(Kaboul) Le président afghan Ashraf Ghani a rédigé un nouveau plan de paix en vue d’une conférence internationale visant à relancer des négociations entre Kaboul et les talibans qui piétinent, ont indiqué des responsables lundi à l’AFP.  

Agence France-Presse

Cette initiative intervient alors que les États-Unis – soutenus par d’autres acteurs internationaux – souhaitent, selon un autre plan divulgué par les médias, la formation d’un gouvernement intérimaire qui inclurait les talibans.

Le président afghan, cependant, dit qu’il n’accepterait qu’une administration élue par le peuple.  

Selon des sources officielles, M. Ghani prévoit de présenter son plan en trois phases lors d’une réunion encadrée par les Nations Unies en Turquie et incluant notamment Washington et la Russie.

La date de cette conférence n’a pas encore été fixée.  

Le président américain, Joe Biden, doit décider s’il confirme ou non le retrait total d’ici au 1er mai des troupes américaines encore déployées en Afghanistan, conformément à l’accord signé en février 2020 à Doha avec les talibans. Il a déjà prévenu que cette échéance serait « difficile » à tenir et les insurgés ont averti que les États-Unis seraient « responsables des conséquences ».

Le plan de paix de M. Ghani, dont les éléments clefs ont été obtenus par l’AFP, inclut notamment un accord politique avec les talibans et un cessez-le-feu surveillé par d’autres pays.

Il propose également la tenue d’élections présidentielles auxquelles les talibans pourraient participer pour former « un gouvernement de paix ».  

Cela mènerait à une série de programmes de développement à travers le pays, suivis par la reconstruction d’une « structure constitutionnelle ».  

Le président a déjà révélé son plan à plusieurs diplomates, ont déclaré des responsables.  

Le Haut Conseil afghan pour la réconciliation nationale a annoncé dimanche qu’il mettrait en place sa propre proposition après avoir récolté 30 documents issus de divers partis politiques, membres de la société civile, mais aussi de M. Ghani et Abdullah Abdullah, chef du Conseil.  

Les talibans, dont le gouvernement islamique ultraconservateur a été renversé lors de l’intervention américaine de 2001, ont toujours rejeté tout type d’élections.

Nombre d’élections, tenues depuis leur départ du pouvoir, ont été critiquées pour fraude. Elles ont généré des violences de la part des insurgés et le nombre d’électeurs a toujours été très bas.

Pendant ce temps, les violences continuent de ravager le pays, avec des combats particulièrement intenses entre les forces afghanes et les talibans dans la province de Kandahar (sud) ces derniers jours.