutions d'une même région.Chacun réduit ainsi sa liste de rappel et épuise son personnel.

Les amis du pouvoir

Les gouvernements ont toujours les deux mêmes réflexes, et celui-là ne fait pas exception jusqu'ici. Primo, on ne serre jamais la ceinture des amis du pouvoir. Deuxio, on coupe globalement le même pourcentage ou on gèle l'embauche partout, plutôt que de faire des choix précis, chirurgicaux, démêlant l'essentiel de l'accessoire.

Par exemple, les délégations du Québec à l'étranger. Sont elles-utiles? Oui. Essentielles? Pas toutes. Peut on loger le délégué ailleurs que dans un palace, cesser de lui fournir des domestiques comme s'il était le maître de Downton Abbey, qu'il exécute son job sans fla-flas, comme le brave voyageur de commerce qu'il devrait être?

La maison du délégué, celle qu'on paie en plus du bureau de la délégation, juste pour le loger personnellement, vaut$19 M à Londres, plus encore à Paris. Qui garderait un chalet cossu s'il n'arrive pas à payer son hypothèque de bungalow? Ni vous, ni moi. Mais le gouvernement du Québec, oui. Christine St-Pierre confirmait cette semaine que son ministère ne vendrait pas le manoir du délégué à Londres. Pourtant 19 millions récupérés, placés à 3%, donnent presque 600 000$ par an. Sans compter les frais d'entretien épargnés!

La Commission municipale, par exemple, remarquable planque à copains politiques, est-elle utile? Parfois. Essentielle? Non. Mais le gouvernement l'épargne toujours, trop embarrassé qu'il soit de replacer tous ces nominés politiques. Une goutte d'eau dans l'océan budgétaire, arguent-ils, mais c'est celle qui fait déborder le vase de notre cynisme!

Chirurgie

Quand un patient a une tumeur qui équivaut à 2% de son poids, on ne lui enlève pas 2% de tous ses organes; 2% des intestins, 2% des cheveux, 2% des seins, 2% du coeur. Ça le tuerait. Pourtant quand un gouvernement coupe, il sabre également tous les organismes. Ceux qui gèrent serré sont punis plus que ceux qui se gardent de la marge. On élague l'indispensable autant que le complémentaire. Les administrateurs locaux ne voient plus clair ou s'organisent pour que ça fasse mal, provoquant une révolte pour faire reculer le gouvernement.

Et puis, il y a de formidables pertes d'énergie: les administrations d'hôpitaux produisent 237 rapports chaque année pour la pieuvre ministérielle!

Si ce gouvernement est sincère, il nommera un commissaire aux coupes qui démêlera le crucial du superflu, pointera les jobs à supprimer ou à bonifier, quitte à ébranler quelques tours d'ivoire ou chasses gardées.

Cela changerait la dynamique de la négociation...et notre perception blasée.

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