(Erbil) Les pompiers au Kurdistan d’Irak ont réussi jeudi à maîtriser un incendie qui s’est propagé à des réservoirs renfermant des tonnes de carburant dans des raffineries, blessant 14 d’entre eux dont certains dans un état critique.

L’incendie, dont la cause reste pour l’heure inconnue, est parti mercredi soir d’un « important réservoir de pétrole brut », avant de gagner une seconde raffinerie voisine sur une route au sud-ouest d’Erbil, capitale du Kurdistan autonome (nord), selon la défense civile.

En pleine nuit, les pompiers mobilisés ont tenté d’éteindre les flammes qui ont provoqué d’immenses volutes de fumée noire.

Vingt heures plus tard, « l’incendie a été maîtrisé à 100 % et il n’y a plus de danger pour les raffineries environnantes », a annoncé en conférence de presse le porte-parole de la Défense civile à Erbil, Chakhouan Saïd, ajoutant que l’intervention avait mobilisé 150 pompiers.

Il a précisé que 14 d’entre eux avaient été blessés, dont deux sont dans un « état critique ».

Interrogé sur le statut légal de la raffinerie, il n’était pas en mesure de dire si elle avait les permis adéquats, mais il a reconnu qu’elle ne respectait « aucune des normes » de sécurité imposées par la défense civile.

Quatre camions de pompiers ont été incendiés, a affirmé le gouverneur d’Erbil Omid Khoshnaw, estimant que les pertes essuyées par la raffinerie d’où est parti l’incendie s’élevaient à près de huit millions de dollars.

« Court-circuit » ?

« Jusqu’à maintenant, nous ne savons pas quelles sont les causes », a souligné le gouverneur, estimant qu’il pourrait s’agir « probablement d’un court-circuit électrique ». Le réservoir principal qui a brûlé contenait plus de 5000 tonnes de carburant, a-t-il dit.

L’incendie a touché au total quatre réservoirs de carburant dans deux raffineries, selon la défense civile.

Avec la hausse des températures en Irak, le pays habitué aux étés caniculaires a connu ces dernières semaines plusieurs incendies qui ont touché des centres commerciaux, des entrepôts, voire des hôpitaux.

L’Irak est régulièrement le théâtre d’incendies, bien souvent à cause du non-respect des normes de sécurité, notamment dans les secteurs de la construction et du transport.

Malgré d’immenses richesses en hydrocarbures, le pays souffre d’infrastructures en déliquescence, ravagées par des décennies de conflits et de mauvaise gestion publique teintée de corruption.

En décembre 2023, au moins 14 personnes ont péri dans un incendie touchant un immeuble qui abritait des logements universitaires réservés aux étudiants et professeurs au Kurdistan.

Trois mois plus tôt, une centaine de personnes ont péri dans un incendie qui s’est déclaré lors d’un mariage dans une salle des fêtes de Qaraqosh (nord).

Deuxième pays exportateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Irak produit en moyenne quatre millions de barils de brut par jour.  

Avec ses réserves – 145 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole –, il pourrait continuer à exploiter l’or noir au même rendement pendant 96 ans, selon la Banque mondiale.