(Beyrouth) Huit organismes d’aide humanitaire ont appelé mercredi à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest de la Syrie, dénonçant une « catastrophe humanitaire » alors que le régime et son allié russe poursuivent une offensive contre djihadistes et rebelles.

Agence France-Presse

Le pouvoir de Bachar al-Assad a lancé en décembre son opération dans la province d’Idleb et ses environs. Appuyées par des frappes aériennes meurtrières, les forces gouvernementales ont repris des dizaines de localités dans le secteur.

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Une famille fuit la ville de Dana, avec quelques biens, vers la frontière turque, mercredi.

Un demi-million de civils fuyant les combats

Quelque 520 000 personnes ont été déplacées depuis le 1er décembre à cause des hostilités, selon l’ONU.

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Une unité de l'armée syrienne passant dans le village de Tall Touqan, à 45 km au sud-ouest d'Alep, dans la province d'Idleb, mercredi.

Les huit organismes d’aide humanitaire ont exigé dans un communiqué commun « une cessation immédiate des hostilités ainsi qu’un accès immédiat à la sécurité des millions de civils actuellement sous le feu ».

Parmi les signataires figurent le Comité international de Secours (IRC), Save the Children, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) ou encore Mercy Corps.

« Après neuf longues années de souffrances pour les civils syriens, une solution pacifique au conflit est maintenant plus urgente que jamais », ont-ils affirmé.

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Une famille fuit la ville de Dana, avec quelques biens, vers la frontière turque, mercredi.

Les civils fuient le sud et le centre de la province d’Idleb pour rallier les zones urbaines ou des camps de déplacés dans des territoires relativement épargnés plus au nord, près de la frontière avec la Turquie.

Dormir dehors en plein hiver

En plein hiver, ils sont parfois contraints de passer la nuit dans leur voiture ou à l’air libre faute d’avoir trouvé un abri.

Ils n’ont nulle part où aller.

Jan Egeland, du Conseil norvégien pour les réfugiés.

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Des déplacés syriens passant la ville de Hazano à bord d'un camion transportant leurs biens. Un demi-million de réfugiés sont sur les routes de la province d'Idleb ou dans des camps de réfugiés dans cette dernière enclave des rebelles.

« Avec les combats, les gens s’entassent de plus en plus au nord et ils n’ont nulle part où aller », s’alarme le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés Jan Egeland.

« Les camps accueillent cinq fois leur capacité prévue et les prix des loyers ont grimpé en flèche », affirme M. Engeland.

« Vie déchirée »

Cinq civils ont été tués mercredi dans des bombardements du régime ou de son allié russe, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Ils sont au moins 300 civils à avoir péri dans les violences depuis la mi-décembre, d’après la même source.

Les enfants sont terrifiés. Ils voient des bombes et des obus tomber quotidiennement.

Inger Ashing, de Save the Children.

« Leur vie a déjà été déchirée par des années de conflit, alors qu’ils ont vu leurs maisons, écoles et hôpitaux être détruits, et ceux qui leur sont chers être tués devant leurs yeux », ajoute-t-elle.

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Vue aérienne, mercredi, de la ville d'Ariha après un bombardement aérien par des forces du régime syrien. La ville est encore contrôlée par les rebelles mais de nombreux habitants sont maintenant sur les routes de la province d'Idleb, après avoir fui les combats.

La majorité de la province d’Idleb et certaines zones des régions voisines d’Alep, Hama et Lattaquié, sont dominées par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda). Des groupes rebelles y sont également présents.  

Le front d’Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime, qui contrôle désormais plus de 70 % du territoire, selon l’OSDH.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts depuis 2011 et jeté sur la route de l’exil plus de la moitié de la population d’avant-guerre – plus de vingt millions d’habitants.