(Jérusalem) Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a été déclaré négatif lundi au nouveau coronavirus, mais reste maintenu en quarantaine préventive, en plein sprint final pour la formation d’un nouveau gouvernement afin d’affronter cette crise sanitaire.

Guillaume LAVALLÉE
Agence France-Presse

Selon des sources concordantes, M. Nétanyahou, 70 ans, a été placé initialement en quarantaine préventive après qu’une employée de son bureau, Rivka Paluch, a été déclarée positive lundi à la COVID-19. Il a ensuite fait le test.

« Avant même que l’enquête épidémiologique ne soit terminée et pour dissiper tout doute, le premier ministre a décidé que lui et son personnel proche seraient en confinement », ont indiqué dans l’après-midi à l’AFP les services de M. Nétanyahou, au pouvoir sans discontinuer depuis 11 ans.  

En soirée, son bureau a annoncé que des tests réalisés sur « le premier ministre, sa famille et son équipe sont négatifs », mais que de manière préventive M. Nétanyahou resterait en quarantaine dans sa résidence officielle de Jérusalem jusqu’à ce que le ministère de la Santé en décide autrement.

Le Parlement israélien, la Knesset, a assuré de son côté visionner les enregistrements récents de ses caméras de surveillance pour identifier les personnes avec lesquelles l’employée contaminée était entrée en contact ces derniers jours.

Pourparlers de crise

Cette quarantaine intervient en pleins pourparlers du premier ministre sortant avec son ex-rival Benny Gantz afin de former un gouvernement « d’unité et de crise » pour justement juguler la pandémie de coronavirus en Israël, où 4695 cas dont 16 morts, ont été officiellement recensés.

Les deux camps ont fait état dimanche de « progrès significatifs » dans leurs négociations afin de mettre un terme à la plus longue crise politique de l’histoire moderne d’Israël.

Le pays est dirigé depuis plus d’un an par des gouvernements transitoires n’ayant pas l’appui de la majorité des parlementaires.

M. Nétanyahou, dont le procès pour corruption a été reporté en raison de la pandémie, et Benny Gantz, ex-chef de l’armée âgé de 60 ans, se sont rencontrés pendant le week-end dans l’espoir de débloquer les discussions et doter le pays d’un cabinet stable après s’être affrontés dans trois élections en moins d’un an.

Selon son bureau, le premier ministre a mené la majorité de ses entretiens politiques récents par vidéoconférence.

M. Gantz, chef de la coalition centriste « Bleu-Blanc », a justifié ce rapprochement avec son rival par la nécessité d’endiguer la crise du nouveau coronavirus qui a poussé les autorités à imposer une série de mesures d’urgence.  

Célébrer au foyer

Lundi soir, M. Nétanyahou a annoncé depuis sa résidence que le secteur public et l’industrie allaient réduire à 15 % leur capacité de travail (contre 30 % actuellement).

Les Israéliens ne peuvent déjà plus sortir à plus de 100 mètres de chez eux à moins de se rendre dans une épicerie, une pharmacie ou à l’hôpital. L’accès aux lieux de culte, incluant les synagogues, a été restreint et les rassemblements de plus de dix personnes interdits.

M. Nétanyahou souhaite désormais interdire les rassemblements extérieurs de plus de deux personnes qui ne sont pas de la même famille, compliquant ainsi la tenue des prières devant les mosquées ou les synagogues de quartier.

La police patrouille dans les grandes villes de ce pays de neuf millions d’habitants afin de faire respecter ces consignes et toque à la porte de maisons pour voir si les occupants respectent les restrictions.

Face aux mesures de confinement, les Arabes israéliens et les Palestiniens ont pour la première fois marqué la Journée de la terre chez eux sans sortir de la maison, alors que cet évènement donne habituellement lieu à des manifestations rassemblant des milliers de personnes en Cisjordanie occupée, dans la bande de Gaza et dans le nord d’Israël.

La « Journée de la Terre » commémore la mort de six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.

Dans le nord d’Israël, des citoyens arabes israéliens ont chanté lundi sur leur balcon et leur toit en brandissant des drapeaux palestiniens pour célébrer cette journée.

Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948. Ils représentent 17,5 % de la population israélienne.