(Jérusalem) Les tensions sont vives jeudi à Jérusalem et en Cisjordanie occupée après une attaque à la voiture-bélier ayant notamment blessé une dizaine de soldats israéliens dans la Ville sainte, alors que trois personnes ont été tuées dans des tirs de forces israéliennes.

Ben SIMON
Agence France-Presse

Ces violences interviennent dans le sillage de la présentation le 28 janvier par le président américain Donald Trump, grand soutien du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, de son plan de règlement du conflit israélo-palestinien, salué en Israël et fustigé par les Palestiniens, car jugé très partial.

Dans ce contexte, deux Palestiniens ont été tués jeudi par des tirs de soldats israéliens lors de heurts à Jénine, en Cisjordanie occupée, d’après le ministère de la Santé.

Et un homme a été tué dans la vieille ville de Jérusalem après avoir ouvert le feu en direction de forces israéliennes, selon la police israélienne. Cet homme serait connu des services de police et habitait dans le nord d’Israël, selon un officier de police.

« Il s’agit d’un habitant du Nord qui se serait converti récemment à l’islam et connu de la police » pour d’autres faits, a affirmé à des journalistes Haïm Shmouli, commandant de la police dans la vieille ville de Jérusalem.

Dans un autre incident, un Israélien a été blessé légèrement par des tirs à partir d’une voiture, à un carrefour près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, selon les services de secours.

Depuis l’annonce du plan Trump, des manifestations ont lieu chaque jour dans les Territoires palestiniens, notamment à Hébron, ville de Cisjordanie où un Palestinien avait été tué mercredi par des tirs des forces israéliennes.

Jeudi après-midi, les autorités israéliennes menaient toujours une chasse à l’homme pour retrouver le conducteur du véhicule qui a foncé sur une foule dans la nuit à 1 h 45 (18 h 45 à Montréal mercredi), dans une rue passant devant la « First station ».

Cette ancienne gare reconvertie en lieu de loisirs, avec des bars et surtout des restaurants, est située à Jérusalem-Ouest, mais à la lisière de la partie orientale de la ville, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

Selon la radio publique israélienne, parmi les militaires figurent des recrues qui se dirigeaient vers une cérémonie au Mur des Lamentations, à quelques centaines de mètres de la « First Station ».

« Un terroriste a foncé avec sa voiture vers les soldats », a souligné l’armée. « Un soldat a été grièvement blessé et évacué vers un hôpital […]. Onze autres soldats ont aussi été légèrement blessés ».

En 2017, une attaque similaire avait tué quatre soldats dans la Ville sainte.

Quelques heures plus tard, la police israélienne a tué un homme qui avait ouvert le feu sur des policiers, blessant légèrement l’un d’eux, dans la Vieille Ville de Jérusalem, a indiqué le porte-parole de la police Mickey Rosenfeld.

« L’opération de la résistance dans le centre de Jérusalem occupée est une réponse tangible de notre peuple au plan de destruction de Trump », a déclaré le porte-parole du Hamas à Gaza, Hazem Qassem.

Le projet de la Maison-Blanche prévoit notamment de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël, alors que les Palestiniens aspirent à faire de sa partie orientale la capitale d’un futur État.

Son architecte, Jared Kushner, conseiller et gendre de Donald Trump, doit discuter jeudi de son plan à l’ONU.

En Cisjordanie occupée, un Palestinien de 19 ans a été tué jeudi matin par un tir israélien et sept blessés dans des heurts à Jénine (nord), selon l’agence officielle palestinienne Wafa.  Un policier palestinien de 25 ans, atteint dans le ventre par un tir à balle réelle alors qu’il se trouvait devant le siège de la police non loin de là, a succombé peu après, selon le ministère de la Santé et des sources de sécurité locales.

Les heurts ont éclaté après la démolition par les militaires de la maison d’Ahmed Qanbah, un Palestinien membre d’un commando ayant mené une attaque en 2018 qui a tué un rabbin près de Naplouse (Cisjordanie), selon l’armée israélienne.

Ces démolitions, menées en représailles à des attaques anti-israéliennes, provoquent souvent la colère des habitants et des affrontements avec les forces israéliennes.

Dans les heurts de jeudi, des témoins ont fait état de jets de pierres sur les soldats alors que l’armée israélienne a indiqué que des hommes avaient lancé des engins explosifs et ouvert le feu sur des militaires, qui ont répliqué.

À Gaza, l’aviation israélienne a ciblé jeudi matin des positions du Hamas après l’envoi de ballons incendiaires vers Israël. « Des infrastructures souterraines utilisées par le Hamas ont été ciblées », selon l’armée.

Ces frappes ont endommagé des habitations au nord du camp de réfugiés « al-Chati », aussi appelé « Beach Camp », et touché des installations près de Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza, ont indiqué à l’AFP des témoins et des sources sécuritaires palestiniennes.

Ces sources n’ont fait état d’aucun blessé dans ces nouvelles frappes, qui interviennent après une série de tirs de roquettes et de mortier ces derniers jours de Gaza, où le Hamas observe une trêve avec Israël.