(Jérusalem) Israël a qualifié mercredi la décision iranienne de limiter les inspections de son programme nucléaire de « menace » qui exige une réponse.

Agence France-Presse

L’Iran a commencé mardi à restreindre les inspections de son programme nucléaire par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) faute d’avoir obtenu la levée des sanctions américaines.

Israël considère cette démarche comme une menace qui ne restera pas sans réponse.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Gabi Ashkenazy.

« Nous ne permettrons jamais l’Iran à avoir la capacité d’acquérir l’arme nucléaire », a ajouté le ministre dans un communiqué.

L’État hébreu n’a jamais caché son opposition à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, et avait soutenu la campagne de « pression maximale » contre Téhéran menée par l’administration du président sortant Donald Trump, qui avait retiré unilatéralement les États-Unis de cet accord et rétabli des sanctions draconiennes contre Téhéran.

La nouvelle administration américaine de Joe Biden s’est engagée à revenir dans l’accord, à la condition toutefois que l’Iran renoue d’abord avec ses engagements. Un tel retour serait une « mauvaise chose », a récemment déclaré le chef de l’armée israélienne Aviv Kochavi.

En riposte au retrait américain de l’accord de 2015, la République islamique s’est affranchie progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu’elle avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des rétorsions à son encontre.

Sites militaires suspects

Le Parlement iranien a voté en décembre en faveur de la limitation de certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, une décision entrée en vigueur ce mardi.

À l’issue d’une visite à Téhéran, le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, a annoncé dimanche un accord technique « temporaire » pour maintenir une surveillance, bien que réduite, le temps que les pays signataires de l’accord international engagent des pourparlers.

Avec la limitation des inspections, « l’Iran détruit ce qui restait de la surveillance de l’AIEA », a encore affirmé M. Ashkenazy.

Malgré ses démentis, l’Iran est accusé de chercher à se doter de l’arme atomique, notamment par Israël, son ennemi juré.