(Téhéran) L’Iran a déclaré mardi croire toujours aux négociations pour relancer l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales, malgré les récentes tensions avec l’AIEA.

Publié le 14 juin
Agence France-Presse

La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté une résolution pour dénoncer le manque de coopération de l’Iran. Téhéran a condamné ce texte le jugeant « non constructif », et a désactivé en riposte des caméras de surveillance de ses activités nucléaires.

L’agence de l’ONU a dénoncé à son tour cette réaction iranienne, estimant qu’elle pourrait porter un « coup fatal » aux pourparlers en cours pour relancer l’accord censé empêcher la République islamique de fabriquer la bombe atomique.

« Nous pensons que les négociations et la diplomatie sont le meilleur moyen pour aboutir à un accord », a toutefois déclaré mardi le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue pakistanais Bilawal Bhutto Zardari à Téhéran.

Avant l’adoption de la résolution onusienne, Téhéran avait présenté « une nouvelle initiative politique et la partie américaine l’avait acceptée mais avait insisté sur l’adoption de la résolution », a ajouté Amir-Abdollahian, sans donner plus de détails.

« Mais nous n’échapperons pas aux négociations et nos contacts dans les domaines diplomatiques se poursuivront » à travers l’Union européenne, a-t-il souligné.

L’Iran « ne s’éloignera pas de la logique de la diplomatie et des négociations pour parvenir à un accord juste, ferme et durable », a-t-il assuré.

À Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a refusé d’entrer dans le détail des discussions, se bornant à dire que les échanges se poursuivaient pas l’intermédiaire de l’émissaire de l’UE Enrique Mora.

« Nous attendons une réponse constructive de la part des Iraniens », a-t-il affirmé à la presse, renvoyant à nouveau la balle dans le camp de Téhéran.

L’Iran « doit décider d’abandonner les demandes sans lien » avec le nucléaire, ce qui permettrait de « conclure très rapidement » une entente pour sauver l’accord de 2015, a-t-il estimé. « Si l’Iran ne fait pas cela, il rendra encore plus improbable » une telle solution diplomatique, a-t-il prévenu.

Washington estime notamment que la demande de Téhéran de sortir ses puissants Gardiens de la révolution d’une liste noire américaine sur le terrorisme ne peut pas être discutée dans le cadre des négociations sur le nucléaire.

Lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, s’était déjà montré rassurant en affirmant que toutes les mesures prises par son pays pour s’affranchir des limites à son programme nucléaire prévues par le pacte étaient « réversibles ».  

Les pourparlers pour réintégrer les États-Unis dans le pacte nucléaire signé en 2015, mais dénoncé en 2018 par l’ex-président américain Donald Trump, ont débuté à Vienne il y a plus d’un an. L’objectif est de ramener l’Iran au respect intégral de ses engagements internationaux concernant son programme nucléaire, et de permettre également une levée des sanctions internationales qui frappent l’Iran.

Mais le dialogue est au point mort depuis mars.  

L’accord de 2015 connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA) accorde un allègement des sanctions contre l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire pour garantir qu’il ne pourra pas développer une arme nucléaire – ce que Téhéran a toujours nié vouloir faire.