(Koweït) Trois personnes ont été placées en détention provisoire pour homicide involontaire au Koweït après l’incendie d’un immeuble de la capitale qui a coûté la vie à 50 travailleurs étrangers, pour la plupart des Indiens, et endeuillé leurs proches.

Trois Philippins figurent également parmi les morts, ont indiqué des responsables à Manille, dans cet incendie qui a ravagé un immeuble de six étages dans la banlieue de Mangaf, située au sud de la capitale koweïtienne.

La plupart des quatre millions d’habitants de ce pays pétrolier du Golfe sont des ressortissants étrangers. Beaucoup viennent d’Asie du Sud et du Sud-Est et travaillent dans le secteur de la construction et des services.

Des dizaines d’autres personnes ont été blessées dans l’incendie qui s’est déclaré mercredi à l’aube au rez-de-chaussée de l’immeuble abritant près de 200 travailleurs.

Il a été déclenché par un court-circuit dans la chambre du gardien, a indiqué jeudi le service des pompiers après une inspection technique.

Le ministre des Affaires étrangères, Abdallah al-Yahya, a déclaré jeudi à la presse que « l’un des blessés est décédé » dans la nuit. Un précédent bilan faisait état de 49 personnes tuées.

« La majorité des morts sont des Indiens », a-t-il dit.

La plupart des morts et des blessés ont été asphyxiés par l’inhalation de fumée après avoir été piégés dans le bâtiment par les flammes, selon une source du service des pompiers.

Un Koweïtien et deux ressortissants étrangers ont été placés en détention, « soupçonnés d’homicide involontaire provoqué par des négligences des procédures de sécurité et des règles de lutte contre l’incendie », a indiqué le procureur général koweïtien sur X.

Mercredi, le ministre de l’Intérieur, cheikh Fahd Al-Yousef, a promis de s’attaquer au problème de la surpopulation, dans les bâtiments où logent les travailleurs étrangers, et menacé de fermer tous les bâtiments qui ne respectent pas les règles de sécurité.

« Tout le village en deuil »

Les proches des victimes, qui font partie des millions d’Asiatiques travaillant dans le Golfe pour envoyer de l’argent à leurs familles, étaient sous le choc.

« C’était un homme charmant. Il était toujours très amical avec tout le monde », a confié à l’AFP Safedu, un parent de Shameer Umarudheen, 33 ans, originaire du village de Kollam dans l’État méridional du Kerala en Inde, qui a péri dans l’incendie.

« Il n’est pas issu d’une famille aisée et son départ pour le Koweït était une chance pour sa famille de s’en sortir », a-t-il ajouté, affirmant que « tout le village était en deuil ».

Reji Varghese, un ami de Lukose VO, 49 ans et également originaire de Kollam, a du mal à digérer la nouvelle du décès de ce dernier.

« Je n’arrive toujours pas à l’accepter. Nous n’avons pas cru à la nouvelle lorsque nous l’avons apprise », a-t-il dit à l’AFP, ajoutant que son ami laissait derrière lui une femme et deux filles.

« Je lui ai parlé la semaine dernière. Tout allait bien. Cette nouvelle est un choc », a-t-il renchéri.

Mercredi, le premier ministre indien Narendra Modi a promis d’aider les personnes touchées par la « terrible tragédie de l’incendie », en annonçant le versement de 200 000 roupies (2200 euros) aux proches parents.

Tests ADN

Kirti Vardhan Singh, ministre d’État indien aux Affaires étrangères, est arrivé au Koweït pour aider les survivants et organiser le rapatriement des dépouilles à bord d’un avion de l’armée de l’air indienne.

« Certains corps ont été carbonisés au point d’être méconnaissables. Des tests ADN sont donc en cours pour identifier les victimes », a-t-il déclaré à des médias indiens.

À Manille, le département des travailleurs migrants a indiqué que trois Philippins étaient morts, que deux autres se trouvaient dans un état critique et que six autres étaient indemnes.

« Nous sommes en contact avec les familles de tous les travailleurs touchés, y compris les familles des deux personnes dans un état critique et les familles des trois personnes décédées », a déclaré Hans Leo J. Cacdac, secrétaire du ministère des travailleurs migrants, dans un communiqué.

L’incendie est l’un des plus graves qu’ait connu le Koweït, pays limitrophe de l’Irak et de l’Arabie saoudite, qui possède environ 7 % des réserves pétrolières connues du monde.

En 2009, près de 60 personnes avaient péri lorsqu’une Koweïtienne a mis le feu à une tente lors d’une fête de mariage de son mari qui avait pris une autre épouse.