(Téhéran) Un Iranien détenu en Allemagne et menacé d’extradition vers les États-Unis qui l’accusent de violation des sanctions américaines contre la République islamique a été libéré et est rentré dans son pays, a annoncé lundi Téhéran.

Agence France-Presse

Ahmad Khalili était détenu par Berlin « au prétexte qu’il aurait violé les sanctions illégales et cruelles des États-Unis » et faisait l’objet d’une « demande du régime (américain) en vue de son extradition vers les États-Unis », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iranien Abbas Moussavi dans un communiqué.

M. Moussavi, qui ne précise pas combien de temps M. Khalili a été détenu en Allemagne, a affirmé que ce dernier était rentré en Iran à la suite d’« intenses négociations diplomatiques » et grâce à « la coopération entre le pouvoir judiciaire et le service du renseignement des Gardiens » de la révolution (l’armée idéologique de la République islamique).

Employé dans l'aéronautique civile

Selon des informations publiées il y a quelques années dans des médias iraniens, M. Khalili semble avoir exercé des responsabilités dans le secteur de l’aéronautique civile iranienne.

Il est revenu en Iran avec le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui a participé la semaine dernière à la Conférence de Munich sur la sécurité, a ajouté M. Moussavi.

Après s’être retirés unilatéralement en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, Washington a rétabli une série de sanctions économiques contre la République islamique, qui touchent entre autres le secteur de l’aviation.

Washington poursuit depuis lors une politique de « pression maximale » contre l’Iran, bien au-delà de ses seules frontières.

Autre demande d'extradition vers les États-Unis

Jalal Rouhollahnejad, un ingénieur iranien détenu en France et accusé par Washington d’avoir tenté de faire entrer en Iran du matériel technologique en violation des sanctions américaines s’est pourvu le 12 février devant la Cour de cassation, pour éviter son extradition vers les États-Unis.

En décembre, M. Zarif avait ramené en Iran un autre Iranien détenu à l’étranger, l’universitaire, Massoud Soleimani, spécialiste des cellules souches, arrêté aux États-Unis en 2018.

Sa libération avait été négociée dans le cadre d’un échange avec le chercheur américain en histoire, Xiyue Wang, qui purgeait une peine de 10 ans de prison en Iran après avoir été arrêté en 2016 pour « espionnage ».