(Jérusalem) Le plan américain pour le Proche-Orient est une « opportunité historique » pour Israël, a soutenu lundi le nouveau chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi, les Palestiniens prévenant toutefois des « dangers » liés à l’annexion de pans de la Cisjordanie prévue dans ce projet.

Agence France-Presse

Après plus de 500 jours de crise, Israël s’est doté dimanche d’un gouvernement d’union qui consacre un partage du pouvoir entre le Likoud (droite) de Benyamin Nétanyahou et la formation centriste « Bleu Blanc » de l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, et leurs alliés respectifs.

Lors de son discours au Parlement dimanche, M. Nétanyahou, qui reste premier ministre pendant les 18 premiers mois selon son accord avec M. Gantz, a abordé de front la question du plan de l’administration de Donald Trump pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien.  

Il a estimé qu’il « était temps » pour Israël « d’appliquer sa loi » sur des pans de la Cisjordanie, en allusion à l’annexion par Israël des colonies juives situées sur ce territoire palestinien occupé.

Mais M. Gantz, qui a salué le plan Trump, n’a pas abordé cette question sensible dans son intervention au Parlement.  

Or dans un discours lundi lors de sa cérémonie de prise de fonction comme ministre des Affaires étrangères, l’associé politique de Benny Gantz, Gabi Ashkenazi, a déclaré : « le président Trump nous offre une occasion historique de façonner le futur d’Israël pour des décennies à venir ».

« Le plan sera promu de manière responsable et en coordination avec les États-Unis, tout en maintenant les accords de paix et les intérêts stratégiques d’Israël », a-t-il dit dans un discours dont l’AFP a eu copie.

Un « été chaud »

En vertu de l’accord Nétanyahou/Gantz, le gouvernement doit présenter à partir du 1er juillet son plan pour traduire dans les faits le projet américain, qui prévoit l’annexion à Israël de la vallée du Jourdain, une bande de terres agricoles qui compte pour 30 % de la Cisjordanie, et des plus de 130 colonies, ainsi que la création d’un État palestinien sur un territoire amputé.

En réponse aux déclarations des ténors israéliens, le premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a prévenu d’un « été chaud » si l’État hébreu allait de l’avant avec le projet d’annexion.

Dans un communiqué, il a mis en garde contre des « conséquences dangereuses » en cas d’annexion « illégale » de territoires et a appelé la communauté internationale à prendre des mesures « rapides » pour contrer le plan américain qui fait aussi de Jérusalem la capitale « indivisible » de « l’État juif ».  

Parmi ces mesures, il a appelé à la reconnaissance d’un État palestinien dans les frontières de juin 1967 avec « Jérusalem pour capitale ».

L’ONU considère que le sort de Jérusalem doit être fixé par des négociations et non de manière unilatérale. Les Palestiniens ambitionnent de faire de la partie orientale de la Ville sainte – occupée et annexée par Israël – la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Ces derniers jours, le roi Abdallah II de Jordanie a prévenu d’un « conflit majeur avec le royaume jordanien » en cas d’annexion de ces territoires par Israël. La Jordanie et l’Égypte sont les deux seuls pays arabes à avoir signé des accords de paix avec Israël.  

« La paix avec nos voisins est également un atout stratégique et nous devons la maintenir », a assuré lundi M. Ashkenazi, un ancien chef de l’armée, en citant les accords avec l’Égypte et la Jordanie.

Et Benny Gantz, devenu ministre de la Défense dans le gouvernement d’union, a dit vouloir « faire tout son possible » pour parvenir à la paix, par des voies « diplomatiques ».