Téhéran a fait part samedi de ses intentions d’enrichir de l’uranium jusqu’à 20 % « dès que possible » dans son installation souterraine de Fordo, s’approchant d’un taux de qualité militaire et faisant monter la pression sur les pays occidentaux après l’échec de l’accord sur le nucléaire iranien.

Jon Gambrell
Associated Press

Cette décision survient sur fond de tensions accrues entre l’Iran et les États-Unis dans les derniers jours de l’administration du président Donald Trump, qui s’était unilatéralement retiré de l’accord en 2018.

Cela avait déclenché une escalade de tension couronnée par une frappe aérienne américaine tuant un haut général iranien à Bagdad, il y a bientôt un an. L’anniversaire de cette attaque, dimanche, inquiète désormais les autorités américaines face à de possibles représailles de l’Iran.

La précédente décision de l’Iran de commencer à enrichir l’uranium à 20 %, il y a dix ans, avait failli entraîner une frappe israélienne contre ses installations nucléaires. Il avait fallu la conclusion de l’accord de 2015 pour calmer le jeu.

Ali Akbar Salehi, le chef de l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran, y est allé d’une analogie militaire pour illustrer sa disposition à aller de l’avant. « Nous sommes comme des soldats et nos doigts sont sur les détentes », a-t-il déclaré à la télévision nationale iranienne.

Le parlement iranien a adopté un projet de loi, approuvé par la suite par un chien de garde constitutionnel, pour rehausser l’enrichissement d’uranium et faire pression sur l’Europe afin qu’elle allège ses sanctions.

Les démarches de l’Iran interviennent également peu avant l’investiture du président élu américain Joe Biden, qui s’est dit prêt à réintégrer l’accord nucléaire.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) a reconnu que l’Iran avait informé ses inspecteurs de sa décision, après que la nouvelle eut été rapportée dans les médias. L’IAEA a souligné que ses inspecteurs sont « présents en Iran 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 » et qu’ils ont « un accès régulier à Fordo ».

Le projet de loi prévoyait également l’expulsion de ces inspecteurs, bien qu’il semble que Téhéran n’ait toujours pas passé à l’action.