Un porte-parole du bureau du premier ministre israélien a confirmé lundi la dissolution du cabinet de guerre, créé après l’attaque sans précédent du 7 octobre menée par le mouvement palestinien Hamas en Israël, après la démission la semaine dernière du centriste Benny Gantz.

Les médias israéliens avaient rapporté plus tôt lundi que le premier ministre Benyamin Nétanyahou avait annoncé la dissolution de ce groupe restreint lors d’une réunion du cabinet de sécurité dimanche.

David Mencer, un des porte-parole du bureau de M. Nétanyahou a confirmé la dissolution du cabinet de guerre, précisant que le cabinet de sécurité prendrait « les décisions sur les questions relatives à la guerre ».

« Le cabinet de guerre était une condition préalable à la création de ce gouvernement d’unité nationale […] Avec le départ de M. Gantz du gouvernement, le cabinet n’est plus nécessaire, ses fonctions seront reprises par le cabinet de sécurité », a déclaré M. Mencer lors d’un point de presse.

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

Le cabinet de sécurité, qui comprend neuf ministres en plus de M. Nétanyahou est maintenant le principal organe à prendre les décisions relatives à la guerre avec le Hamas.

Israël a mené lundi des frappes sur le nord de la bande de Gaza et des témoins ont fait état d’explosions dans le sud, mais la situation y est relativement plus calme depuis le début d’une pause humanitaire observée par l’armée dans un secteur du sud.

Cette pause, dont l’annonce a coïncidé dimanche avec le premier jour de la fête musulmane du sacrifice, a pour but de faciliter l’acheminement dans le territoire palestinien de l’aide humanitaire, dont les Gazaouis ont cruellement besoin après huit mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.

Dans un message aux musulmans pour l’Aïd al-Adha, le président américain Joe Biden a défendu dimanche un plan de cessez-le-feu, afin d’aider les victimes des « horreurs » de la guerre.

L’armée a annoncé une pause « de 8 h à 19 h (5 h à 12 h heure de l’Est) tous les jours et jusqu’à nouvel ordre », sur un tronçon routier d’une dizaine de kilomètres allant du point de passage israélien de Kerem Shalom, à l’extrémité sud de la bande de Gaza, jusqu’à l’Hôpital européen de Rafah, plus au nord.

IMAGE FOURNIE PAR L’ARMÉE ISRAÉLIENNE

Une carte montrant la route humanitaire qu’Israël entend observer

« Combats rapprochés »

L’armée a confirmé que la pause était toujours de mise lundi mais a ajouté poursuivre ses opérations notamment à Rafah, dans le sud, où elle a lancé une offensive terrestre contre le Hamas le 7 mai.

« Depuis le début des opérations dans le secteur de Rafah, des centaines de terroristes ont été éliminés, des centaines d’entrées de tunnels et environ 25 tunnels ont été localisés », a-t-elle affirmé.

Des chars ont tiré lundi sur des secteurs est et sud de Rafah, selon des responsables locaux. Des témoins ont fait état d’explosions dans la ville.

L’armée a également indiqué poursuivre ses opérations dans le centre de la bande de Gaza et être engagée dans des « combats rapprochés » avec des combattants palestiniens.

Dans la ville de Gaza, dans le nord, deux frappes aériennes ont fait cinq morts, selon des médecins.

Le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Basal, a indiqué à l’AFP que l’armée avait mené deux frappes nocturnes sur un appartement et une maison, faisant des morts « dont un enfant et un homme âgé ».

« Le reste de la bande de Gaza est relativement calme », a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas l’Aïd »

Dans le centre, une frappe aérienne a visé le camp de Boureij, selon des habitants.

« On n’est pas dans un état d’esprit de l’Aïd, l’Aïd c’est quand on retournera chez nous, quand la guerre prendra fin. Quand chaque jour il y a un martyr, ce n’est pas l’Aïd », a témoigné Amer Ajour, un déplacé dans la ville de Deir el-Balah.

La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d’Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes enlevées, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l’armée.

Un haut responsable israélien impliqué dans les négociations pour leur libération a déclaré lundi à l’AFP qu’Israël savait avec certitude que plusieurs « dizaines » d’otages étaient en vie.

« Nous ne pouvons pas les laisser là-bas longtemps, ils vont mourir », a-t-il ajouté.

Une manifestation a rassemblé des milliers de personnes lundi à Jérusalem, pour réclamer des élections anticipées en Israël et protester contre l’échec du gouvernement à négocier la libération des otages.

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Des gens brandissent des drapeaux et des affiches ont manifesté pour réclamer des élections anticipées devant le Parlement israélien à Jérusalem, le 17 juin.

En représailles à l’attaque, l’armée israélienne a lancé une offensive sur la bande de Gaza qui a fait 37 347 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.

Besoin de « mesures concrètes »

La pause observée localement a pour but « de permettre à l’ONU de collecter et distribuer plus d’aide », a déclaré lundi à Kerem Shalom un porte-parole des autorités israéliennes, Shimon Freedman.

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Un camion transportant de l’aide destinée à être livrée à Gaza traverse le terminal de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, le 17 juin.

L’ONU a salué l’annonce israélienne mais demandé que cette pause « conduise à d’autres mesures concrètes » pour faciliter les livraisons, et réclamé une nouvelle fois la levée « de tous les obstacles » à l’acheminement de l’aide.

Kerem Shalom est devenu l’unique point de passage pour l’aide humanitaire dans le sud de la bande de Gaza depuis que l’armée a lancé son offensive sur Rafah, frontalière avec l’Égypte, et pris le contrôle du poste-frontière.