(Jérusalem) Israël a accusé mercredi la République islamique d’Iran d’avoir commis un « attentat environnemental » après une marée noire au large de ses côtes en Méditerranée causée selon lui par un bateau venant d’Iran.

Agence France-Presse

« Un bateau pirate battant pavillon libyen qui a quitté l’Iran est responsable de cet attentat environnemental », a affirmé lors d’une conférence de presse la ministre de l’Environnement Gila Gamliel.

Selon elle, le navire s’est « approché de la zone économique exclusive d’Israël » pour « polluer de manière délibérée ».

Des tonnes de goudron sur des plages

« L’Iran mène des activités terroristes pas uniquement (en cherchant à se doter de) l’arme nucléaire et par son implantation près de nos frontières, mais aussi en lançant des attaques environnementales », a encore soutenu la ministre, précisant qu’environ 35 navires avaient fait l’objet d’une enquête avant d’aboutir à cette conclusion.

Dimanche, Mme Gamliel a affirmé que son pays ne laisserait pas « impuni ce crime environnemental » et les autorités avaient lavé de tout soupçon un pétrolier grec suspect, ainsi qu’une dizaine d’autres navires.

Mi-février, des vents puissants et des vagues inhabituellement hautes avaient secoué les côtes, entraînant le déversement de tonnes de goudron sur les plages, depuis la région de Rosh Hanikra, dans le nord d’Israël, près du Liban, jusqu’à Ashkelon, dans le Sud, à la limite de l’enclave palestinienne de Gaza.

Selon le ministère de l’Environnement, des « dizaines à des centaines de tonnes » de bitume ont été déversées, ce qui a constitué l’une des plus importantes marées noires sur le littoral méditerranéen israélien.

Des équipes de l’armée, des civils et des membres d’ONG ont parcouru les côtes d’Israël afin de nettoyer les plages. Une baleine — un rorqual commun, deuxième plus grande espèce au monde après la baleine bleue —, longue de près de 17 mètres, a été trouvée sur une plage près d’Ashkelon.

PHOTO AHMAD GHARABLI, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un rorqual commun long de près de 17 mètres, a été trouvé sur une plage près d’Ashkelon.

Le drame écologique s’est propagé jusqu’au sud du Liban, où du goudron était visible le long du littoral allant de la ville frontalière de Naqoura jusqu’à Tyr, un peu plus au nord. Cette zone, l’une des plus préservées du littoral libanais, abrite de nombreuses plages de sable et est considérée comme un foyer de tortues marines.

Tensions élevées

Dans le contexte de tensions permanentes entre Israël et la République islamique d’Iran, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a accusé lundi Téhéran d’être à l’origine d’une explosion sur un navire israélien en mer d’Oman fin février.

« Il est clair que c’est un acte iranien.  Pour ce qui est de ma riposte, vous connaissez ma politique. L’Iran est le plus grand ennemi d’Israël et je suis déterminé à l’arrêter. Nous le frappons partout dans la région », a-t-il déclaré.

Téhéran a rejeté ces accusations. Si Israël « veut utiliser cette accusation comme base pour créer de nouvelles tensions, nous les surveillerons et les suivrons de près », a prévenu le ministère iranien des Affaires étrangères. « Si quelque chose se passe, nous y répondrons au moment opportun ».