(Gaza) Les femmes non mariées et les jeunes hommes de la bande de Gaza n’ont désormais plus le droit de voyager sans autorisation d’un tuteur, d’après une nouvelle décision controversée du mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans ce territoire palestinien.

Publié le 15 févr. 2021
Agence France-Presse

« Un parent ou un grand-père peuvent interdire à un garçon de plus de 18 ans de voyager si le voyage est préjudiciable, en engageant des poursuites devant le tribunal compétent », ont indiqué les autorités judiciaires dimanche soir, sans donner de détails sur ce qui était considéré comme « préjudiciable ».

Charia

La décision Hassan al-Joujou, président du Conseil suprême de la charia (loi coranique), a effet immédiat.

Il est interdit à une femme non mariée, qu’elle soit vierge ou non, de voyager sans permission d’un tuteur qui peut lui refuser de voyager en cas de préjudice

Hassan al-Joujou, président du Conseil suprême de la charia (loi coranique)

Enclave palestinienne de deux millions d’habitants, la bande de Gaza est sous contrôle, depuis 2007, des islamistes du Hamas, liés à la tendance des Frères musulmans.  

Cette décision du Hamas, qui intervient à l’heure d’élections internes au sein du mouvement et à l’approche des législatives palestiniennes prévues en mai prochain, suscitait lundi de premières critiques.

Le Front démocratique de libération de la Palestine, un petit mouvement de gauche, a appelé, dans un communiqué, les autorités à annuler cette « atteinte à la loi fondamentale palestinienne et à la déclaration universelle des droits de l’homme ».

Basé à Genève, l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme, un regroupement de dizaines d’ONG, a estimé que la mesure des autorités à Gaza devait être « immédiatement retirée », considérée aussi comme une « violation » des lois palestiniennes et du droit international.