(Bruxelles) L’OTAN quittera l’Afghanistan « quand le moment sera venu », sans risque de « fragiliser les progrès significatifs réalisés », a affirmé lundi le secrétaire général de l’Alliance avant une réunion des ministres de la Défense de l’organisation.

Agence France-Presse

« Il y a encore beaucoup de problèmes en Afghanistan […] La décision de quitter (le pays) sera prise collectivement, quand le moment sera venu. […] Je ne veux pas préjuger des décisions qui seront prises par les ministres » de la Défense de l’OTAN, a déclaré Jens Stoltenberg en présentant cette réunion prévue mercredi et jeudi.

Encore 9600 soldats de 36 pays

La discussion sur le maintien ou le retrait de la mission de formation « Resolute Support », qui compte 9600 militaires de 36 pays membres de l’OTAN ou partenaires, aura lieu jeudi, a-t-il précisé.

PHOTO OLIVIER HOSLET, ASSOCIATED PRESS

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg durant une conférence de presse au quartier général de l’alliance, à Bruxelles.

Jens Stoltenberg a toutefois laissé entendre qu’aucune annonce ne serait faite à l’issue de la réunion organisée en visioconférence à cause de la pandémie de COVID-19. Plusieurs diplomates ont confirmé à l’AFP qu’aucune décision ne serait prise jeudi.

Aux termes de l’accord signé en février 2020 entre les États-Unis et les talibans, les contingents des pays engagés en Afghanistan doivent avoir quitté le pays le 1er mai 2021.

« Bien qu’aucun allié ne souhaite rester en Afghanistan plus longtemps que nécessaire, nous ne partirons pas avant le moment opportun », a fait valoir M. Stoltenberg. « Nous devons trouver le bon équilibre. Nous ne devons pas partir trop tôt », a-t-il insisté.

Les talibans toujours menaçants

Les talibans ne respectent pas leurs engagements et poursuivent leurs attaques, a accusé Jens Stoltenberg. « Ils doivent négocier de bonne foi et rompre tout contact avec les groupes terroristes internationaux », a-t-il rappelé.

« Nous entendons les inquiétudes de la société civile. Des progrès socio-économiques significatifs et des acquis, notamment pour les femmes, ont été obtenus. Nous devons veiller à ne pas les fragiliser par les décisions que nous allons prendre », a-t-il expliqué.

« Les ministres continueront à évaluer la situation sur le terrain » et une réunion spéciale peut être convoquée si nécessaire, a-t-il précisé.

Les talibans ont mis en garde samedi l’OTAN contre « une prolongation de l’occupation et de la guerre ». Les ministres vont examiner toutes les options, a assuré lundi Jens Stoltenberg. « La sécurité de nos troupes est essentielle. Toutes les mesures seront prises en ce sens », a-t-il précisé.

Une étude commandée par le Congrès américain a appelé à différer le retrait des troupes internationales pour éviter de donner une victoire aux talibans.

Les États-Unis ont le plus important contingent de l’opération Resolute Support avec 2500 personnes. L’Allemagne est le second contributeur avec 1600 soldats, suivie par l’Italie (895) et la Géorgie (860).