(Nassiriya) Un jeune Irakien a été tué par balle jeudi lors d’une manifestation contre les autorités locales à Nassiriya, ont indiqué à l’AFP des médecins quelques jours après la mort d’un autre manifestant dans cette ville,  bastion de la contestation antipouvoir dans le sud de l’Irak.

Agence France-Presse

Les manifestants ont bravé la seconde vague de coronavirus et les mesures de confinement pour poursuivre le mouvement de contestation dans le chef-lieu de la province irakienne de Zi Qar.

Ils ont tenté jeudi de se rassembler devant le bâtiment du gouvernorat à Nassiriya pour exiger le renvoi du gouverneur, Nazem al-Waeli, dans un contexte de dégradation des services publics.

Les manifestants ont jeté des pierres et les forces de sécurité ont répliqué en tirant en l’air pour tenter de disperser la foule, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Un Irakien de 25 ans a été tué, selon les médecins, et 26 autres manifestants et 10 membres des forces de sécurité ont été blessés.

Ces nouveaux heurts ont lieu trois jours après un rassemblement similaire lundi devant le siège du gouvernorat, lors duquel un jeune manifestant avait également été tué.

Des décennies de conflits, de corruption et de faibles investissements ont laissé l’Irak avec des services publics déficients et des pénuries récurrentes d’électricité et d’eau.

Fin 2019, la colère de la population face à la corruption et le chômage endémique avait débouché sur un soulèvement populaire inédit marqué par des violences ayant fait 600 morts et 30 000 blessés à travers le pays.

Les manifestations s’étaient quasiment toutes éteintes en 2020, mais elles reprennent à Nassiriya.

Les nouvelles violences interviennent moins de deux semaines avant la visite du pape François dans cette province du Sud, dans le cadre de la première visite d’un souverain pontife en Irak.