(Bagdad) Hosham Dawod, spécialiste de l’Irak et conseiller du premier ministre Moustafa al-Kazimi, est mardi sur la sellette pour des propos ayant offusqué les pro-Iran sur le général iranien Qassem Soleimani, abattu il y a un an par les États-Unis.

Agence France-Presse

Cette campagne intervient alors que le bras de fer entre les pro-Iran et M. Kazimi n’a cessé de se durcir ces dernières semaines, les pro-Iran l’accusant nommément de complicité dans l’élimination du général Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis et multipliant les menaces directes.

« Soleimani pensait qu’il n’était pas seulement un coordinateur avec l’Irak, il se croyait sûrement responsable de l’Irak. C’est pour cela qu’il entrait et qu’il sortait quand il voulait » du pays, a déclaré M. Dawod dans un entretien diffusé par la BBC à l’occasion du premier anniversaire de la mort de l’architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient.

Anthropologue franco-irakien

« Les principes fondateurs de l’État irakien n’étaient pas dans ses priorités, alors avec (son successeur Ismaïl) Qaani, nous, le gouvernement irakien, nous lui avons imposé de demander un visa », dit encore le conseiller, anthropologue franco-irakien.

Ahmed al-Assadi, puissant député pro-Iran, a répondu que le général Soleimani « entrait officiellement et légalement » dans le pays pour « aider son gouvernement et son peuple ».

« Où était ce ‘’conseiller’’ quand Soleimani passait de tranchée en tranchée pour défendre l’Irak jusqu’à verser son sang dans son aéroport international ? », lance-t-il encore dans un communiqué, alors que le général Soleimani a été aperçu sur de nombreux fronts lors de la guerre contre le groupe État islamique (EI).

Jusqu’à sa mort, l’homme a continué de venir régulièrement en Irak pour des visites jamais annoncées officiellement.

« Le poste de conseiller de M. Dawod est gelé sur ordre du premier ministre », a assuré à l’AFP un responsable irakien sous couvert d’anonymat.

« Kazimi doit […] le licencier immédiatement ou nous donner clairement sa position », réclame dans un communiqué Mehdi al-Amerli, membre de la Commission parlementaire de la Défense.

Pour le député Choalane Abou al-Jon, issu de l’organisation Badr, l’un des groupes armés pro-Iran historiques, M. Kazimi « ne mérite plus de rester premier ministre ».

« Un premier ministre qui ne bouge pas et ne dit mot pour défendre les Irakiens et les invités de l’Irak doit démissionner », dit-il dans un communiqué.

M. Dawod, lui, a dit dans un communiqué « présenter (ses) excuses à tous ceux qui auraient mal compris (ses) propos ».