(Bagdad) Des internautes irakiens s’en sont donné à cœur joie jeudi après le chaos à Washington la veille lorsque des manifestants ont fait irruption dans le Congrès des États-Unis, qui ont envahi leur pays il y a 18 ans.

Agence France-Presse

Certains comparent le turbulent leader chiite Moqtada Sadr, terreur des Américains, au président américain sortant, Donald Trump, dans le rôle d’agitateur de foules.

D’autres se demandent pourquoi les États-Unis, qui ont soutenu les manifestants anti-pouvoir en Irak, refusent la dissidence sur leur sol.

Les États-Unis ridiculisés

Sans oublier le retour à l’envoyeur d’une liste de conseils inspirés d’anciennes déclarations de Washington.

Voici un florilège :

« Les pays arabes appellent les parties à Washington à rester attachées à la transparence et à la démocratie. »

« Nous enverrons des émissaires arabes pour trouver des solutions pacifiques. »

« Le gouvernement irakien appelle le peuple américain à la retenue et à s’éloigner de la violence. »

« La Garde nationale américaine doit respecter les droits humains des manifestants. ».

Les détournements de communiqués officiels sont légion sur Facebook, tout comme ceux d’expressions utilisées pendant la « révolution d’octobre » contre le pouvoir irakien fin 2019, en particulier le mot-clé « L’Irak se révolte » devenu « L’Amérique se révolte ».

Un site satirique en anglais titre « L’Irak envahit l’Amérique pour lui apporter la démocratie », évoquant la « mission » fixée en 2003 par le président George W. Bush face à l’Irak de Saddam Hussein.

« C’est un complot, les agents de l’ambassade du Mexique sont derrière tout ça. Les assaillants, eux, ont organisé le chaos avec l’ambassade d’Argentine », se moque un internaute, en référence aux pro-Iran qui dénonçaient fin 2019 un « complot » fomenté depuis l’ambassade américaine à Bagdad, tandis que Washington voyait la main de l’Iran.

Au printemps 2016, Sadr a installé sa tente aux portes du Parlement situé dans la Zone verte, quartier ultra-sécurisé de Bagdad. Une image devenue célèbre.

« Il ne manque plus à ce blockbuster américain qu’un religieux sous une tente assis sur un matelas », tweete un internaute.

C’est désormais chose faite : un internaute a remplacé la tête du religieux chiite assis en tailleur sur le sol de sa tente par celle de Donald Trump, vêtu d’une djellaba blanche.

A la même époque, un homme surnommé Abou Samra s’était installé dans le fauteuil du chef du Parlement – pris d’assaut par des manifestants. Ce cliché circule jeudi accompagné d’une photo de l’AFP montrant un Américain assis au bureau de Nancy Pelosi, présidente de la chambre basse du Congrès. « Abou Samra al-Texassi », Abou Samra le Texan, est-il écrit en dessous.