(Beyrouth) Les récents combats entre les forces du régime syrien et des groupes armés dans la province méridionale de Deraa ont déplacé 18 000 civils depuis juillet, a indiqué l’ONU jeudi, appelant à un cessez-le-feu.

Agence France-Presse

Berceau du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, Deraa a connu fin juillet ses combats les plus violents depuis sa reconquête par le régime il y a trois ans. Les combats dans divers secteurs de la province ont fait il y a une semaine au moins 28 morts.

Deraa a été reprise à l’été 2018 par les forces gouvernementales. Mais en vertu d’un accord inédit négocié par Moscou, les rebelles ont été autorisés à rester, certains rejoignant l’armée ou gardant le contrôle de certaines parties de la province.

Les forces du régime ont tenté fin juillet de progresser au sol pour donner l’assaut contre Deraa al-Balad, un grand quartier dans le sud de cette ville tenu par d’anciens rebelles.  

L’escalade des hostilités a forcé au moins 18 000 civils à fuir Deraa al-Balad depuis le 28 juillet, beaucoup vers la ville de Deraa et des secteurs voisins

Michelle Bachelet,  Haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme

« Plusieurs centaines de personnes ont trouvé refuge dans des écoles », dans la partie de la ville sous contrôle gouvernemental, a-t-elle ajouté, dans un communiqué.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a pour sa part indiqué que des négociations de cessez-le-feu sont en cours avec une médiation russe et que les combats ont considérablement baissé d’intensité.

« Il faut obtenir un cessez-le-feu immédiat pour alléger les souffrances des civils à Deraa », a plaidé Mme Bachelet.

Depuis la reprise de Deraa en 2018 par les forces du régime, les institutions gouvernementales s’y sont réinstallées, mais les forces armées ne se sont pas déployées dans toute la province, notamment à Deraa al-Balad. La région est régulièrement secouée par des attentats et des attaques.  

Les récentes violences font suite à des semaines de contrôle renforcé autour de Deraa al-Balad par les forces gouvernementales qui cherchent à en chasser les groupes armés.

« Ces derniers jours, elles ont seulement autorisé les piétons à sortir de Deraa al-Balad sur la route al-Saraya, soumettant les gens à de stricts contrôles de sécurité », selon l’ONU.

Les civils à Deraa al-Balad étaient « assiégés », a déclaré Mme Bachelet. « Ils font face à des points de contrôle, des restrictions de mouvement, des chars dans les rues. Et leurs propriétés sont confisquées et volées. »