(Jérusalem) Yaakov Litzman, chef de la seconde formation ultra-orthodoxe d’Israël, a admis jeudi avoir tenté d’empêcher l’extradition d’une Australienne accusée de pédocriminalité, dans le cadre d’un accord de peine avec la justice lui évitant d’aller en prison.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

Selon les documents judiciaires consultés par l’AFP, Yaakov Litzman, dirigeant du parti Judaïsme unifié de la Torah et ancien ministre de la Santé sous Benyamin Nétanyahou, est accusé de fraude et d’abus de confiance dans le cadre de l’affaire Malka Leifer.

Cette femme, qui possède la double nationalité israélo-australienne, est accusée de dizaines d’agressions contre des filles mineures, élèves d’une école juive orthodoxe qu’elle dirigeait et où elle enseignait à Melbourne (dans le sud-est de l’Australie).

Mme Leifer avait fui l’Australie pour Israël après le dépôt d’une plainte en 2008 et s’était installée avec sa famille dans la colonie israélienne d’Immanuel, en Cisjordanie occupée.  

Elle avait été extradée en Australie en janvier 2021 après six ans de bataille juridique en Israël pour déterminer notamment si elle feignait une maladie mentale afin d’échapper à une extradition et un procès en Australie.

Yaakov Litzman, 73 ans, aurait selon la justice « usé de sa position pour influencer illégalement l’avis professionnel » d’un psychiatre, qui avait finalement estimé Malka Leifer apte à être jugée.  

En vertu de l’accord de plaidoyer qui doit être porté devant le tribunal d’instance de Jérusalem et approuvé par un juge, M. Litzman « reconnaitra ces accusations et sera condamné. Les parties demandent conjointement une peine de prison avec sursis et une amende », a indiqué un communiqué du ministère de la Justice, sans fournir plus de détails.

Yaakov Litzman, député, a récemment annoncé qu’il ne chercherait pas à être réélu au Parlement israélien.

Bien qu’aucune demande n’ait été formulée dans le cadre de l’accord, une source proche de l’ex-ministre a dit à l’AFP qu’il pourrait démissionner du Parlement, ce qui pourrait jouer en sa faveur dans le cadre de son inculpation.  

Cet accord intervient quelques jours avant que le procureur général, Avichai Mandelblit, ne quitte ses fonctions.

Le « Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël » a dénoncé un accord « honteux », accusant M. Mandelblit de « traîner les pieds » et d’approuver des « accords indulgents » qui nuisent à la capacité du ministère public de lutter contre la corruption.  

La semaine dernière, Aryeh Deri, le chef du plus grand parti ultra-orthodoxe d’Israël, avait présenté sa démission au Parlement dans le cadre d’un accord de négociation de peine portant sur des accusations de fraudes fiscales.