(Washington) Joe Biden a dit samedi sa « grande inquiétude » au premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou après l’escalade de la violence en Israël et à Gaza, affirmant au président palestinien Mahmoud Abbas que le Hamas devait « cesser de tirer des roquettes ».

Agence France-Presse

Le président américain avait déjà parlé avec M. Nétanyahou mercredi, mais c’est son premier entretien téléphonique avec le chef de l’Autorité palestinienne depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier.

M. Biden a souligné auprès de M. Abbas « la nécessité pour le Hamas de cesser de tirer des roquettes vers Israël » et réaffirmé à M. Nétanyahou son « fort soutien au droit d’Israël à se défendre contre » ces attaques menées par le mouvement islamiste « et d’autres groupes terroristes à Gaza », selon des communiqués séparés de l’exécutif américain.

PHOTO HAZEM BADER, AFP

Des affrontements entre les Forces de sécurité israéliennes et des manifestants propalestiniens ont éclaté samedi en Cisjordanie.

Le président a aussi « condamné ces attaques indiscriminées contre des villes à travers Israël », d’après le texte.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences entre l’État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, plus de 150 personnes, dont une majorité de Palestiniens, ont été tuées.

Joe Biden a également fait part au premier ministre israélien de sa préoccupation au sujet de « la sécurité des journalistes » après qu’une frappe israélienne a détruit un immeuble abritant notamment les locaux de l’agence américaine AP à Gaza, selon un communiqué de la Maison-Blanche.

Mais le secrétaire d’État à la Défense Lloyd Austin a « réaffirmé le droit d’Israël à l’auto-défense », lors d’une conversation téléphonique avec son homologue israélien Benjamin Gantz, selon un communiqué américain.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a quant à lui insisté, lors d’une conversation téléphonique avec le président d’AP, Gary Pruitt, sur son « soutien indéfectible à l’indépendance des journalistes et des médias », selon son porte-parole Ned Price.

« Solution négociée à deux États »

Le président démocrate a par ailleurs aussi « fait part de sa grande inquiétude au sujet de la violence entre les communautés en Israël. Il a salué les communiqués par le premier ministre et d’autres dirigeants s’opposant à de telles actions haineuses ».

Il a également « noté que cette phase actuelle du conflit avait tragiquement coûté la vie à des civils israéliens et palestiniens, y compris des enfants ».

À Mahmoud Abbas, Joe Biden a répété « l’engagement américain de renforcer le partenariat » avec les Palestiniens, sérieusement écorné sous le mandat de Donald Trump.

PHOTO MAJDI MOHAMMED, ASSOCIATED PRESS

Le président palestinien Mahmoud Abbas

Le président américain a enfin « exprimé son soutien à des mesures pour permettre au peuple palestinien de jouir de la dignité, la sécurité, la liberté et les opportunités économiques qu’il mérite ».

Il a rappelé la reprise en avril de l’aide américaine aux Palestiniens, interrompue sous la présidence de M. Trump.

Une « solution négociée à deux États » est « la meilleure voie pour parvenir à une résolution juste et durable du conflit israélo-palestinien », a ajouté le président américain.

Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Rudeinah, a indiqué à l’AFP que cet entretien avait été « important ».

Washington a également envoyé un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens, Hady Amr, pour exhorter à la « désescalade ».